Coucou
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âSpring Lightâ / âLumiĂšre de Printempsâ
Oil on canvas (107x107cm). / Huile sur toile.
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The Bowery Presents

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Aqua Utopiaïœæ”·ăźćșă§èšæ¶ă玥ă

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Paintings by ©LucieDuban. (2017)
(Music credit: Tame Impala. âLet It Happenâ)
Video of paintings for my Art Show in a Gallery in Versailles.
Love,
L.
Interview for Riot Art Gallery (2016).
The whole interview can be found here :
http://www.riotart.co/news-buzz/the-wild-nature-of-lucie-duban
Interview for LandEscape Art Review by curators Katherine Williams and Josh Ryder. (December. 2016)
(p.136-p.161)
https://www.joomag.com/magazine/landescape-art-review/0373161001480784918/p138?short
Lucie Duban, 32, nacida en Royan, Francia, y madrileña de adopciĂłn (vive y trabaja en Madrid) nos muestra su proyecto artĂstico que gira en torno a la natu
Publication (February 2016) in WhoKnows Magazine.

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Today's artist interview is with Lucie Duban of Spain. Her oil paintings are going to be featured in Shaw Creative Art Collective, available now! Q: Introduce yourself! A: My name is Lucie Duban. I...
Saatchi Online Showdown competition.
"In Glorious Colour".
Composition 2013
Beauty.
By Rino Stefano Tagliafierro.
ODILON REDON. Le Prince du REVE.
"Il faut respecter le noir. Rien ne le prostitue. Il ne plaßt pas aux yeux et n'éveille aucune sensualité. Il est agent de l'esprit bien plus que la belle couleur de la palette ou du prisme."
"L'Araignée qui sourit, les yeux levés au ciel". 1881.
"La Folie". 1885
" L'Oeil, comme un ballon bizarre se dirige vers l'infini", 1882
" Démon ailé tenant un masque", 1876
"Le Polype Difforme flottait sur les rivages, sorte de cyclope riant et hideux", 1882
" Le prisonnier".
Il S' agit de Billy
Il s'agit de Billy. Billy n'est pas vraiment grand, ni tout Ă fait petit dâailleurs. Sa taille se balade entre l'impression et le rĂ©el. Lui-mĂȘme navigue entre les deux. Son apparente dĂ©crĂ©pitude le rend hors dâĂąge. Impossible en effet de lui en donner un. Billy traĂźne ses guĂȘtres plus que de raison chez Bennyâs, un agrĂ©able cafĂ© bar avec beer garden qui dispose d' une galerie dâart au sous-sol, situĂ© dans le quartier de Shoreditch, dans lâEst de Londres, cette ancienne zone dâusines et de cols bleus qui fit la gloire des premiĂšres heures de la RĂ©volution Industrielle. Shoredtich est dĂ©sormais le siĂšge des bobos branchĂ©s Londoniens qui, s'ils ne sont pas tous artistes-dj-designers-photographes-managers de label tout Ă la fois, ont du moins le pied gauche bien ancrĂ© dans une banque ramassant le flouze produit par les alĂ©as-soubresauts des cours des denrĂ©es alimentaires, Ă©voluant dans un microcosme dĂ©sormais cĂ©lĂšbre pour son inouie dĂ©connexion du rĂ©el, et le pied droit serait plutĂŽt Ă traĂźner chez Greenpeace ou dans le cafĂ© branchĂ© du coin qui sert du bio Ă©quitable et vĂ©gĂ©tarien, parce-que tout de mĂȘme, de la planĂšte, on s'en soucie. Oscillant, claudiquant de l'un Ă l'autre. Il n'y a pas de mal Ă ĂȘtre dans le paradoxe. Ou bien serait-ce alors une maniĂšre de compenser? En tout cas, il y a pas mal de banquiers qui vivent par ici, on les aura succinctement cĂŽtoyĂ©s Ă lâoccasion.
