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                       EN GUISE DâĂPILOGUE
Quel enfant n'a jamais rĂȘvĂ© ĂȘtre un de ces hĂ©ros du cinĂ©ma et jouer Ă ĂȘtre Blayde Hollister dans â DALLAS â ou Alex Kearney dans â SPRINGFIELD RIFLE â... ? Â
â ArrivĂ© au terme de cette Ă©vocation dâune des plus chĂšres ombres de lâĂ©cran, on ne peut que sâassocier Ă Jean Fayard et dĂ©clarer : « Cher Gary Cooper... vous pouvez ĂȘtre fier, puisque vous ne nous laisser que de beaux, de rĂ©confortants souvenirs. Lâhomme avec vous sâest toujours vu honorĂ© et vous avez honorĂ© lâhomme. Du fond du cĆur, soyez-en remerciĂ©. » â
ANNĂES 1920 : â LE VIRGINIEN â - 1929
ANNĂES 1930 : â LâEXTRAVAGANT MONSIEUR DEEDS â - 1936
ANNĂES 1940 : â SERGENT YORK â - 1941
ANNĂES 1950 - 1960 : â LE TRAIN SIFFLERA TROIS FOIS â - 1952
Sunny weather in early May; a couple of reunions take me back to other memories, other scenes and other characters big and small; and all large.
    ET TOUT DERNIĂREMENT :
Maria Cooper Janis le 3 mai 2021 :Â Maria Cooper Janis en masqued and free again.
               UN GRAND MERCI A VOUS MARIA
                           SUN VALLEY
    ET APRĂS
Le corps de Gary Cooper fut inhumĂ© dans le cimetiĂšre de âLa Sainte-Croixâ de Los Angeles. La famille a souhaitĂ© que lâargent qui aurait dĂ» servir Ă des fleurs soit placĂ© au Sloan Institute For Cancer Research Ă New-York.
Le 2 juillet 1961, Ernest Hemingway gravement malade, ne supportant pas la lente Ă©volution de son mal, se donne la mort dâune balle dans la tĂȘte.
Peu aprĂšs, Rocky et Maria sâinstallent dĂ©finitivement Ă New-York. En 1964, Rocky se remarie avec John Converse, lâun des chirurgiens qui avait opĂ©rĂ© Gary. En 1974, aprĂšs le dĂ©cĂšs de la mĂšre de Gary, Rocky fait transfĂ©rer le corps de son dĂ©funt mari au cimetiĂšre de Southampton Ă Long Island : « Il aurait voulu ĂȘtre lĂ -bas », rĂ©pond Rocky Ă ceux qui lui reprochent dâenlever Gary Cooper Ă Hollywood. Rocky sâĂ©teint Ă New-York le 16 fĂ©vrier 2000 et repose dĂ©sormais Ă cĂŽtĂ© de Gary.
Maria Ă©pouse en 1966 le talentueux pianiste Byron Janis de renommĂ©e mondiale. Byron nâa pas connu Gary, mais soutient Ă©normĂ©ment Maria et lâaide Ă surmonter la disparition de son pĂšre. Ils habitent New-York et nâont pas dâenfant. Fin des annĂ©es 1970, Byron souffrant dâarthrite paralysante dans les mains, maladie alors peu connue et mal soignĂ©e, fait une grave dĂ©pression. Aidant Ă son tour Ă surmonter ce dur handicap, Maria est depuis trĂšs impliquĂ©e dans âThe American Arthritis Foundationâ dont son mari est le porte-parole national. Elle siĂšge Ă©galement au comitĂ© directeur de âPro Musicisâ, une organisation destinĂ©e Ă lancer la carriĂšre de jeunes musiciens. Elle travaille aussi avec âThe Neuropathy Foundationâ et est membre actif de âThe American Society for Psychical Researchâ deux organismes scientifiques dont les travaux sont orientĂ©s notamment dans la recherche sur le paranormal.Â
Maria aide Ă la rĂ©alisation de plusieurs documentaires tĂ©lĂ©visĂ©s relatant la carriĂšre et la vie de son pĂšre. En 1999, elle Ă©dite un premier livre âGary Cooper en dehors de la camĂ©ra - les souvenirs dâune filleâ, et en 2011 un deuxiĂšme livre sur la mode et le style vestimentaire de son pĂšre. Elle soutient toutes projections de films de Gary Cooper et participe Ă toutes manifestations en souvenir de son pĂšre, comme notamment en 2001 Ă Sun Valley pour la premiĂšre du documentaire âCooper et Hemingway : The True Genâ lors du second âErnest Hemingway Festivalâ, et en 2009 pour la crĂ©ation et lâĂ©dition dâun timbre poste Ă lâeffigie de Gary Cooper.
