ArrĂȘtez d'utiliser la violence conjugale et les agressions sexistes comme argument  de divertissement
Métro et 20 minutes utilisent des "faits divers" de violence envers des femmes pour faire du sensationnalisme.
Les deux journaux nous sortent deux "faits divers" de nulle part, les deux traitent de violence envers des femmes.
Le premier chez MetroNews est intitulĂ© "Le fait divers du jour : il frappe sa compagne avec un couteau et un marteau parce que le dĂźner est froid". Les faits se sont dĂ©roulĂ©s aux Ătats-Unis auxalentours du 1er Mars. Le second chez 20 min est intitulĂ© "Une mĂšre de famille poignardĂ©e pendant qu'elle tĂ©lĂ©phone Ă son mari" avec pour sous titre "Ses derniers mots Ă son mari, restĂ© en Inde, auraient Ă©tĂ© «ChĂ©ri, il m'a poignardĂ©e»..." et dĂ©crit des faits se dĂ©roulant en Australie.
Tout d'abord, comment ces articles ont-ils Ă©tĂ© sĂ©lectionnĂ©s? pourquoi l'histoire des violences conjugales est elle choisie pour ĂȘtre le "fait divers du jours" (comme si l'histoire avait gagnĂ© Ă un concours des faits divers) parmi tous les faits divers ayant lieu dans le monde la semaine derniĂšre?? Quels sont les critĂšres? Et pourquoi ces deux faits dĂ©crivent ils des violences envers des femmes? Les violences conjugales ne sont endĂ©miques dans le monde on se demande pourquoi avoir choisi cet article lĂ .
Le premier article pose vraiment des questions et montre une mĂ©connaissance totale des violences conjugales. Pourquoi prĂ©ciser que la femme victime de son mari l'a Ă©tĂ© parce que le "diner Ă©tait froid"? pour montrer que c'est une raison absurde de battre sa femme? quelles auraient Ă©tĂ© les bonnes raisons? Les personnes violentes n'ont absolument pas de raison particuliĂšre de s'en prendre Ă leur conjoint, et il est inutile d'aller chercher une explication dans le comportement de la victime. Donc oui MetroNews, bienvenue dans le monde des violences conjugales oĂč vous vous prenez des coups parce que le diner Ă©tait froid ou trop salĂ©, oĂč vous faites trop de bruit en tapant sur votre clavier ce qui provoque un gros stresse chez votre conjoint qui a soudain besoin de vous hurler dessus pour vous faire comprendre combien vous ĂȘtes la source de tous ses soucis, oĂč vous vous faites houspiller parce que vous vous ĂȘtes montrĂ© trop souriante avec le serveur, oĂč vous vous voyez dans le regard de votre partenaire que vous n'auriez pas du le contredire en public sur l'heure d'un RDV et vous voyez dans son regard qu'en rentrant Ă la maison vous allez le payer. Essayer de chercher une bonne ou une mauvaise raison de frapper sa conjointe c'est se mettre dans la peau de l'agresseur essayant de justifier son comportement en se demandant quelle excuse est la plus plausible.Â
Par ailleurs, l'homme est dĂ©crit comme "devenu fou" dans l'article (A CAUSE du comportement de sa compagne), les hommes qui ont ce genre de comportement ne sont absolument pas fous. Ce sont des hommes ordinaires, mariĂ©s, avec un travail, etc. Les violences domestiques sont le fruit d'une Ă©ducation qui place la femme comme infĂ©rieure, qui encourage la domination au dĂ©triment du respect et du consentement, qui tolĂšre les comportement d'abus en les prĂ©sentant comme faisant partie du couple. ArrĂȘtez de traiter ces hommes de fous ou de faire comme si ce genre de choses Ă©taient rares, elles sont malheureusement trĂšs courantes.
Cet article est vraiment d'un gout douteux, et ne fait que présenter la violence domestique comme un divertissement horrible, c'est une sorte de concours de celui qui sera le plus méchant.
Quant au second au sujet d'une agression dans un parc, l'article il finit sur le transfert de responsabilité de l'agresseur sur la victime : "Elle avait refusé qu'on la ramÚne chez elle, pour ne pas déranger" nous apprend-t-on en gros titre, elle avait également été mise en garde par sa colocataire "plusieurs fois [...] sur le fait de traverser le parc une fois la nuit tombée". Comme d'habitude l'agresseur n'est pas mentionné, mais le comportement de la victime est passé au crible pour savoir si, quelque part, elle ne l'aurait pas un peu fait exprÚs.
Je me doute que ces articles sont des traductions des articles originaux. Mais ces deux journaux ne semblent pas avoir de problĂšmes avec l'idĂ©e d'utiliser des faits totalement alĂ©atoires de violence envers des femmes pour en faire du sensationnalisme et banaliser des violences pour faire plus de clics, et cette attitude me semble irresponsable pour des journaux qui le jour mĂȘme on produit des articles sur la JournĂ©e Internationale des Droits des Femmes et les violences faites aux femmes.
Signez et partagez la pĂ©tition pour la mise en place dâune charte de bonnes pratiques journalistiques dans le traitement mĂ©diatique des violences sexistes