Le cafĂ© bar Bennyâs est Ă deux pas des bagels shops de Brick Lane ; les effluves des petits pains chauds ronds et dorĂ©s assaillent lâappendice nasal dĂšs le dĂ©but de la rue. Et les hordes de touristes qui papillotent tout autour font partie intĂ©grante du dĂ©corum et de l'affaire. Juste de l'autre cĂŽtĂ© de Bethnal Green Road, chez Benny's donc, Billy, lui, il y erre tout le jour, clopant abondamment, buvant ses chocolats chauds et ses biĂšres. Le mĂ©lange des genres et des saveurs ça le connaĂźt. On le voit parfois s'aventurer un peu plus loin, comme vers le 1001 ou lorsqu'il dĂ©passe le Rough Trade et jette son ancre devant le Big Chill. De vraies balades audacieuses pour le pilier Billy! Il porte toujours une vieille veste en jean extĂ©nuĂ©e, il est en fait souvent habillĂ© en denim de pied en cap. Il se chausse de conserves. Reliquats dâune foi certaine en la jeunesse. Sans aucun doute. Il a la mine plus que froissĂ©e, striĂ©e par de longues tranchĂ©es aussi profondes que sa vie doit lui paraĂźtre sans dessein, vaine et bordĂ©lique, sa bouille est pareille Ă une pĂȘche qui se serait ratatinĂ©e sous un soleil mĂ©ditĂ©rranĂ©en mordant ; lâeau, source de toute vie, sâen est allĂ©e depuis bien longtemps de cette surface accidentĂ©e et rĂȘche quâest devenue la peau, cette vielle fripe, de son visage.
Billy parle. Beaucoup. Il dĂ©bite sans se peiner Ă articuler des dires, des histoires sans sens, il les refourgue Ă tout va et Ă qui veut bien lui prĂȘter une oreille sourde ou compatissante. Il mouline du gosier. Et il en sort des sons gutturaux et rauques, des sons d'une opacitĂ© telle qu'il faut consentir un vĂ©ritable effort d'Ă©coute et de concentration pour qui veut deviner ce qu'il dit. Mais il sâen fout Billy que beaucoup se dĂ©tournent, l'ennui supplantant rapidement Ă l'effort, ou que personne n'y entende vĂ©ritablement goutte lorsquâil pĂ©rore. Il raconte sa vie. Il se la raconte Ă lui-mĂȘme. Il tente de raccrocher les wagons. C'est pourquoi c'est toujours trĂšs abscons. L'entreprise de converser devient vite trĂšs inconfortable. La gĂȘne se rĂ©pand, mĂątinĂ©e de moquerie pour les moins empathiques. Lorsque, ĂŽ miracle!, quelques mots, quelques bribes dâhistoires sont mis Ă nus, alors, orgueilleux, on se surprend Ă croire fermement avoir percĂ© un peu du mystĂšre Billy: est-il seulement un peu attardé ? Ou bien est-ce un ancien junkie du quartier, restĂ© perchĂ© et suspendu pour longtemps? Est-il vraiment Ecossais comme il le dit ? A-t-il un toit sous lequel dormir ? De quoi vit-il ? De quoi ne vit-il pas ?..., mais parfois, un mot, un geste, une attitude viennent chambouler toute certitude tĂ©nue nouvellement acquise. Et on retourne Ă la case dĂ©part. Qui est Billy ? Il nous dit quâun artiste du coin, rĂ©gulier de chez Bennyâs, lâa filmĂ© et va bientĂŽt projeter le film dans la galerie. Dâun Ă©lan trĂšs coq, il relĂšve la tĂȘte et prĂ©cise : « sur moi, sur ma vie, je suis un acteur ». A-t-il vraiment Ă©tĂ© acteur ? Ce film est-il intĂšgre ? Questionne-t-il lâexistence de Billy de la mĂȘme façon que nous le faisons maintenant ?
En tout cas, sa vie Ă Billy, sans la connaĂźtre ni la comprendre tout Ă fait, nâa pas dĂ» ĂȘtre d'une sĂ©rĂ©nitĂ© sans faille- mais quelle vie l'est?- avec un visage parchemin comme le sien. Billy, on le devine bien abĂźmĂ© par celle-ci, entre alcool, bien sĂ»r, drogues, sĂ»rement et puis surtout par les abus des gens. Car Billy semble bonne pĂąte. Ăa se sent et se dĂ©voile facilement. On l'imagine sans peine souffre-douleur de quelques individus ennuyĂ©s et misĂ©reux de cĆur. Maigre bouc-Ă©missaire ballotĂ© deci-delĂ par une quelconque engeance cynique et Ă©garĂ©e. Cela a dĂ» lui arrivĂ©, câest sĂ»r. Et puis lâabus de la rue aussi.