Maria travaille aussi dans le soutien des intĂ©rĂȘts des Indiens AmĂ©ricains qui Ă©taient trĂšs cher Ă son pĂšre et créé âlâaide boursiĂšre Gary Cooper pour les Ă©tudiants Indiens AmĂ©ricains au cinĂ©ma et Ă la tĂ©lĂ©visionâ Ă âU.S.C. School of Cinematic Artsâ.
Maria Cooper Janis continue Ă peindre avec autant de talent et expose rĂ©guliĂšrement Ă New-York et dans dâautres grandes villes.

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                       ERNEST HEMINGWAY
    SON PUBLIC, SES AMIS
Sa mĂšre fut son plus fidĂšle supporter. En 1924, elle rĂ©ussit Ă convaincre son mari Charles de quitter dĂ©finitivement le Montana pour sâinstaller Ă Los Angeles. Si on peut dire que Gary est restĂ© longtemps dans les jupons de sa mĂšre, cette fusion a sans doute donnĂ© Ă lâacteur cette vie intĂ©rieure, son cĂŽtĂ© fĂ©minin, son cĂŽtĂ© si sensible et intuitif.Â
Tout au dĂ©but de leur amitiĂ©, Gary exprima Ă Ernest Hemingway son dĂ©sir pour le rĂŽle de Robert Jordan dans â POUR QUI SONNE LE GLAS â. LâĂ©crivain lui fit un sourire Ă©panoui : « Cela tombe bien ! Jâai justement Ă©crit le livre en pensant Ă vous ! ».
Joan Leslie, qui Ă©tait alors ĂągĂ©e de seize ans, fut elle aussi choisie par Alvin York pour jouer le rĂŽle de son Ă©pouse Gracie dans â SERGENT YORK â. Elle Ă©tait trĂšs impressionnĂ©e de rencontrer Gary, et ne savait pas si elle devait le saluer par un âbonjour Mr Cooperâ ou par un âhello Garyâ. Gary trĂšs intuitivement prit les devants en la saluant par un âhello Gracieâ. SoulagĂ©e, elle lui rĂ©pondit par âhello Alvinâ !
Souffrant du dos, Gary accepta avec rĂ©ticence la scĂšne de la bagarre avec Lloyd Bridges dans â HIGH NOON â. Ce fut un vĂ©ritable calvaire. Dans lâultime sĂ©quence, le fils de Lloyd ĂągĂ© de six ans qui regardait la scĂšne de bagarre ne put se retenir dâĂ©clater de rire en voyant son pĂšre sâĂ©crouler. Il fallut donc recommencer. Pour dissiper lâembarras, le lendemain Gary invita la famille Bridges au restaurant.
En Sicile prĂšs de Naples, les Cooper rendirent visite Ă une orpheline de guerre dont ils assuraient lâĂ©ducation par lâintermĂ©diaire dâune Ćuvre charitable. Lâaccueil du petit village fut monumental. Toutes les tables des maisons avaient Ă©tĂ© installĂ©es dans la rue principale pour la fĂȘte. Tous vinrent les uns aprĂšs les autres inviter Gary Ă prendre part Ă leur repas et devant tant de joie, Gary ne pouvait plus refuser les invitations aprĂšs avoir acceptĂ© les premiĂšres. Il fut malade pendant tout le voyage du retour et dĂ©finira avec humour cette Ă©popĂ©e par un : « Voir Naples et mourir ! ».
Bien quâil nâaimait pas les bains de foule, Gary accepta en compagnie de Rocky et Maria lâinvitation pour prendre part aux festivitĂ©s de la ville de Grasse lors de lâune de ses annuelles âfĂȘtes de la roseâ et ce, pour le plus grand plaisir du public français.
En 1959, sortant dâun restaurant londonien, Gary fut interpellĂ© de façon arrogante comme âle cow-boy made in Hollywoodâ par un groupe de jeunes anglais. Gary sâarrĂȘta, dĂ©visagea chacun dâentre eux et dit : « La prochaine fois que tu dis ça, fais un sourire ! ». Le silence se fit. Nul ne broncha. Cela dura trente secondes, puis Gary les salua et sortit. Ă Charlton Heston qui le fĂ©licitait pour son attitude, il dira un peu déçu et pince sans rire : « Jâai beaucoup de mĂ©tier ! ». Gary Cooper venait de tendre une perche en offrant Ă ces jeunes âun duelâ digne des grands westerns amĂ©ricains avec sa fameuse rĂ©plique dite en 1929 dans le film â THE VIRGINIAN â et, Gary aurait gĂ©nĂ©reusement payĂ© une tournĂ©e gĂ©nĂ©rale si quelquâun ce jour-lĂ avait pu la reconnaĂźtre et y rebondir.
