un printemps tout subjectif pour les quelques un-e-s qui goĂ»tent Ă mes racontages et qui n'ont pas vu qu'il Ă©tait publiĂ© - il y a des choses plus importantes Ă regarder, mais peut-ĂȘtre que ça te fait une respiration...
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Sur le chemin du retour
Les vacances parfaites: remplies d'ennui ? Ou: La voie d'accÚs au désir
(Oui je publie Ă rebours, intentionnellement: pour Ă©viter d'ĂȘtre dans le "bruit" de la crĂ©ation, dans l'adrĂ©naline ou le doute immĂ©diat. Je refuse d'ĂȘtre un crĂ©ateur de contenu.)
Sur un fond de dĂ©prime, une coquille de noix vogue et sâanime parfois de jolis Ă©lans de gaietĂ©, la pluie de lâautre jour, le ciel bleu de ce matin, le courage dâoser une parole ou lâautre, la satisfaction dâune crĂ©ation qui prend forme sous mes yeux, les sourires de mes collĂšgues, une soudaine dĂ©termination, la crĂ©ation dâune nouvelle chanson et lâivresse du chant, la propretĂ© et lâorganisation de mon lieu de vie - petits Ă©clats dont la rĂ©colte ici me donne lâimpression quâils sont plus nombreux que je ne le sais. Sans eux, la nuit. Comment les bien voir ? Je devine la force qui les annule.
Panoramic captures with the Fujifilm GFX 50R

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Ce qui pourrait ne pas avoir de fin.
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Jâai pas envie dâarrĂȘter. DâĂ©crire comme ça. Si on me voit on doit se dire : il a pas lâair en forme. Ăa a pas lâair dâaller bien. Pourtant, quelle dĂ©livrance, quel soulagement lĂ , quel dĂ©lice dâĂȘtre ce corps tout flagada qui sirote son cafĂ©, tire la gueule, dĂ©boule ses pensĂ©es dans tous les sens, Ă©coute une musique triste et se dĂ©lecte de son humeur, mĂ©lancolique, Ă©mu, prĂ©sent.
Jâai pas envie, de mâorganiser, de me tenir, de choisir, dâĂ©liminer, de chercher Ă faire comme il faut. Jâai envie de continuer Ă faire nâimporte comment. De laisser venir ce qui vient. Jâai envie dâun rayon de soleil sur ma gueule.
Possible de continuer la matinĂ©e dans la mĂȘme onctuosité ?
Les rituels, ça nâĂ©vite pas tant de penser que ça Ă©vite de se poser la question : de quoi jâai envie, quel est mon dĂ©sir lĂ ,âŠ
hier, un besoin dâamour, de douceur, de tendresse, dâaffection
ce matin, une prĂ©cision : quelque chose sans exigences, sans duretĂ©, sans attente, juste, ĂȘtre aimĂ©
et sâouvrent en moi deux choses : câest un moment oĂč jây ai accĂšs, et je me le donne, je crois ne sentir que le manque et le besoin, mais câest lĂ , jây suis, dans un lieu qui en a le goĂ»t, je connais, jâĂ©prouve lĂ maintenant une affection qui ne demande rien, nâexige rien â me manque de pouvoir la donner, la partager, mĂȘme si je sens qu'elle trouve des adresses
mâapparaĂźt alors avec une acuitĂ© particuliĂšre la violence de certaines exigences, leur vacuitĂ©, leur organisation pour la façade, la protection⊠et leur incompatibilitĂ© radicale avec lâamour, une coexistence impossible lĂ , soit tu aimes, soit tu demandes, mais il nây a pas les deux. Quand je dis « tu aimes », je dis tu ressens de la tendresse, une affection douce et tendre, une grande vulnĂ©rabilitĂ©, un sentiment gratuit, qui survient sans condition, qui peut mĂȘme embrasser des paradoxes, savoir toutes les frustrations et aimer quand mĂȘme, ça aime, câest tout.
des inconnu-es et des pas inconnus
Photographies de New York, réalisées avec des appareils numériques (Fujifilm X-S10, iPhone) et argentiques (Lomo LC-A et Pix Panorama ANSCO)
Photographies de New York, réalisées avec des appareils numériques (Fujifilm X-S10, iPhone) et argentiques (Lomo LC-A et Pix Panorama ANSCO)