Mais seulement voilĂ , Billy, lui, il sâen fiche de toutes ces Ăąneries. « Qu'est-ce que ça peut foutre? » semble-t-il nous dire sans dĂ©tour dĂšs que nos yeux se posent sur lui. Il arbore toujours ce sourire franc qui soulĂšve bien malgrĂ© lui tout cet amas lourd de rides. Une fente obscure parsemĂ©e d'une ou deux ratiches vestiges sâentrouvre alors au milieu d'une botte de paille bien dessĂ©chĂ©e. Il lâaffiche toujours ce sourire, il le garde mĂȘme dans la plus profonde et vraisemblable inutilitĂ© de lâexistence. Rien de tout cela ne lâeffleure. Ou alors plus vraiment. Il se traĂźne Ă l'envi. Sans but, ni destination. Son errance il la marque aussi de ses mouvements amples des bras, une sorte de danse du tronc spasmodique oĂč ses bras pareils aux palmes dâune hĂ©lice tournoient et virevoltent, dessinant dans les airs des arabesques qui ondulent.Il mouline des bras. Ses jambes virevoltent et suivent le tempo. Câest dĂ©saxĂ©; c'est joli Ă voir. Quand il esquisse ses pas de danse, il roule toujours des Ă©paules, tĂȘte baissĂ©e, avant de relever sa fraise meurtrie pour partir dans un Ă©clat de rire cassĂ©, la tĂȘte de cĂŽtĂ©, rigolant de sa lĂ©gĂšretĂ©. Il nous parle aussi de sa mĂšre, une Ăcossaise qui nâest plus. Elle a dĂ» beaucoup compter mais elle est partie. Et on se questionne Ă nouveau : comment se nourrit-il ? Tout le monde le connaĂźt mais ne personne ne sait sa vie. Peu se sont engagĂ©s Ă savoir vraiment. Ou alors ils ont fait semblant. Cela peut sâavĂ©rer dĂ©rangeant, si jamais on dĂ©couvre le besoin derriĂšre la façade, que fait-on ensuite une fois que lâon sait ? On lâaide ? On fait mine de sâen fiche ? Alors câest souvent que beaucoup gardent une distance, pour demeurer Ă la surface des choses, câest toujours bien plus commode. Et puis câest dĂ©routant les personnes qui paraissent dĂ©jĂ ne plus ĂȘtre lĂ , qui semblent sur la corde raide tout le temps. On prĂ©fĂ©rera souvent Ă©viter de trop sây frotter car cela nous rapproche du prĂ©cipice duquel on essaie Ă tout prix de sâĂ©loigner. Chacune et chacun. Tactique universellement adoptĂ©e ; ne pas creuser, une sauvegarde, une mesure de sĂ©curitĂ©. On le sait bien quâun jour il nây a plus rien, mais tant quâon peut se jouer lâillusion... on choisit toujours le soleil. Alors un Billy Ă©hontĂ©ment presque fini qui se trimballe une carcasse vide sonnant si tristement creux, ça fout les jetons et ça dĂ©range. Et paradoxalement, en mĂȘme temps, de ce pathĂ©tisme dĂ©senchantĂ© et branlant surgit l'improbable: Billy, fascinant, nous renvoie Ă notre propre vitalitĂ©. On se sent encore plus vivant et plus fort.
Avec toutes nos dents, nos cheveux, notre corps non meurtri, bien nourri, sĂ»rement mieux chauffĂ©s. Cela nous aide Ă nous convaincre: mais non, nous, nous n'en sommes pas lĂ , longue est encore la route qui se dĂ©ploie sous nos yeux et nos pas, l'espoir et les promesses sont toujours de nos compagnons, nous sommes encore pleins dâeux. Il  faut savoir ĂȘtre le magicien de sa vie. Et toi Billy, magicien, tu l'es sans nul doute, c'est certain mais dis-moi, l'as-tu seulement trouvĂ© l'or du temps?

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Le collectif Boa Mistura ( qui signifie "Bon mélange" en portugais) rassemble cinqs artistes graffeurs MadrilÚnes et essaime des petits projets de street art un peu partout dans le monde depuis 2001.
Ci-dessus, en AlgĂ©rie, en partenariat avec l'Institut CervantĂ©s d'Alger, ils ont invitĂ© la population locale Ă venir taguer et peindre un mur puis l'ont recouvert de peinture blanche, laissant ainsi naĂźtre les lettres de l'AlegrĂa (Joie).