Lors dâune discrĂšte visite de Gary Cooper au ranch Mack dans le Wyoming, deux trĂšs jeunes garçons dâun ranch voisin firent le trajet de deux heures environ Ă cheval pour avoir un autographe de leur acteur prĂ©fĂ©rĂ©. La famille Mack les invita Ă souper et quand le moment de rentrer sonna, Gary dĂ©cida de les raccompagner. Peu lui importait de faire quatre heures Ă cheval au coucher du soleil, il souhaitait tout simplement que ces enfants rentrent chez eux en sĂ©curitĂ© et Ă©tait aussi heureux quâeux dâen garder un merveilleux souvenir.Â
Gary Cooper fut aimĂ© parce quâil aimait les gens.Â
                          COULEUR (bis)
    REGARD SUR LâOUEST (SUITE)
Ce fut Ă la tĂ©lĂ©vision, quâil nâapprĂ©ciait pas beaucoup, quâil fit pourtant sa derniĂšre apparition publique le 29 mars 1961, en cow-boy dans â THE REAL WEST â oĂč il prĂ©sentait des photos du siĂšcle dernier. LâidĂ©e Ă©tait nĂ©e en 1960 et le producteur Donald Hyatt avait bien pensĂ© Ă Gary Cooper comme narrateur. Personne nây croyait vraiment mais on lui formula quand mĂȘme la demande. Et Gary appela en disant quâil pouvait passer voir une minute. Sa âbrĂšveâ visite durera quatre heures Ă regarder la centaine de photos et avant quâil ait posĂ© la premiĂšre photo, tous surent combien Gary aimait rĂ©ellement le vieil Ouest et ses pionniers. « Les gens vrais » disait-il. Il y eut ainsi plusieurs aprĂšs-midi oĂč Gary parla des indiens, des paysans, des gardiens de bĂ©tail, des chercheurs dâor, de tous ces gens qui prirent part dans la grande aventure amĂ©ricaine. Des chefs Indiens, lâĂ©quipe du tournage fut surprise de constater que Gary connaissait la plupart dâentre eux par leur nom et leur tribu. Il savait aussi la date et le lieu des batailles. Gary connaissait aussi les plus belles de leurs citations. Celle du Chef Joseph Ă©tait sa favorite : « Ăcoutez-moi mes frĂšres, je suis fatiguĂ©, mon cĆur est triste et malade. Au soleil levant, je ne me battrai jamais plus ». Gary Cooper ne fut jamais un homme de croisade, mais sa passion pour le peuple Indien, sa colĂšre et sa peine sur ce que les Ătats-Unis ont fait subir Ă cette grande nation et Ă sa culture, couleront dans ses veines jusquâĂ ses derniers jours.
Donald Hyatt dira : « Gary Cooper Ă©tait trĂšs courageux. Lorsque nous avons travaillĂ© ensemble, il Ă©tait gravement malade et souffrait cruellement. Nous ne nous en sommes jamais doutĂ© tant il Ă©tait consciencieux et plein dâĂ©gards pour nous tous ». De vives douleurs dans le cou, ne pouvant travailler que deux heures dâaffilĂ©e, parfois ne pouvant plus parler, il devait rentrer Ă intervalles rĂ©guliers Ă son hĂŽtel pour se mettre sous oxygĂšne. Les critiques, unanimes Ă reconnaĂźtre la sincĂ©ritĂ© de son langage, ne surent pas Ă quel point Gary Ă©tait souffrant.Â
                            COULEUR
    REGARD SUR LâOUEST
Ă la fin de sa vie, Gary Cooper sâinterrogeait de plus en plus sur la façon dont le Far West Ă©tait prĂ©sentĂ© depuis toujours au monde par le truchement du cinĂ©ma, car il redoutait que les classiques westerns en aient donnĂ© une image bien fausse : « Il est important que les gens, les enfants surtout, ne pensent pas quâun homme de lâOuest Ă©tait quelquâun qui tuait beaucoup de monde. La violence devrait ĂȘtre la derniĂšre extrĂ©mitĂ© dâun problĂšme Ă rĂ©soudre, plutĂŽt que la premiĂšre et unique maniĂšre ». Gary sâinquiĂ©tait du fait quâil ait pu contribuer personnellement Ă donner aux autres cette image : « Je sais que jâai contribuĂ© Ă ce faux portrait. Ce que nous tentions de faire Ă©tait de donner du prestige Ă la pĂ©riode, mais cela ne nous donnait pas la dramatique libertĂ© de renverser lâhumanitĂ© ». Il disait aussi : « Je ne voudrais pas dĂ©cevoir mes supporters, mais dans â HIGH NOON â, il nây a rien de trĂšs neuf ni de trĂšs authentique. Rien de typiquement western non plus. Câest la peinture dâune tranche de vie, plus frĂ©quente aujourdâhui je crois que dans le temps, oĂč lâon dĂ©couvre, et câest trĂšs dur, la lĂąchetĂ© et lâapathie des gens lorsquâon sâefforce de faire quelque chose pour leur propre sĂ©curitĂ©. Je pense que cela arrive, mais jâai peine Ă croire que dans lâOuest un homme ait pu se trouver aussi tragiquement seul que ce shĂ©rif ».
