11/12/14 Et je nâavais pas Ă©tĂ© non plus sans remarquer que Quiequeg ne frayait pour ainsi dire jamais avec les autres hommes de mer dans lâauberge. Il ne faisait en tout cas point dâavances et ne semblait aucunement dĂ©sireux dâĂ©largir, si lâon peut dire, le cercle de ses relations. Cela mâavait frappĂ© comme une chose Ă©minemment singuliĂšre ; mais Ă y rĂ©flĂ©chir, cela touchait presque au sublime par un cĂŽtĂ©.
« Dans la cabine, sur son axe vissĂ© dans la paroi, oscille une lampe Ă bascule. Le navire donne de la bande sous le poids du dernier fret accumulĂ© sur le pont du cĂŽtĂ© du quai, et la lampe avec sa flamme, en dĂ©pit du lĂ©ger mouvement dâoscillation, se maintient toujours oblique par rapport au reste de la cabine ; tout infailliblement verticale quâelle soit en vĂ©ritĂ©, elle ne fait que jeter le dĂ©sordre et le doute dans la cabine en accusant la faussetĂ© de toutes les lignes horizontales et verticales. Cette lampe est pour Jonas un nouveau sujet dâalarme et dâinquiĂ©tude alors quâil est lĂ , couchĂ© sur son cadre, avec ses regards errants et anxieux qui cherchent partout dans la piĂšce quelque chose sur quoi se reposer afin de le rassurer lui, lâhomme qui a si bien rĂ©ussi dans sa fuite. Oui, cette lampe horripilante dans sa contradiction lâĂ©pouvante de plus en plus. Tout est de guingois : plancher, plafond, parois ; la lampe seule est droite. "Câest ainsi, gĂ©mit-il, que ma conscience se tient suspendue en moi, avec sa flamme bien droite ; mais les compartiments de mon Ăąme sont tout de travers ! "   Â