Acción Poética Tucuman.
Collectif Argentin d'Acción Poética, le mouvement de littérature-murale.
La poésie comme "partie intégrante du paysage urbain".
http://www.accionpoetica.com/
La photographe Brésilienne Angelica Dass, basée en Espagne, s'est lancée le projet photographique de répertorier- autant que faire se peut- les différents tons existant des couleurs de peau au monde.
Elle fait poser ses modÚles devant un fond de couleur déterminé par le prélÚvement d'un carré de 11x11 pixels du visage du modÚle. Ce ton, basé sur un code alphanumérique, fait parti du nuancier "Pantone" qui consiste en une charte industrielle servant de référence standard.
A chaque portrait sa couleur unique.
Vous pouvez voir son travail ici: http://humanae.tumblr.com/
"Where did the Future go".
Vidéo réalisée par l'artiste Barcelonaise, Alicia Framis, dans le désert de l'Utah (2011).
En partenariat avec l'ONG, The Mars Society.
La vidéo est le résultat du montage de différentes scÚnes filmées au cours des semaines passées par l'artiste catalane en simulation de vie sur Mars.
Les personnages évoluent dans cet environnement aux allures lunaires accompagnés pour seul bruit de la permanence d'un silence venteux.
La vidéo, par son surréalisme, soulÚve la question de l'avenir de l'humanité et traite aussi du thÚme de l'immigration, des nouveaux arrivants, des sans-papiers.
Steal like an artist.
By Austin Kleon .

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Artistes Arco 2012
Pour la 31 Ă©dition de la foire dâart contemporain Arco Ă Madrid, lâaccent a Ă©tĂ© mis sur la peinture, la sculpture et la photographie. La vidĂ©o Ă©tait moins prĂ©sente.
Avec 3000 artistes sĂ©lectionnĂ©s et 215 galeries, lâoffre Ă©tait dense. Cependant les Ćuvres de quelques artistes se distinguaient facilement : certaines atypiques par leur propos et leur portĂ©e ; quand dâautres Ă©taient, dâun point de vue purement subjectif, originales et Ă lâattrait esthĂ©tique indĂ©niable.
Plusieurs artistes avaient choisi de revendiquer un message, parmi ceux-lĂ jâai retenu les travaux dâEugenio Merino âĂ©videmment- mais aussi les installations des deux Argentines â heureux hasard- Alicia Herrero et Adriana Busto.
Eugenio Merino, sculpteur catalan de 36 ans, prĂ©sentait sa derniĂšre crĂ©ation : une sculpture de Franco insĂ©rĂ©e dans un frigo de sodas. La maigrelette figure de lâancien dictateur faite de rĂ©sine, silicone et vrais cheveux, donne Ă voir un caudillo les deux mains croisĂ©es sur le torse dans ce quâil semble ĂȘtre son tombeau. La mĂ©taphore est limpide : dĂ©noncer le spectre continuel de Franco qui imprĂšgne et dicte encore la pensĂ©e et les comportements de quelques franges ultra-conservatrices de la sociĂ©tĂ© espagnole. Et ce nâest pas lâinterdiction dâexercer son mandat qui a Ă©chu rĂ©cemment au juge Garzon qui dĂ©montrera le contraire : la vivacitĂ© de la figure du dictateur est belle et bien lĂ . Il n'est mĂȘme pas un souvenir, il est juste et tout simplement...encore lĂ . Eugenio Merino prĂ©cise sa pensĂ©e en disant qu'il « [...] reprĂ©sente lâidĂ©e quâen Espagne, les gens conservent lâimage de Franco en vie. Nous parlons tout le temps de lui, nous dĂ©battons autour de lui. Un frigo est lâendroit oĂč les choses sont conservĂ©es et restent fraĂźches ».
"Always Franco"- Eugenio Merino- 2012
«Always Franco» Ă©tait en vente pour 30,000 euros et, dĂšs l'ouverture, les nĂ©gociations Ă©taient intenses⊠Lâartiste sâĂ©tait dĂ©jĂ fait remarquer par la sculpture dâun rabbin, un prĂȘtre et un imam, le prĂȘtre agenouillĂ© sur l'imam et le rabbin debout sur les Ă©paules du prĂȘtre, tous priant vers une seule et mĂȘme direction : « Stairway to Heaven ». LâĆuvre avait suscitĂ© lâire de lâambassade dâIsraĂ«l qui avait exigĂ© son retrait de lâĂ©dition dâArco en 2010.