                      V.I.P.  or V.I. Proof of loveÂ
    DERNIERS FEUX (SUITE)
Gary aimait Rocky au point que les pires craintes de sa mĂšre Alice avaient fini par se rĂ©aliser : aprĂšs avoir longtemps hĂ©sitĂ©, Gary sâĂ©tait converti au catholicisme.
Au cours de lâannĂ©e 1960, son Ă©tat de santĂ© donnait de trĂšs sĂ©rieuses inquiĂ©tudes. Les mĂ©decins avaient positivement diagnostiquĂ© un cancer. On le laissa pourtant dans lâignorance, bien que les deux graves opĂ©rations subies coup sur coup aient dĂ» Ă©veiller ses soupçons. Il se rendit quand mĂȘme en Angleterre pour son dernier film. Il voulut aussi revoir les paysages de son enfance et retourna Ă Helena. Tant quâil le put, il continua Ă vivre comme Ă lâaccoutumĂ©.
En fĂ©vrier 1961, Rocky se dĂ©cida enfin Ă le mettre au courant du mal dont il souffrait. Il prit la nouvelle calmement en disant : « Nous allons prier pour un miracle, sâil nây en a pas, ce sera la volontĂ© de Dieu et ce sera bien aussi ».
En avril, Gary espĂ©rait pouvoir assister au gala de lâAcadĂ©mie du cinĂ©ma prĂ©vu le 17 et oĂč il devait recevoir un Oscar spĂ©cial pour lâensemble de sa carriĂšre. Ce fut son ami James Stewart qui reçut la prĂ©cieuse statuette en son nom et qui, ne pouvant plus retenir son Ă©motion, apprit au monde entier la terrible nouvelle.Â
Le 11 mai 1961, Gary nâĂ©tait plus alimentĂ© que par des injections de sĂ©rum. Cependant, malgrĂ© des doses de sĂ©datifs, il gardait toute sa luciditĂ© et sâentretenait calmement avec sa famille et son mĂ©decin. JusquâĂ la derniĂšre minute, raconta Rocky, Gary nâa jamais perdu son sens de lâhumour. Soucieux du tourment que ses proches enduraient pour lui, il essayait de faire oublier aux autres ce que lui-mĂȘme attendait inĂ©luctablement. Le 13 mai Ă 12h27, Gary sâĂ©teignit chez lui entourĂ© de sa femme et de sa fille Ă jamais inconsolable.
                         LES 3 COOPER
    DERNIERS FEUX
Gary rentra enfin chez lui au printemps 1954. En juillet, Rocky et Maria prenaient le mĂȘme chemin. Maria avait dix-sept ans. CâĂ©tait une jeune fille Ă la beautĂ© exceptionnelle qui avait pris Ă chacun de ses parents ce quâils avaient de mieux. Elle Ă©tait vive, intelligente et dĂ©jĂ trĂšs raffinĂ©e dans son maintien mais sans affectation. On comprend que son pĂšre en ressente une immense fiertĂ©. Les Cooper firent construire une nouvelle maison dans un des plus beaux endroits de lâouest rĂ©sidentiel de Los Angeles, Holmby Hills. AprĂšs quâils y emmĂ©nagĂšrent, Gary et Rocky redevinrent heureux, plus heureux encore quâavant. Pour son entourage, il ne fait aucun doute que mĂȘme aux heures les plus intenses de sa liaison avec Patricia Neal, Gary ne cessa jamais de considĂ©rer son Ă©pouse et sa fille comme les deux piliers rassurants et stables de son existence, les deux seules femmes rĂ©ellement essentielles Ă sa vie.
