Avant de parler de la culture Dayak, une introduction sur BornĂ©o est nĂ©cessaire !Â
Une Ă©vidence de lâoccupation prĂ©historique de BornĂ©o a Ă©tĂ© retrouvĂ©e dans la grotte de Neah au Sarawak. Cette dĂ©couverte inclut des os, des outils en pierre et des peintures, tant murales qu'au sol. Ce qui permet de dater la prĂ©sence dâune population bien avant sa premiĂšre mention dans le âPtolemyâs Guide to Geographyâ qui date dâenviron lâan 150. Des artefacts ont Ă©tĂ© dĂ©couverts, permettant de dater la civilisation du 2e voir 3e siĂšcle de notre Ăšre. Trois imposantes fondations en pierre possĂ©dant des inscriptions retraçant un cadeau dâun brahmane ont mĂȘme Ă©tĂ© datĂ©es du 5e siĂšcle lors de sa dĂ©couverte Ă Kutai, ancrant ainsi une Ă©vidence de lâexistence dâun royaume Hindou dans lâEst de Kalimantan. Les images tant Bouddhiste que Brahmanique dans un style Gupta (empire Indien ayant atteint son apogĂ©e Ă lâan 400) ayant Ă©tĂ© trouver dans la vallĂ©e de Kapuas, mais aussi sur les rives dâautres riviĂšres du Kalimantan Occidental, favorise donc la thĂ©orie dâune civilisation dâorigine Indo-Javanaise prĂ©sente sur lâĂźle de BornĂ©o.
La connaissance europĂ©enne de lâexistence de BornĂ©o datera des voyages vers lâAsie du Sud-est au 14e siĂšcle avec notamment le premier visiteur enregistrĂ© dans les archives en la personne du Missionnaire Franciscain, Odoric de Pordenone, qui visitera Talamasim durant son trajet de lâInde vers la Chine en 1330. Les Portugais, suivant les Espagnols, y Ă©tablirent des relations commerciales avec lâĂźle au 16e siĂšcle avant que ce monopole ne soit brisĂ© par l'arrivĂ©e des NĂ©erlandais lors du 17e siĂšcle. Il sâensuivit, durant la Seconde Guerre mondiale, une rapide Ă©limination de la prĂ©sence britannique et nĂ©erlandaise lors de lâinvasion de lâĂźle par les forces japonaises (1941-1942) tandis que lâĂźle ne sera reprise quâen 1945.Â
Suite Ă cette rapide introduction sur lâhistoire de BornĂ©o, nous allons pouvoir plonger un peu plus dans la culture Dayak et dĂ©velopper ce quâil y a Ă dĂ©velopper autour de cette culture et de son peuple.
Terme gĂ©nĂ©rique utilisĂ© pour un large groupe de populations indigĂšnes peuplant lâĂźle de BornĂ©o, les « Dayak » sont donc une population divisĂ©e entre la Malaisie, lâIndonĂ©sie, Sabah, le Sarawak et le Brunei. Il existerait approximativement 450 groupes ethno-linguistiques liĂ©s aux Dayak et vivant sur lâĂźle de BornĂ©o, permettant une vue gĂ©nĂ©rale sur le nombre de similaritĂ© entre les langages, les styles de vie (Cela est fait, car un grand nombre de membres de ses peuples vivent dans de longues maisons communautaires.), mais aussi les lois communes et propres Ă chaque peuple. Ils vivent aussi pour la plupart de lâagriculture et de travail manuel dans les zones urbaines bien que leurs schĂ©mas de travail et de vies soient modifiĂ©s par les efforts de modernisation que les diffĂ©rents gouvernements mettent en Ćuvre.
En termes dâhistoire, les Dayaks sont probablement un peuples migratoires dâIndonĂ©sie avec une part austronĂ©sienne qui est arrivĂ©e sur lâĂźle il y a de cela 3â000 ans. Ils ont une longue histoire dâautonomie vis Ă vis des diffĂ©rents pouvoirs prĂ©sents sur lâĂźle, mais sont rapidement dominĂ©s politiquement et numĂ©riquement par les musulmans indonĂ©siens alors quâune tentative de reconnaissance vis Ă vis du gouvernement dâun âGrand Territoire Dayakâ en 1953 finira en Ă©chec avec une rĂ©bellion brisĂ© en 1956. Cette tension culminera avec lâĂ©tablissement du Partai Komunis Indonesia, ou PKI dans la nouvelle province de Kalimantan Tengah en 1957. Les Dayak seront, Ă plusieurs reprises, tuĂ©s et prirent Ă partie durant le conflit entre lâarmĂ©e et les guĂ©rillas chinoise, notamment Ă cause dâune suspicion des autoritĂ©s quâils soient possiblement des sĂ©paratistes et des athĂ©es. Des nĂ©gociations commenceront en 1970 entre les Dayak et Jakarta pour la reconnaissance de leur religions indigĂšnes et culminera avec la reconnaissance en 1980 par le gouvernement de leur revendication.
En termes de religion, la plupart dâentre eux sont convertis au christianisme ou pratiquant une forme local dâAnimisme, le âKaharingaâ et vue par le gouvernement IndonĂ©sie de croyance Hindou, comme une religion animiste malgrĂ© les standards occidental, et cela, Ă cause des pratiques chamaniques de leur croyances. Une petite partie des Dayak sont musulmans, mais les conversions se font de plus en plus au fil des annĂ©es.










