Jeux de rôles... pas drôles.
C'est bien souvent que vous m'entendez me plaindre --sans espoir d'être entendu : pour que je le sois, encore faudrait-il que quelqu'un comprenne de quoi je parle !-- de la véritable régression morale, intellectuelle, spirituelle et sociale que fabrique, sous nos yeux qui refusent de la voir, la dérive permanente des mots : plus rien n'a de sens... autre qu'insensé ! Pourtant, il y a pire, encore : les conséquences abominables du changement de rôle, parallèle au premier, qui frappe nos soi-disant ''leaders'' : c'est si dramatique que personne n'ose en parler !
Je m'explique : depuis la nuit des temps, chacun s'est trouvé --bene volens parfois, le plus souvent male volens, mais... on ''est en France, hein ! On fait c'qu'on peut avec c' qu'on a !'') -- affecté à un rôle dans la société. On était charbonnier, meunier, tabellion, berger, clerc, moine, maréchal, ou Roi (ce qui était nettement plus rare !), et, le temps passant, ce rôle social devenait souvent un nom de famille, à côté d'autres attributs esthétiques, géographiques ou anatomiques (beau, val, mont, proche --cf lès --) qui caractérisait l'un ou l'autre. Ainsi entraîné ''à l'insu de son plein gré'' par un ancêtre doté d'une forte personnalité, on devenait à jamais Dupont, Lecourt, Lebel... ou Boulanger, Potier, Brasseur (dans le Nord : Debroucker) ou Leclerc... voire (mais si... mais si...) Maréchal ! Certains, même, particulièrement chanceux, doués ou valeureux, se retrouvaient... les deux (Maréchal et Leclerc ou Maréchal et le Pen étant parmi les plus connus, le record étant sans doute détenu, ici, par un ancêtre dont la tête était comme ''soudée'' au tronc et qui a laissé aux générations le surnom de ''dit Courcol''!).
Nos ancêtres, pour la plupart plus sages que nous ne le sommes devenus à force de ne plus rien respecter, avaient compris que toute unité sociale --le village, le bourg, la ville, la région, le pays...-- ne peut fonctionner que si chacun reste à sa place et assume le rôle qui est le sien. Il suffit, pour être persuadé par cette évidence, de constater la mort de nos villages abandonnés par le cafetier, la postière, la banquière, le docteur ou le pharmacien, lesquels sont remplacés par d'antipathiques ''habitants du week-end'' qui exigeront la suppression-par-jugement du si joli carillon, du chant du coq ou... de l'odeur des vaches !
Tout cela, au fond, pourrait être résolu ''fissa-fissa'' par un certain nombre de paires de baffes bien appliquées... mais dans notre ruée vers la recherche du moindre effort et du moindre ennui, c'est tout l'ensemble de l'édifice social qui a non seulement renoncé à exercer un métier qui est le sien, celui pourquoi il avait été créé, mais qui s'est, chacun seul dans son coin, arrogé un ''droit'' imaginaire de pratiquer un métier qui n'est pas le sien, pas celui qu'il connaît, pas celui dont la collectivité avait (et a, en permanence) besoin, le pire étant que plus on grimpe dans une hiérarchie qui ne vit qu'en proclamant les avantages de la suppression de toute hiérarchie, plus ce phénomène s'aggrave, avec une emphase particulière lorsque l'on touche aux missions électives.
Quelques exemples quotidiens vont très facilement illustrer cette dérive, qui non seulement est stérile mais ne peut que créer des problèmes insurmontables.... d'autant plus que notre existence, au jour le jour, n'est rendue plus ou moins invivable que par la pratique... de cette pratique ! Pour limiter ce questionnement à des proportions ''manageables'', je vous propose de prendre trois exemples, à trois étages de notre aristocratie républicaine... ce qui devrait largement suffire à notre démonstration : maire, député et, à tout saigneur tout honneur, président de la république.
