Combien de litres d’eau consommez-vous par jour ?
Un projet de l’UNICEF, en collaboration avec Ashley Gilbertson et le National Geographic
De l’Inde au Niger, ce sont toujours les femmes qui savent exactement le volume d’eau nécessaire à leurs familles.
Quand le photographe Ashley Gilbertson a commencé à s’intéresser à l’accès à l’eau dans six pays d’intervention de l’UNICEF, il leur a demandé de compter combien de litres elles avaient besoin chaque jour. Puis il a installé les bouteilles en plastique pleines d’eau de la source qu’elles utilisaient, et qui représentaient ce volume.
Bien que ce soit les femmes et les filles qui puisent l’eau, la purifient, l’utilisent pour la cuisine ou pour le bain, ce sont leurs maris ou leurs pères qui sont les premiers à répondre à la question. « Les hommes n’ont souvent aucune idée de la difficulté que représente la collecte de l’eau, ni des volumes consommés chaque jour », se rappelle le photographe. « Je leur disais : peut-être pourriez-vous demander à votre femme ? Et elle se mettait à rire. »
Mariama Abdou, son mari Mahamadou Moussa et leurs deux enfants de six mois et 5 ans consomment 60 litres d’eau par jour, qu’ils puisent dans la rivière derrière chez eux. Celle-ci leur permet de se laver et de faire la vaisselle. Village de Mehana, région de Tillabery (Niger) @UNICEF/2015/Gilbertson
L’inégalité des charges familiales a choqué le photographe. Des femmes qu’il a rencontrées marchaient des kilomètres pour atteindre la source la plus proche. Chaque jour, des femmes et des enfants à travers le monde passent 125 millions d’heures à aller puiser de l’eau, selon Water.org.
« L’eau est un sujet féminin », selon Leysley Pories, de Water.org. « Dans une société où l’eau est accessible pendant quelques heures dans la journée, le temps disponible est consacré à sa collecte. Cette tâche devient un obstacle au travail rémunéré ou à l’éducation. »
Gilbertson a souhaité également photographier l’usage de l’eau dans les pays développés. De retour à New York, sa femme et lui ont tenté d’identifier leur consommation d’eau… et les 1,000 litres qu’ils ont découverts nécessaires à leur vie quotidienne les ont étonnés au point de poser, à leur tour, devant toutes les bouteilles en plastique que cela représentait.
« J’ouvre le robinet et l’eau coule », raconte Gilbertson. « Quand vous travaillez avec des gens qui doivent puiser cette eau, vous vous rendez compte de la valeur de cette ressource. Vous la ressentez vraiment. Et c’est lourd à porter. »
http://www.nationalgeographic.com/magazine/2017/04/explore-international-water-access/