Câest James Stewart incontestablement le meilleur ami de Gary, qui a souvent dit que ses derniĂšres annĂ©es avaient Ă©tĂ© ses meilleures : « Parce que câest Ă ce moment-lĂ quâil sâest rendu compte combien il aimait Rocky. Tout au dĂ©but de leur mariage, ils en arrivaient Ă se neutraliser mutuellement. Ce qui les a sauvĂ©s, câest leur sĂ©paration qui leur a permis de se rĂ©orienter, de se remettre les idĂ©es en place. Ă partir du moment oĂč ils sont revenus ensemble, Gary et Rocky ont pleinement apprĂ©ciĂ© tout ce qui les rapprochait. Gary avait toujours adorĂ© Maria bien plus que Rocky. Ă la fin, il aimait Rocky autant, sinon davantage ».Â

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                           STARRING
    SOUFFRANCES ET SOLITUDE (SUITE)
Fin de lâannĂ©e 1950, tout le monde crut que le dĂ©part de Patricia des studios de Burbank allait rĂ©soudre âles problĂšmesâ quâelle avait avec Gary Cooper. On se trompait car comme ils ne pouvaient plus se voir au studio pendant la journĂ©e, il fallait quâils se voient ailleurs le soir. Câest ainsi quâĂ lâĂ©cart des yeux indiscrets, ils purent donner libre cours Ă leur passion et menacer de tout dĂ©truire.Â
En mai 1951, Gary et Rocky se sĂ©parĂšrent. Câest Ă cette Ă©poque que Gary donna les premiers signes dâune santĂ© dĂ©clinante. Il se fit opĂ©rer Ă deux reprises dâune hernie et souffrait dâulcĂšres Ă rĂ©pĂ©tition. Aux journalistes, il ne refusait pas de parler de sa famille, ou mĂȘme de ses problĂšmes conjugaux, mais il ne permit jamais que le nom de Patricia Neal fĂ»t citĂ©, bien que leur liaison nâeĂ»t jamais Ă©tĂ© un secret. En janvier 1952, la rumeur circulait que Rocky sortait avec Robert Six, directeur dâune compagnie aĂ©rienne, et quâelle Ă©tait maintenant prĂȘte Ă divorcer si Gary le demandait. Mais Gary Ă©tait incapable de prendre une dĂ©cision et Patricia en est arrivĂ©e au point oĂč elle en a eu assez et a tout envoyĂ© promener. On sâattendit alors Ă ce que Gary reprenne rapidement la vie commune avec Rocky. Il nâen fut rien.
En 1952, câest un homme usĂ©, cadenassĂ© dans son mystĂšre, rongĂ© par la part dâombre quâil sent grandir en lui, qui assiste impuissant au dĂ©clin de sa carriĂšre : le voilĂ pour la premiĂšre fois dĂ©barquĂ© du top 10 des champions du box office. DĂ©cidĂ© Ă rester seul, loin de Los Angeles et des tourments qui lây assaillent, Gary part tourner Ă lâĂ©tranger pendant deux ans. De temps Ă autre, il retrouvait Rocky et Maria pour de brefs sĂ©jours.Â
Courant 1953, il reçut le deuxiĂšme Oscar de sa carriĂšre pour â LE TRAIN SIFFLERA TROIS FOIS â et faisait Ă©tinceler Ă nouveau son fameux sourire. Il se retrouvait au sommet et avait regagnĂ© son prestige. Â
                              PENSIF
    SOUFFRANCES ET SOLITUDE
Mais ce mariage avec Gary, avec luciditĂ© Patricia doutait fortement que cela se produise. Gary ne disait jamais de mal de sa femme et nâavait pour elle que de lâadmiration et de lâaffection. Rocky Ă©tait devenue au fil des annĂ©es de plus en plus affermie dans sa foi catholique et il Ă©tait exclu quâelle consente Ă divorcer si Gary le lui demandait. Mais il Ă©tait tout aussi improbable quâil en arrive Ă le faire car il y avait surtout la prĂ©sence de Maria, ĂągĂ©e de onze ans, que son pĂšre chĂ©rissait tout particuliĂšrement et Ă laquelle il consacrait le plus clair de son temps libre. Il Ă©tait sĂ»rement impensable quâil ait consenti, quoi quâil lui en coĂ»te, Ă blesser si peu que ce fĂ»t les sentiments de sa fille. Ce faisant, il savait nĂ©anmoins quâil blessait tout le monde et se faisait mal Ă lui-mĂȘme. Ils firent alors une tentative pour briser leurs liens et leurs rapports allaient ĂȘtre marquĂ©s dâune succession de ruptures infructueuses qui nâauraient pour consĂ©quence que dâattirer lâattention sur leur liaison. Pourtant il nây eut pas une ligne dans la presse Ă scandale tant que les Cooper vĂ©curent ensemble. Le petit monde de Hollywood, si friand de ragots, peut parfois faire preuve de respect envers ses plus grands. On fit donc unanimement le silence devant lâaccĂšs du dĂ©mon de midi qui avait saisi Gary.Â
                          PARTENAIRE
    NUAGES SUR LE PARADIS
On a beaucoup spĂ©culĂ© sur la question de savoir si Gary, aprĂšs son mariage, a continuĂ© dâentretenir avec ses partenaires Ă lâĂ©cran les rapports qui avaient rĂ©guliĂšrement marquĂ© sa vie cĂ©libataire. Gary faisait dĂ©sormais preuve dâune trĂšs grande discrĂ©tion dans sa vie privĂ©e mais il est Ă©vident quâIngrid Bergman lâavait fait trĂ©bucher en 1942 dans â POUR QUI SONNE LE GLAS â. Gary ne pouvait de toute façon strictement rien cacher Ă Rocky qui le connaissait bien. Elle savait aussi que quoi quâil arrive, Gary finissait toujours pas rentrer Ă la maison.
