Depuis que je suis rentrée de Prague, je n'ai pas retrouvé mon rythme ni la paix d'avant. Le fait de retourner chez mes parents pour l'été, et le voyage en lui-même m'ont perturbée. Mon amour pour lui a changé, toujours présent mais bien moins incandescent et douloureux. Il tente tout pour que je revienne et c'est presque impossible sans le brusquer et avec le panel de mots qui existe de lui expliquer qu'il a abîmé mon cœur trop longtemps pour qu'il se répare. Pendant des mois, et pas seulement pour lui, j'ai accepté de faire les choses en ayant cette sorte de sensation indicible dans le ventre. À contre cœur littéralement. Quand tout disait non et que je me disais aller fais un effort, c'est peut-être un oui déguisé et compliqué. Quand je pensais que dire non, c'était juste fermer la porte et non seulement plus jamais avoir la possibilité de la réouvrir mais en plus fermer toutes les autres. J'ai plus envie d'aller à l'encontre de ce que mon corps s'épuise à me démontrer. Peut-être que je me trompe, que je vais étouffer de regrets, que je suis trop sensible ou sélective, que je cède à la peur, une peur contre intuitive, peut-être qu'avec une autre ça serait pardonné, oublié, surmonté, distancé. Les peut-être positifs m'effraient mais moins que les et si négatifs. J'ai manqué de silence, de calme, de respect, de besoins, de douceur. Je me suis manquée, je l'ai manqué aussi, on s'est manqués. Je veux être quelqu'un de mieux, sans pouvoir affirmer que je me dirige vers ce chemin, que tout ça est signe d'avancement, d'introspection. Peut-être que je mets juste de côté par peur de réaliser que c'est moi le problème, ou surtout que je prends plus de volume dans l'erreur et la faute. Pour rendre ça digeste, et clair, il faudra attendre.
Ce soir je suis revenue à Nice parce que je voulais souffler et voir le spectacle de drones et les hommages aux victimes. On leur a rendu dignement hommage. On les a cités, nommés, reconnus. C'était émouvant. J'étais la seule personne seule sur la plage et j'ai aimé cette sensation de juste poser mon téléphone et regarder. M'imprégner. Personne n'aurait eu une présence assez juste pour accompagner ce moment. Je suis allée me baigner aussi, une fois la plage désengorgée. Et je vais rentrer à pied, avec de la musique et la moiteur de l'air qui va imbiber ma peau et la saturer. Je ne sais pas si c'est bien tout ça mais c'est tenable voire agréable. Je suis actuellement indisponible relationnellement et émotionnellement et sûrement que ça ne sert à rien d'en faire tout un plat. Je partagerai des moments accompagnée quand je pourrai et voudrai.










