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Pourquoi ne veux-tu plus rien poster ?đł
Parce que ce que j'ai Ă dire sera bien mieux sur une feuille
same
Je nâai plus peur de te perdre maintenant que tu es parti

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Ăa l'est.
Une galaxie sur ta peau
Http://Tictail.com/aelnaute
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Essai de gribouillage
âSi vous lisez cette lettre, c'est sĂ»rement parce que vous cherchez des rĂ©ponses Ă vos questions. Ou alors, vous ĂȘtes tout simplement curieux. MĂȘme si c'est maladroit, je ne peux plus rien vous empĂȘcher de faire maintenant alors tant pis, ce n'est pas grave : ça arrive Ă tout le monde. Pourquoi j'ai fait ce que j'ai fait. C'est une question trĂšs simple avec une rĂ©ponse trĂšs simple; tellement Ă©vidente que vous ne la trouvez pas. Je vais vous la dire, comme ça vous n'aurez pas Ă attendre durant votre lecture : le temps passe vite mais la vie est trop longue. Je sais ce que vous vous dites : c'est stupide, je ne comprends pas. Et pourtant, c'est une phrase qui requiert toute l'attention du monde. Le temps, passant, fait affreusement mal : le passĂ© est derriĂšre nous, on ne peut rien y changer, rĂ©parer les erreurs qui ont tout brisĂ©; le futur se rapproche Ă une allure affolante et nous en avons peur. Alors nous vivons dans nos souvenirs et nos regrets tout au long de notre vie. Je ne voulais pas continuer. J'ai failli Ă©crire âne me demandez pas pourquoiâ, question d'habitude. Aujourd'hui, ou hier, ou peu importe; au moment oĂč vous lisez cette lettre, j'ai dĂ©cidĂ© d'expliquer pourquoi et de rĂ©pondre au maximum Ă ces questions qui vous hantent. Ăa faisait dĂ©jĂ un bon bout de temps que j'Ă©tais triste, et malgrĂ© mes sourires sincĂšres, les meilleurs instants passĂ©s avec des personnes fabuleuses; ça n'a pas suffit pour que je reste. Je sais que ça aurait dĂ» se reproduire de nombreuses fois, l'amitiĂ©, l'amour, je sais que de nombreuses relations auraient dĂ» se tisser avec le temps. Le problĂšme, c'est que le temps, ça faisait dĂ©jĂ un moment qu'il passait et que rien ne se produisait. Je sais que j'aurais dĂ» rester, mais je n'en voyais pas l'intĂ©rĂȘt. Pour tout vous dire : ça y est. J'ai rĂ©alisĂ© mon rĂȘve, et c'Ă©tait la seule chose dans ce monde qui m'importait, qui me tenait debout. J'ai profitĂ© de ces moments de gloire que la publicitĂ© et les compliments m'apportaient. Ăa m'a mĂȘme fait du bien. Et puis⊠vous savez ce que je vais Ă©crire. Le temps est passé⊠à croire que c'est la faute du temps, Ă chaque fois. Je ne sais pas si vous avez dĂ©jĂ ressenti cette tristesse extrĂȘme, qui vous colle Ă la peau comme une terrible maladie. Si vous ne voyez pas de quoi je parle, j'aimerais vous donner d'autres dĂ©tails. Elle est lĂ quand vous ĂȘtes âheureuxâ, que vous passez un agrĂ©able moment. Son meilleur alliĂ© ? La nostalgie. Elle est lĂ , vous tient la main pour vous enfoncer dans cette pĂ©nombre, cette obscuritĂ© renversante. Elle ne vous quitte jamais. Elle ne m'a jamais quittĂ©. J'Ă©tais souvent seule au collĂšge, au lycĂ©e, je crois que je souffrais, et personne ne le voyait. Peut-ĂȘtre que je souffrais parce que personne ne le voyait, justement. Mais elle, elle Ă©tait lĂ : cette tristesse, qui m'aidait Ă Ă©crire dans les pires moments, qui m'aidait Ă pleurer toute la douleur accumulĂ©e. Je reviens Ă moi⊠c'est un peu le sujet de cette lettre. J'en veux aux autres, aux connaissances, Ă mes proches de n'avoir rien vu venir. Peut-ĂȘtre Ă©tais-je bonne comĂ©dienne. Mais Ă chaque fois que je voyais une voiture arriver Ă folle allure, je rĂȘvais de me jeter sur la route; Ă chaque fois qu'un avion volait bas, je rĂȘvais qu'il s'Ă©crase sur moi. J'ai longtemps espĂ©rĂ© un malheur qui aurait pu survenir. Que je sois malade, que ce soit incurable; c'est Ă©trange. J'aurais Ă©tĂ© heureuse de disparaĂźtre de cette façon-lĂ . Les gens ne diraient pas : â