AprĂšs lâintermĂšde Ingrid Bergman, nul ne semblait soupçonner Gary de se laisser aller Ă des divagations extraconjugales. Les Cooper Ă©taient toujours en excellents termes, jusquâen 1948.
Quelques annĂ©es plus tard, Patricia Neal allait admettre quâon lâavait prĂ©venue de se mĂ©fier de Gary Cooper. Sur le moment elle nâavait fait quâen rire et leur premiĂšre rencontre au studio fut plutĂŽt insignifiante. Il nây eut donc pas de coup de foudre. Ils nâĂ©taient devenus amoureux lâun de lâautre que peu Ă peu, Ă mesure que progressait lâintensitĂ© des sentiments quâils devaient jouer devant la camĂ©ra et surtout Ă partir du moment oĂč ils se mirent Ă prĂ©parer des scĂšnes qui exigeaient dâeux de devenir des amants passionnĂ©s. Gary sâest toujours refusĂ©, pendant et aprĂšs leur liaison, Ă faire le moindre commentaire. Mais il lui est parfois arrivĂ© de sous-entendre quâil avait au dĂ©but fait des efforts pour rĂ©sister Ă cette inclinaison mutuelle, efforts motivĂ©s en partie par les sentiments profonds quâil avait tout de suite Ă©prouvĂ©s et plus encore, par lâestime quâil portait Ă une femme plus jeune de vingt-cinq ans que lui et quâil ne voulait pas prendre le risque de faire souffrir. Il est certain aussi que Gary avait sincĂšrement honte de tromper sa femme. De fait, les problĂšmes ne venaient pas du seul Gary. Il nây en aurait pas eus si Patricia avait pu ou voulu rĂ©sister Ă lâillustre sĂ©ducteur qui lui coulait des regards enflammĂ©s. Au lieu de cela, elle succomba et tomba amoureuse. Gary ne serait jamais devenu « son grand amour », sâils avaient fait connaissance pendant le tournage dâune bagatelle dans le genre de â CASANOVA LE PETIT â, et il nâest pas excessif de dire que leur amour nâa Ă©tĂ© provoquĂ© que par leur conscience professionnelle et quâils croyaient sans doute tous deux sincĂšrement quâil ne durerait que le temps du tournage.
Selon les proches, Rocky avait trĂšs vite devinĂ© de quoi il retournait mais faisait preuve dâindulgence car en seize ans de mariage, elle avait eu le temps de connaĂźtre son Gary par cĆur. Aussi son erreur de jugement ne portait-elle pas sur les rĂ©actions de son mari mais sur le caractĂšre de sa rivale. Car câĂ©tait la premiĂšre fois que Gary tombait sur une fille qui voulait lâĂ©pouser.Â
                            REGARD
    CONVICTIONS POLITIQUES ET DEUXIĂME OSCAR
En octobre 1947, le nom de Gary Cooper apparut Ă la premiĂšre page des journaux. Il Ă©tait convoquĂ© par le ComitĂ© des ActivitĂ©s Anti-AmĂ©ricaines de Joseph McCarthy, pour tĂ©moigner dans une enquĂȘte visant Ă apprĂ©cier le degrĂ© dâinfiltration du communisme dans lâindustrie cinĂ©matographique. JusquâĂ ce moment-lĂ , Gary sâĂ©tait soigneusement abstenu de faire de la politique, Ă laquelle il ne sâintĂ©ressait dâailleurs pas beaucoup. Par tradition familiale plus que par conviction, Gary avait toujours Ă©tĂ© rĂ©publicain et ne sâen Ă©tait jamais cachĂ©.