"Stairway to Heaven"- Eugenio Merino- Arco 2010- © arthaus66
Ses sculptures sont toujours visuellement trĂšs fortes et audacieuses.
Lâautre sculpture de Merino qui avait fait scandale Ă©tait celle reprĂ©sentant Damien Hirst qui se tirait une balle. Shocking ! Que le chef de file des YBA soit figurĂ© comme se donnant la mort avait fait beaucoup jaser. LĂ encore, Eugenio Merino dĂ©nonçait une tendance du marchĂ© de lâart incarnĂ©e Ă merveille par Hirst.
"For the love of God"- Eugenio Merino- 2009
Ce propos est dâailleurs tout le fondement de la derniĂšre Ćuvre dâAlicia Herrero qui a prĂ©sentĂ© sa sĂ©rie « Art et Capital ». ReprĂ©sentĂ©e par la galerie Mirta Demare, la sĂ©rie de lâartiste Argentine est une recherche artistique pertinente autour des rĂšgles du marchĂ© et des critĂšres qui font les cĂŽtes des artistes. AccompagnĂ©e de toute une boĂźte Ă outils servant pour le symbolique calcul, lâartiste dĂ©nonce lâaspect illĂ©gitime, inouĂŻ et surtout insensĂ© de ces critĂšres. La critique est frontale : Herrero pointe la violence et le cynisme dâun marchĂ© ultra-spĂ©culateur qui sâest Ă©loignĂ© de son objet, lâart. La dĂ©monstration est flagrante avec son cadre sur la valeur de Damien Hirst. Une reproduction de ses « Spot Paintings » est ici faite afin de dĂ©montrer lâindĂ©montrable : sa cĂŽte. Lâironie moqueuse prĂ©vaut : une rĂšgle signale le gain de la cĂŽte, exprimĂ©e en points, Ă mesure que le nombre de pois augmente. Le ridicule lâemporte, la dĂ©monstration fonctionne.
("Art et Capital"-Alicia Herrero)
Lorsquâon lui demande si la question est sĂ©rieuse, lâaffaire est entendue. Oui des artistes comme Damien Hirst font du mal au marchĂ© selon Alicia Herrero. Ils compromettent ainsi lâaccĂšs aux Ă©mergents.
Rappelons-nous en effet que Damien Hirst ou encore Jeff Koons -ancien courtier de Wall street- sont devenus de telles valeurs sĂ»res que leurs crĂ©ations font sâenvoler les prix de façon surrĂ©aliste: en 2008, par exemple, Damien Hirst met en vente chez Sothebyâs un lot dâĆuvres rĂ©centes, dont un veau aux cornes recouvertes de feuilles dâor, estimĂ© Ă 80 millions dâeuros et qui partira pourâŠ140 millions. Ce faisant, il agit sans intermĂ©diaire, façon aussi dâancrer sa dĂ©marche dans ce quâil conçoit comme rĂ©volutionnaire : un artiste, seul, prend le risque de mettre en vente ses Ćuvres aux enchĂšres sans agent, ni galerie. Sauf que dans son cas, en 2008, le risque qu'il prend prĂ©tendument est tout de mĂȘme plus proche de zĂ©ro en comparaison dâun artiste Ă©mergent qui aurait lâidĂ©e de suivre ces mĂȘmes prĂ©ceptes. Mais quâest-il donc vendu ce jour-lĂ Â ? Lâor utilisĂ© comme matĂ©riau ? LâidĂ©e, entre autres, dâavoir dĂ©tournĂ© un veau ? La dĂ©marche crĂ©ative? Ou le nom de son auteur? Damien Hirst aime faire parler de lui et aime surtout mettre son propre succĂšs en abĂźme : lorsquâil rĂ©itĂšre avec son crĂąne serti de diamants, il semblerait alors quâil formule la question suivante Ă la postĂ©rité : ce que vaudra cette Ćuvre, le vaudra-t-elle pour sa simple crĂ©ation ou pour le matĂ©riau utilisé ? Ou quand, ayant fait du mercantilisme son fonds de commerce et la base de sa crĂ©ation â avec ses Ćuvres sĂ©rielles dont les «Spots paintings » qui sont rĂ©alisĂ©s par une armada dâassistants, avec l'utilisation de matĂ©riaux prĂ©cieux etcâŠ- il se permet ensuite de le mettre en balance mais toujours aprĂšs en avoir bĂ©nĂ©ficiĂ© financiĂšrement. Câest un roi du marketing. De lâesbroufe. Et du personal branding.