elle est morte parce qu'elle s'est suicidĂ©e, c'Ă©tait une pauvre folle, une cinglĂ©e â mais ils auraient dit âc'Ă©tait quelqu'un de bien⊠c'Ă©tait quelqu'unâ. Il m'auraient vu diffĂ©remment, et jusque dans la mort ça comptait pour moi. J'ai arrĂȘtĂ© d'espĂ©rer un accident ou une maladie. J'ai arrĂȘtĂ© de regarder sur internet. Parce que le temps passait, et je n'avais plus le temps. Au dĂ©but, je ne voulais pas me suicider. Je dis âme suiciderâ, parce que c'est important de le savoir. Je voulais mourir mais pas suicider. Oui, mĂȘme si vous ne le voyez pas forcĂ©ment cette phrase a un vĂ©ritable sens. Je voulais disparaĂźtre, mais j'entendais dans certaines conversations que le suicide Ă©tait pour les lĂąches; et j'avais peur surtout. Alors je me faisais souffrir, pour me prĂ©parer Ă partir ou pour me sentir vivante. J'avais des entailles peu profondes mais la douleur Ă©tait lĂ , sur mes jambes, mon ventre, mes bras. Le sang ne dĂ©goulinait mĂȘme pas, peut-ĂȘtre que je me punissais parce que j'avais essayĂ© de vivre pour une fois, de faire ce que j'aimais. Parfois je ne mangeais plus, par dĂ©goĂ»t ou par volontĂ© Ă©trange, je voulais me sentir frĂȘle et maigre. C'Ă©tait une forme de maladie et il me semblait que je voulais mourir de ça. J'ai sĂ»rement fait d'autres choses qui ont fait souffrir mon corps ou mon organisme, mais je ne m'en souviens pas. Les entailles et la nourriture Ă©taient les principales actions destructives que je m'autorisais, sans compter les mĂ©dicaments que j'enfilais pour me sentir dĂ©crochĂ©e. Un jour on m'a dit qu'il fallait vivre un peu Ă©goĂŻstement. AprĂšs avoir passĂ© tant d'annĂ©es Ă essayer de m'intĂ©grer, d'ĂȘtre gĂ©nĂ©reuse, j'ai dĂ©cidĂ© de mourir Ă©goĂŻstement. Je sais que j'inflige de la tristesse Ă mes proches (je parle de ma famille, les autres oublieront), je sais que âj'offreâ des annĂ©es de remords, un passĂ© qui empĂȘche le futur. Mais ce n'est pas de votre faute. Au contraire, vous m'avez toujours encouragĂ© dans mes projets, vous Ă©tiez les seuls sur terre Ă me faire sentir importante. En dehors de la maison, j'Ă©tais un fantĂŽme errant les ruelles, une Ăąme vide dans un corps livide. Ce n'est pas de votre faute, vous ne pouviez pas savoir; avec vous, ça allait Ă peu prĂšs. Je n'arrĂȘte pas de me dire que j'aurais dĂ» mourir, il y a quelques annĂ©es, quand j'ai essayĂ© de me suicidĂ©. J'aurais dĂ» mourir parce que j'ai dĂ©clenchĂ© une avalanche de questions, une tempĂȘte sans nom. Pendant un bon moment, Maman, tu n'as pas voulu me laisser seule Ă la maison. Tu as vidĂ© tout le stock des mĂ©dicaments. Tu as jetĂ© tous les rasoirs. Et jusqu'Ă ce que tu me vois morte l'autre jour, tu as dĂ» penser que si j'avais arrĂȘtĂ© mes conneries, c'est que ça allait forcĂ©ment mieux. Mais je n'ai jamais arrĂȘtĂ©. Pendant des mois je ne faisais rien, et du jour au lendemain je retrouvais mon rasoir. Ce n'est pas de votre faute. C'est moi. Le passĂ© me fait affreusement mal, je revois les bleus sur ma peau. Je revois son regard plongĂ© dans le mien et je crois que je ne guĂ©rirais pas de cet amour, je crois que je n'aimerais plus jamais une autre personne. VoilĂ pourquoi je fais sĂ»rement souffrir tout ce qui bouge⊠Quant au futur, je ne le dĂ©sire pas. Avoir des gosses, un mari que je n'aime pas, une grande maison avec un jardin alors que je voulais une petite cabane au fond du bois, ça ne m'intĂ©resse pas. Je veux m'arrĂȘter ici. Tant que je n'ai pas encore passĂ© le baccalaurĂ©at, tant que l'hiver est lĂ . Tu voulais changer de vie, Maman ? C'est le bon moment. Partez. Vendez la maison, laissez les souvenirs ici, allez ailleurs. Si ça peut te consoler, Maman, je suis bien mieux maintenant. Je me repose de tout ce que les autres m'ont infligĂ©. Je me repose de ces pensĂ©es qui me tourmentaient. Tout va mieux, je te le promets. Je suis enfin libre. Je vous aimes.â
â

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Ăa va aller