Avant le dĂ©but de la sĂ©ance, il Ă©changea quelques plaisanteries avec les parlementaires qui y siĂ©geaient et leur dit quâil ferait de son mieux pour se montrer coopĂ©ratif, mais quâil ne fallait pas trop y compter. Gary ne fit preuve dâaucun militantisme intempestif ni dans un sens ni dans lâautre. Il affecta au contraire de minimiser le prĂ©tendu pĂ©ril communiste dâHollywood. Il y avait certes, des communistes de bonne foi et peut-ĂȘtre mĂȘme des traĂźtres dans le cinĂ©ma, comme dans toutes les autres couches de la sociĂ©tĂ©, mais ils nâĂ©taient quâune poignĂ©e, et il ne fallait pas en profiter pour jeter le discrĂ©dit sur une profession entiĂšre qui avait souvent donnĂ© la preuve de son patriotisme. Une chose que Edward Dmytryk (qui eut beaucoup Ă souffrir du ComitĂ©), souligne et que le rapport de sa dĂ©position confirme, est que : sâil a feint de collaborer avec le ComitĂ©, Gary ne lui a livrĂ© pas le moindre nom ni le moindre indice permettant de savoir Ă quel scĂ©nario il faisait allusion. Il avalait sa salive, se troublait, balbutiait parfois, mais on ne tira rien de lui. On peut dire quâil se montra assez naĂŻf ou quâil joua fort bien le rĂŽle de âSimpletâ, allant mĂȘme jusquâĂ tourner cet interrogatoire en dĂ©rision et Ă en faire Ă©clater de rire tout lâauditoire. à la fin de sa dĂ©position, il reçut une vĂ©ritable ovation qui amena sur ses lĂšvres un sourire Ă©panoui. Car Gary adorait quâon lâaime et dĂ©testait quâon le haĂŻsse. Il ne haĂŻssait que la haine et souhaitait toujours ĂȘtre en bon terme avec tout le monde, et nâavoir que des amis. Cette fois encore, il y parvint car les plus âgauchisantsâ des libĂ©raux qui nâavaient jamais pardonnĂ© aux autres tĂ©moins leurs dĂ©positions, firent unanimement une exception en faveur de Gary Cooper que lâon aimait toujours Ă droite. Son charme Ă©tait assez puissant et assez sincĂšre pour abolir les plus tenaces des rancunes, celles qui prennent leurs racines dans la politique.
Aux heures les plus sombres de la âliste noireâ, Gary engagea des acteurs et des techniciens qui figuraient sur celle-ci car il ne pouvait admettre quâon retire Ă un homme le droit de travailler pour ses opinions politiques. Gary accepta le rĂŽle du shĂ©rif dans â HIGH NOON â, dâune part en mĂ©moire de son pĂšre qui lui avait toujours enseignĂ© le devoir de faire appliquer la loi, mais aussi pour soutenir tous ces hommes et femmes qui allaient pour la plupart dâentre eux perdre leur emploi. On fit pression sur Gary pour le forcer Ă rompre ses liens professionnels avec le scĂ©nariste du film Carl Foreman, mais Gary tint bon. « Cooper a Ă©tĂ© violemment critiquĂ© par ses amis, par la presse de droite et câest moi-mĂȘme qui lui ai conseillĂ© de renoncer pour ne pas nuire Ă sa carriĂšre ». Peu aprĂšs, Carl Foreman sous une forte contrainte devait quitter Hollywood pour lâAngleterre.    Â
                         SOURIRE (bis)
    AMĂRICAIN ET PREMIER OSCAR (SUITE)
Puis Gary signa son engagement pour une tournĂ©e pour soutenir le moral des troupes amĂ©ricaines dans les bases militaires du Pacifique en novembre et dĂ©cembre 1943. Il fit le tour des camps de lâavant Ă portĂ©e de mortier et y avait observĂ© avec effarement des conditions de vie de plus en plus prĂ©caires et primitives Ă mesure quâil se rapprochait de la zone des combats. Il passa ainsi des jours sans mĂȘme voir un WC. « Les gars nâont rien, Ă part de quoi manger. Il nâexiste aucun cachet mĂȘme le plus mirifique qui puisse jamais me payer de mes peines comme je lâai Ă©tĂ© par lâaccueil que mâont fait les GI. Je ne leur ai pourtant pas donnĂ© grand-chose. Tout ces gars sont capables de passer des heures debout dans la boue Ă attendre le dĂ©but du spectacle, Ă subir une averse torrentielle sans mĂȘme bouger dâun pouce pour ne rien manquer. Il y a des moments oĂč on a envie de pleurer mais on est quand mĂȘme tout heureux dâĂȘtre lĂ pour eux. Dans ces conditions, on est forcĂ© de donner le meilleur de soi-mĂȘme et les convaincre quâon est fier dâeux Ă lâarriĂšre, quâon est conscient de ce quâil font pour la patrie ! »

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                           SOURIRE
    AMĂRICAIN ET PREMIER OSCAR
Gary Cooper avait la rĂ©putation dâĂȘtre peu bavard. Mais comme le disait son ami Walter Brennan : « Si vous voulez faire parler Coop, lancez-le donc sur le patriotisme ! ». En 1938, en politique Ă©trangĂšre, Gary avait des tendances plutĂŽt isolationnistes. Il a probablement Ă©tĂ© le dernier grand acteur amĂ©ricain Ă visiter lâAllemagne nazie avant le dĂ©but de la guerre. PassionnĂ© par les belles voitures, Ă les rĂ©parer lui-mĂȘme, Gary se rendait souvent dans les usines Mercedes Benz. La tristement cĂ©lĂšbre confĂ©rence de Munich qui eut lieu juste aprĂšs son retour dâAllemagne, lui donna un choc et son attitude changea du tout au tout. Il disait alors des Allemands : « Il est absolument certain que ces gens-lĂ veulent la guerre. Ils veulent devenir une grande puissance mondiale. Ces troupes de choc que jâai vues Ă Berlin sont vraiment effrayantes. Quant Ă lâatmosphĂšre qui y rĂšgne, elle est si tendue quâon la sent prĂȘte Ă craquer au moindre prĂ©texte ».