Et quâil sâaccapare une part monstrueuse de lâattention du marchĂ©, et non pas -nuance- de sa capacitĂ©, quand beaucoup de crĂ©ateurs pĂ©niblement survivent, ne fait que renforcer lâagacement quâil suscite souvent. Alors, oui, il est certain que Damien Hirst Ă©nerve beaucoup. Et au regard de toute lâHistoire de lâArt, lâĂ©pi phĂ©nomĂšne que reprĂ©sente son cas prĂȘte Ă rĂ©flĂ©chirâŠ
Mais ce que dĂ©nonce Alicia Herrero, surtout, est ce phĂ©nomĂšne gĂ©nĂ©ral qui sâest emparĂ© du marchĂ© grĂące Ă la forte spĂ©culation qui agit sur les cĂŽtes des artistes. Son propos est en tout cas nĂ©cessaire et salvateur, il permet de rassurer quant Ă la cĂ©citĂ© supposĂ©e totale du marchĂ©. Beaucoup en tirent profit maintenant, personne nâest dupe. Cynisme vous avez dit ?
Lâautre artiste, Argentine Ă©galement, qui offrait un regard pertinent et un message via sa crĂ©ation est Adriana Busto. Sa derniĂšre Ćuvre est une installation,"Anthropologie de la mule", qui Ă©tablit le parallĂšle entre les mules qui transportaient les mĂ©taux prĂ©cieux jusqu'Ă Potosi durant l'Ăšre coloniale et les jeunes femmes d'aujourd'hui qui servent de courrier humain sur les routes du narcotrafic. C'est une Ćuvre singuliĂšre dont la parole fĂ©minine induite par l'artiste tend Ă montrer une autre vision du phĂ©nomĂšne. Adriana Busto rĂ©affirme ainsi lâaliĂ©nation de la vision du corps de la femme comme un perpĂ©tuel objet, pourtant prĂ©tendu libĂ©rĂ© et libre de ses mouvements, et qui est ici vecteur de transport, ou vĂ©hicule, au dĂ©triment de la santĂ© et sĂ©curitĂ© de l'individu. Alerter sur la question est nĂ©cessaire et sa façon de le faire, trĂšs pertinente.
La derniĂšre Ćuvre ayant retenu lâattention de beaucoup Ă©tait celle de Rogelio Lopez Cuenca, reprĂ©sentĂ© par la trĂšs mĂ©diatique galerie Juana de Aizpuru. Il prĂ©sentait le montage photographique « Pisos » qui donne Ă voir un Picasso Ă demi dans lâeau, la tĂȘte entre les mains, avec en arriĂšre-plan des pans dâimmeubles agglutinĂ©s sur la cĂŽte. Sur le montage, on peut y lire Paradis Immobilier avec lâĂ©criture imitĂ©e du maĂźtre de Malaga. DĂ©nonçant lâurbanisme fou de ces derniĂšres annĂ©es, Lopez Cuenca rappelle un des travers de lâĂ©conomie espagnole qui a conduit le pays Ă cette crise catastrophique.
( "Pisos"- Rogelio Lopez Cuenca- 2012)
Enfin, plusieurs artistes ont prĂ©sentĂ© des Ćuvres purement esthĂ©tiques, soulevant parfois au passage, quelques rĂ©flexions.