Le premier qui vient à l'esprit (surtout pour un parisien, soumis ''H24'' à la bêtise à la haine et au dogmatisme de la hidalgo), c'est le Maire des villes, petites, moyennes ou grosses (NB : les Maires de village sont des ''dévouements ambulants'', proches d'un sacerdoce, parfois !), celui qui, en théorie, devrait être le plus immédiat et le plus proche des citoyens ''lambda''. Expliquez-moi par quel miracle-à-l'envers un Maire de Ville, élu pour veiller à temps complet sur le bien-être permanent de ses électeurs (qui sont ''ses mandants''. Le mot est clair : ''qui charge d'un mandat'') se transforme dès le lendemain du vote en ''Publicain'' collecteur d'impôts, normatif, contrôleur, pinailleur, interdiseur, bref : odieux et qui n'a apparemment d'autre souci sur terre que de ''charger la barque'' en engloutissant des sommes disproportionnées à l'effet espéré (en général, des interdictions de stationner idiotes, mais qui justifieront l'achat de toute une signalétique, des embauches pour le recouvrement, etc...). Le beau rôle de ''représentant du peuple'' s'est vite oublié en ''collecteur, contre le peuple'' : un ''Mandat'' a vite fait de devenir une explosion des impôts, taxes et interdictions de vivre normalement, mais permet de satisfaire les dadas, les idées fixes, et les goûts personnels ou politiques du Maire, ainsi dévoyé dans un rôle qui n'est pas le sien.
Hors des petits villages, la gestion municipale ressemble de plus en plus à un tonneau des Danaïdes débordant d'interdictions aux administrés --surtout aux automobilistes, proclamés ''ennemis publics''... ce qui n'était (sauf exception) pas prévu dans le contrat initial. Les abus vont de décisions de dépenses inutiles à des orgies de peinture routière, ou de ronds-point à 1 million l'unité + entretien, à des soi-disant ''œuvres d'art'' --achetées par des cuistres à des cuistres pour des cuistres.
(Un exemple ? Je vous parle souvent de mon ravissant Mougins, endeuillé par les laideurs d'un Maire dont une conseillère se pique d'art qu'elle croit contemporain. Ils ont saccagé un trésor historique dont je vous ai souvent parlé, ici : la merveilleuse Chapelle ''Notre Dame de Vie'', vidée de centaine d'ex-voto sublimes, défigurée par une série d'insultes à la beauté qui glorifient, par statues monstrueuses, cornues et agressives interposées, toutes les définitions, représentations et symboles du ''Malin'', le diable ennemi de toute humanité, Satan. (On y croit ou on n'y croit pas, mais on ne peut trouver ça que laid : ça l'est. Très laid). C'est à en pleurer de tristesse... ce que beaucoup font, dont moi)
Chapitre de dépenses à supprimer de toute urgence --qui vont des tonnes de boules de pierre et de barres de fer pour délimiter des parkings... qui délimitent des espaces tous réservés à des employés de la mairie (dont le nombre est en accélération vertigineuse) et font crapahuter les pauvres électeurs, pris pour des pommes... (Un jeu ? Faites la liste des décisions de votre maire que vous jugez inutiles, reportables, supprimables, stupides, contre-productives !). Et le pire, c'est que les pauvres Maires, hier encore réunis en Congrès, n'en peuvent plus ! Comme quoi, il ne faut jamais se balader hors des clous : restez à votre place, économisez... et vos administrés vous aimeront, comme dans les villages !
Ce vertige de dépenses inutiles (certaines sont même néfastes) est encore plus impressionnant à l'étage au dessus, celui de la députation. Aussitôt élu, le ''défenseur de vos intérêts'' que vous imaginiez avoir choisi, ce ''représentant du peuple français'', ''élu de la Nation'', etc... oublie tout --et vous, d'abord-- pour devenir exclusivement le défenseur-promoteur de causes réputées mondialisées (par exemple... le climat --contre lequel il ne peut rien !-- ou la protection des escargots roses bivulves à trompe téléscopique de Madagascar, dont vous allez payer (cher) la reproduction hermaphrodite inversée, sans même savoir à quoi ils ressemblent).
Ecoutez nos et vos ''députés'' disserter sur le climat, l'inclusion, l'égalité, l'accueil des migrants, le budget, les retraités français à Agadir, etc... : ils ne savent rien, mais ils parlent... ils parlent... même si rien de ce qu'ils profèrent n'a le moindre intérêt autre que de nous piquer, au retour, les sous qu'ils nous ont déjà ponctionnés à l'aller pour payer leurs divers ''dadas'', genre consommation ''perso'' de drogues illicites. C'est un concours Lépine permanent des dépenses-à-ne-surtout-pas-faire, qui nous fait --à vous et à moi-- subventionner la croissance chinoise, le survie prolongée des ONG complices des ''passeurs d'hommes'' et des ''contrebandiers de bois d'ébène humain''!