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Si dur hier, le travail. Si dur. Jây suis presque tout le temps dans cet Ă©tat ces derniĂšres semaines. LĂ , jâavais en plus une heure de sommeil manquante. Aucun dĂ©sir. Aucune Ă©nergie venant de moi. EmmerdĂ©.Â
FatiguĂ©. Sans Ă©lan. Mal Ă la tĂȘte. Pas bien. Pas joyeux. Je mâoccupe un moment avant de prendre le matos et dâaller dans la salle. Câest beau. Lâartiste arrive. TrĂšs choue. On discute un petit moment. Hyper accessible, normale quoi. Une femme qui fait des trucs, qui aime faire les trucs quâelle fait. Simple au possible. Je connecte.
Et je fais des photos, je filme, je circule, je donne un petit coup de main. Il y a R., C., M., les monteurs, la scĂ©nographe, et je me sens prisonnier dâune chappe de plomb. Et me voilĂ traversĂ© de sanglots, jâai envie de pleurer, je comprends pas. Je me sens seul. Je nâai rien Ă faire lĂ . Je me fais violence pour aller saisir des portraits de M. en train de discuter devant ses piĂšces, je mitraille, je devine que je capte de chouettes images, des sourires, des angles. Et je suis malheureux. Je souris pourtant, je regarde, je me fais discret, mais je suis en contact visuel avec chacune, chacun. A. est lĂ aussi. La camaraderie complice entre nous. Et au milieu de moi, ce gouffre sombre, dĂ©vorant. Un abĂźme.Â
Je retourne Ă la loge, en chemin : câest dur, câest si dur. Je saurais pas dire plus. Câest la fatigue surtout ? ZĂ©ro moteur. Comment dire. Rien qui me propulse spontanĂ©ment. Je pourrais mâasseoir lĂ sous la pluie, dans le gravier trempĂ©, regarder par terre, et attendre quâon vienne me chercher. Jâai plus envie. Jâai plus envie. Je mâen fous de tout ce cirque. Ăa ne me concerne pas. Je fais tout ça parce que je suis obligĂ©. Pour pouvoir me payer un appartement, des outils crĂ©atifs, des vacances et de la bouffe. Ăa nâa aucun sens, ça ne va nulle part.Â
Câest pourtant mon moment prĂ©fĂ©rĂ© au musĂ©e. Je comprends pas trop ce quâil se passe. Lâimpression dâĂȘtre rongĂ© de lâintĂ©rieur. Un manque de plaisir. Une fatigue dâune ampleur qui mâĂ©chappe ?Â
pas envie aucune envie si : rester au lit dĂ©prime et il pleut Ă verse et il faudra pĂ©daler pendant 20 minutes et je suis dĂ©jĂ fatiguĂ© cafĂ© trop tĂŽt, mais cafĂ© quand mĂȘme la journĂ©e au lit : si seulement
une permission dâen sentir lâenvie : papa directeur qui encore malade a dit quâil souhaitait annuler une rĂ©union : « Demain je nâai quâune seule envie : passer la journĂ©e au lit ». Salop va. Moi aussi. Moi pas malade, moi pas virus, moi pas grippe, mais moi triste, moi fatiguĂ© dans les nerfs, moi les yeux qui brĂ»lent, moi le cerveau qui patine, moi le cĆur lourd. (mon cerveau si rapide lundi, le mĂȘme, si lent hier, si lent, si embourbĂ©)
jâaurais besoin dâun cĂąlin - un cĂąlin qui ne me demande rien, le cĂąlin de quelquâun qui a besoin de faire un cĂąlin, pendant que moi jâai besoin dâen recevoir un
pas de matin libre pour respirer, mercredi journée entiÚre là -bas et il pleut, il faudra pédaler, il faudra mettre plein de couches, partir plus tÎt aussi pas envie
Bon, 8h18 on retourne au lit ? (ahahah, mĂȘme pas drĂŽle) (si, un peu quand mĂȘme)
Courts métrages autobiographiques
(cet espace est désormais celui de mes écritures d'adulescent)
Un vieux caméscope et de vieilles pensées récoltées au coin du feu. (Non, plutÎt à l'aube, pour tenter de supporter ce monde.)
je suis frappé comme au seul fait de savoir que c'est un temps de vacances devant moi, quelque chose se récupÚre cette précipitation : vite avant et aprÚs le travail, produire, faire les films, ranger, éditer, sauver, faire développer, découper, ranger, organiser, garder le corps souple sans douleur, écrire, vendre des trucs pour m'en débarrasser à profit, enregistrer des vidéos, des voix off, etc. etc. etc. et les journées sont remplies tout le temps, avec juste ça, l'obligation de ça, et les lessives, la vaisselle, la bouffe, les repas, l'étendage, le séchage, le rangement, le nettoyage, l'aspirateur, l'hygiÚne, les courses, etc. etc. etc. et comment tu fais pour voir des gens, pour avoir une vie quoi et ben là ça redevient possible sans étouffement nécessaire
+ sinon jâai publiĂ© deux films sur YouTube et ça me ferait assez plaisir que tây jettes un oeil parce que lâalgo a pas Ă©tĂ© trop sympa malgrĂ© les bonnes stats + jâai Ă©crit aujourdâhui une chronique sur le livre dit culte de David James Duncan « La vie selon Gus Orviston » (lien en story ou dans mes articles rĂ©cents en bio)
Ce nâest pas le corps qui est oubliĂ©, effacĂ©, annulĂ©, câest tout ce qui le brusque. Des matiĂšres qui lui font mal aux troubles qui le contrarient, en passant par les humeurs qui le rongent. Par lâĂ©criture, pour Ă©crire, en Ă©crivant, je cherche un corps attendri, un corps tendre. Lire tout le texte sur mon site: Le corps qui Ă©crit

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Tu pourrais aller et venir sans fin dans l'espace fantastique de ce qui ne sait pas encore. (patreon)
Ce matin, je prĂ©fĂšre vingt mauvaises lignes qu'une phrase dĂ©licate. De l'action, du mouvement. Je viens de passer trois heures allongĂ© Ă attendre, il faut que ça bouge, avant que j'aie Ă me coltiner le monde, la rue, les bruits, les visages et les nĂ©cessitĂ©s. Au diable l'Ă©pure poĂ©tique. Donne-moi celle qui roule et tangue, celle qui somnole encore d'avoir si mal dormi et parle en somnambule.Â