En 1941, lâAmĂ©rique entrevoyait la possibilitĂ© de devoir entrer en guerre contre lâAllemagne et les puissances de lâaxe. Mais la grande masse de la population nâĂ©tait pas psychologiquement prĂȘte, ou plutĂŽt, on ne la prĂ©parait pas Ă la guerre comme il convenait. Câest du moins ce que pensait le producteur Jesse Lasky. Il eut en consĂ©quence lâidĂ©e de faire un film sur la vie du sergent York afin de rĂ©veiller chez les amĂ©ricains le patriotisme capable de leur faire accepter lâidĂ©e dâentrer en guerre. Et câĂ©tait Gary Cooper quâon voulait pour jouer le sergent York. Mais la pensĂ©e dâĂȘtre Alvin York, personnage rĂ©el et encore vivant, lui faisait peur. Il opposa donc un refus catĂ©gorique et tout le monde sâaffola. Le plus inattendu fut lâintervention dâAlvin York en personne qui emporta le âmorceauâ. Le glorieux retraitĂ© nâallait presque jamais au cinĂ©ma mais, quand cela lui arrivait, il nâallait strictement voir que les films de Gary Cooper. Et pour lui : pas de Gary Cooper !, pas de film â SERGENT YORK â !Â
Inutile de prĂ©ciser que dans ces conditions, Gary finit par accepter le rĂŽle. Le cinĂ©ma de Gary Cooper dans le dĂ©but des annĂ©es 1940 Ă©tait bien le film dâune Ă©poque, la bande son de lâAmĂ©rique, son miroir.  Â
                          EN TOURNAGE
    MARIA : LâAMOUR DE SA VIE (SUITE)
Le tournage de â BEAU GESTE â fut handicapĂ© par les tempĂȘtes de sable frĂ©quentes dans cette partie de lâArizona. Rocky Ă©tait alors dans la propriĂ©tĂ© de ses parents prĂšs de Phoenix, avec Maria qui avait alors deux ans. Un jour, Gary apprit que sa fille Ă©tait tombĂ©e malade. Il passa toute la journĂ©e sur des chardons ardents et, nây tenant plus, partit en fin de journĂ©e tĂ©lĂ©phoner pour prendre des nouvelles. Le tĂ©lĂ©phone le plus proche Ă©tait Ă une trentaine de kilomĂštres et il nâĂ©tait pas question de sây rendre en voiture car une nouvelle tempĂȘte de sable menaçait. Gary nâhĂ©sita pas : il sauta sur un dromadaire du film et sâembarqua dans les tourbillons de sable, jusquâĂ la route goudronnĂ©e distante de plus de vingt-cinq kilomĂštres. Une fois-lĂ , il attacha le dromadaire Ă un poteau, fit du stop jusquâĂ Yuma oĂč il se rua dans la premiĂšre cabine tĂ©lĂ©phonique, pour apprendre que Maria Ă©tait guĂ©rie depuis la veille. On imagine la stupeur de lâautomobiliste qui le vit surgir du dĂ©sert, Ă dos de dromadaire !
« Maria est la jeune fille la plus accomplie qui soit. Je ne connais rien dâelle qui ne soit pas droit. Elle est pieuse et trĂšs raisonnable. Elle fait du ski, du cheval, tous les sports que jâaime. Rocky lâa vraiment Ă©levĂ©e magnifiquement ».Â
Il Ă©tait encore plus fier que jamais de sa fille lorsquâelle dĂ©cida de devenir une artiste peintre.