Et lorsqu'on arrive tout en haut de la hiérarchie, on ne croise, dans des couloirs bien chauffés réservés aux seuls petits marquis lèche-chef, que des gens qui se foutent de votre devenir autant que de leur dernier caleçon ''le Coq français''... Un seul exemple : qui avait voté pour que Macron invente et fabrique de toutes pièces une soi-disant ''pandémie'' qui n'a jamais existé... nous fasse subir en son nom les pires humiliations et fasse de nous des guignols ... mette en danger le futur de nos enfants... bousille à jamais les finances de la Nation... et conclue cette honteuse séquence par une dissolution injustifiable, des élections dont le second tour a tourné au scandale d'Etat et sur une chambre ingouvernable... couronnant tout ça par l'élimination (bis, après Fillon) de la candidate la mieux placée pour avoir une chance de sauver le peu qui pourrait encore l'être... et enfin détruisant--peut être pour toujours-- le futur de notre ex-belle France devenue un cloaque progressouillo-mélenchonnien générateur de mal-être... le tout par sa seule faute à lui ?
Ah ! Ils s'amusent bien, ''en haut lieu'', à nous raconter des mensonges énormes et à jongler avec des mots qu'ils ont vidés de leur sens : ''démocratie''... ''égalité'... ''laïcité''... ''justice sociale'' (celui-là n'ayant aucun sens : ou une chose est juste, ou elle ne l'est pas, sociale ou pas !)--, etc... J'arrête, j'ai vraiment trop mal à ma France et à ce dont je rêvais, petit, pour elle : tout le contraire de la caricature qu'ils en ont faite : un pays où plus personne n'est franchement heureux ! Cependant, il y a une chose dont je suis certain : ce qui est pour eux un ''jeu de rôle'' n'est vraiment pas... drôle du tout. Alors... et si on disait, tous ensemble, en soutien à nos paysans si mal traités : ''Pouce... Moi, je ne joue plus ?''.Pourquoi le peuple serait-il le seul à jouer le rôle qui lui a été attribué, il y a si longtemps ?
Car nos guides-vers-le-néant nous ont vraiment expédiés trop loin des réflexions de Renan sur le sujet, si intelligentes et pleine de bon sens à la fois (mais idées considérées ''normales'', alors). En ces temps où le bon sens, chez les gens, tenait le rôle et la place qu'ont pris, le temps passant, l'orgueil et une prétention à tout savoir en proportion avec sa propre cuistrerie, marqueurs incontestables de ce temps de colère (le ''dies irae'' annoncé par la Bible), la NATION, ce ''plébiscite de tous les jours'' justement qualifié de ''principe spirituel'' par Renan (NB - donc abominé et vomi par tout homme de gauche : ''si c'est beau, bon, et bien à la fois, c'est à haïr''), fut longtemps la protection des riches et le sauvetage des pauvres (ce qui permettait aux seconds d'avoir toutes les bonnes raisons d'espérer se ''hisser'' chez les premiers, un jour où l'autre...
Hors le foot' et le basket, tout cela a disparu, corps et âmes, dans le grand brassage dé-constructeur que sont, en réalité, ces abîmes dystopiques que nous continuons à désigner par ''les idées de la Gauche'', qui les a baptisées ''valeurs (ce qu'elles ne sont pas) de la république'' ou parfois ''de l'Europe'' pour nous les faire gober Toute proximité a disparu entre deux entités qui ne sont qu'extérieures l'une à l'autre. Mais... qui a la patience et l'honnêteté de s'en rendre compte jusqu'à le dénoncer haut et fort, et qui, le courage (un peu en forme d'abnégation) de se sacrifier aux normes absurdes de ce ''système'' anthropophage ? ''Les hérauts (?) sont fatigués'', susurrait Yves Montand dans les années 50. Le mot, devenu question, est le nôtre... ou devrait l'être.