« La Théorie du panda » de Pascal GARNIER
Un roman passionnant oĂč humour et noirceur se cĂŽtoient.
Câest un cadeau : merci Emmanuelle đ
Excellent choix ! Je ne connaissais pas lâauteur (je vais me rattraper !) et je nâai pas lu la 4e de couverture, alors jâai Ă©tĂ© cueillie đ»
Gabriel dĂ©barque dans un village breton oĂč il ne connaĂźt personne pourtant trĂšs vite, Ă coups de dĂźners rĂ©parateurs, dâĂ©coutes empathiques et dâapĂ©ros impromptus, il devient un personnage incontournable aussi mystĂ©rieux quâattachantâŠ
La plume de Pascal Garnier est fine et douloureusement lucide.
Lâincipit : « Il est assis, seul au bout d'un banc. C'est un quai de gare dĂ©sert oĂč s'enchevĂȘtrent des poutrelles mĂ©talliques sur fond d'incertitude. La gare d'une petite ville de Bretagne, un dimanche d'octobre. »
« â Ben merde alors, c'est tout petit le grand monde.
Ne restez pas debout, on n'est pas des fervents de la verticale. »
« Il a dû apprendre à sourire chez le dentiste, ça ne lui vient pas spontanément. »
« Ce sont de beaux enfants, plein de vie, comme bourrés de menthe fraßche. »
« Vingt mille lieues sous les larmes.
Avec quoi éponge-t-on toute cette peine? »
On y est dans le dĂ©cor, on s'y solubilise, vouĂ©s Ă la mĂ©moire de l'eau. Ăcoper, Ă©coper... »
« Le poireau-pomme de terre est le meilleur ami de l'homme qui s'est penché trop prÚs du bord. »
« â Qu'est-ce que vous allez faire Ă prĂ©sent que vous ĂȘtes riche?
â M'emmerder comme un riche. Comme un pauvre, j'ai dĂ©jĂ donnĂ©. Ăa doit pas faire une grosse diffĂ©rence, sauf manger quand on a faim et avoir chaud quand il fait froid. Faut faire avec câqu'on a, pas vrai ? »
« Sur les murs de l'Ă©glise, les saints pendent. Ils ont mauvaise mine, hĂąves, dĂ©charnĂ©s, mal rasĂ©s, accablĂ©s, les yeux cernĂ©s par une nuĂ©e de soucis mystiques, le cheveu gras. MĂȘme le label de qualitĂ© rayonnant autour de leur tĂȘte ne les rend pas attirants. Pas frais, tout ça. Le menu de la cĂšne ne devait pas ĂȘtre bien tentant. »
« â Il est toujours en retard. Il boit.
â Oui, il boit. Et il se masturbe aussi devant sainte Rita. Je l'ai vu. Enfin, chacun a ses petits dĂ©fauts. »
« La vieille dame se lĂšve et trottine sur ses jambes arquĂ©es dans la travĂ©e centrale Ă la rencontre d'un curĂ© jovial qui ferait le plus bel effet sur une boĂźte de fromage. Le bon Dieu peut ĂȘtre content, la boutique tourne toujours. »
« Câest laid les orchidĂ©es, ça ressemble aux photos de maladies vĂ©nĂ©riennes dans les bouquins de mĂ©decine. »
« Son visage est aussi vierge quâune lettre quâon nâa pas rĂ©ussi Ă Ă©crire. »
« C'est un petit homme sĂ©pia de la tĂȘte aux pieds qui a toujours dĂ» avoir le mĂȘme Ăąge, c'est-Ă -dire aucun. Un brouillard d'homme. »
« JâĂ©tais comme une espĂšce de shaker entre les mains dâun barman Ă©pileptique. »