A noter le formidable travail du collectif artistique contemporain Russe pluridisciplinaire AES-F. Les Ćuvres prĂ©sentĂ©es ici Ă©taient des photos rĂ©alisĂ©es avec montage et collage. Y sont reprĂ©sentĂ©es des scĂšnes qui, par un aspect iconique qui rappelle dâailleurs lâĂšre classique, mais aussi grĂące Ă leur composition, lâaspect 3D qui ne se saute pas aux yeux tout de suite et leur Ă©clairage enfin, portent sur certains traits de notre civilisation. Les sujets vont du « choc des civilisations» Ă lâexploration du monde, en passant par la violence, la guerre, la consommation ou encore le tourisme. Leur projet prĂ©sentĂ© Ă Arco traite surtout de la peur de lâOccident face Ă lâIslam. Sur lâune de ces photos, on y voit pĂȘle-mĂȘle: plusieurs avions ayant amerri, un prĂȘtre lisant la bible Ă cheval sur un centaure, une femme blonde en robe rouge, des aborigĂšnes et des musulmans et musulmanes en burka sirotant de lâeau. Lâimpression gĂ©nĂ©rale est celle dâun joyeux bazar.
" Melancholy"-AES+F- 2011
AES+F- 2011
Il y avait aussi la jeune artiste Nantaise Françoise Vanneraud qui rĂ©side dans la rĂ©gion de Madrid. Son Ćuvre prĂ©sentĂ©e Ă Arco comprenait une sĂ©rie de dessins encadrĂ©s et entremĂȘlĂ©s les uns aux autres ainsi que deux fresques murales. Son art tĂ©moigne d'une grande libertĂ© dans la "naĂŻvetĂ©", la nettetĂ© du trait et le choix des sujets. On note aussi un aspect qui mĂȘle le pop art et le street-art dans des dessins souvent trĂšs rĂ©fĂ©rencĂ©s qui ont un cĂŽtĂ© fourre-tout agrĂ©able qui prĂȘte Ă sourire.
Françoise Vanneraud- Détail Fresque N°2- 2012
Françoise Vanneraud- Détail Série dessins- 2012
Françoise Vanneraud- Détail Fresque N°1- 2012
Enfin, on pouvait voir la trĂšs belle « Iridescent Planet » de lâArgentin Tomas Saraceno basĂ© Ă Frankfort. Lâartiste-architecte offre de trĂšs belles sculptures-installations toujours poĂ©tiques, ancrĂ©es dans lâonirisme et lâutopie tout en Ă©tant techniquement trĂšs concrĂštes et irrĂ©prochables. Sa "iridescent planet" mâest apparue comme la mĂ©taphore dâune terre incandescente qui brĂ»le chaque jour davantage. On sent lâartiste prĂ©occupĂ© par les notions dâenvironnement et dâĂ©cologie. Il est encore assez peu connu en France mais il a exposĂ© dans le monde entier.
"Iridescent Planet"- Tomas Saraceno- 2012
"Iridescent Planet"- Tomas Saraceno- 2012
Antoni Tapies- 12/12/1923-06/02/2012
L'artiste Catalan, originaire de Barcelone, est mort cette nuit.
Antoni TĂ pies laisse une Ćuvre majeure, parmi les plus significatives de l'art contemporain de cette seconde moitiĂ© du XX siĂšcle.
Aussi sculpteur et théoricien de l'art, il a su développer un langage pictural propre à lui, véritablement singulier dont la gamme chromatique est restreinte. Il mélangeait aussi les matériaux ( sable, colle...); il griffait, lacérait et déchirait ses toiles. Un vrai rapport corporel à son art.
A la maniĂšre de Cy Twombly, il n'hĂ©sitait pas non plus Ă palabrer Ă mĂȘme la toile.
Il était un vrai Grand Artiste qui ne s'entourait pas en tout cas d'une armada d'assistants pour réaliser de sempiternelles identiques figures en inox ou de lambdas animaux plongés dans du formol.
Tà pies ne créait pas pour les beaux yeux du marché ni pour sa cÎte.
Il créait pour l'Art tout simplement. For the sake of it.
Un artiste droit dans ses convictions, refusant d'ailleurs d'exposer pendant la guerre civile espagnole.
Un artiste intĂšgre qui ne s'est vendu ni pour la gloire, ni ne s'est soumis aux modes fluctuantes.
Voici une vidéo qui, parmi d'autres, retrace de façon non exhaustive, une partie de son travail de peintre:
http://www.youtube.com/watch?v=1vZ7nomGvV0
Et quelque images:
"Spiritual Song", 1950, Antoni TĂ pies.
Monotype Repliquer II Etching, 1981, Antoni TĂ pies.
Sculpture "Nuage et Chaise" sur le toit du siĂšge de la fondation TĂ pies. Antoni TĂ pies.
Pour aller plus loin: http://www.fundaciotapies.org/site/spip.php?rubrique65