Tout arrive à point à qui sait attendre
Elle était arrivée à 21h car tout arrive à point à qui sait attendre.
Dans l’effervescence des soirées, elle trouvait souvent le courage d’exister. Dans les mines enjouées de ses ivrognes d’amis, à travers leurs paroles superficielles, il y avait une forme de légèreté dont elle se délectait. Si elle avait l’occasion d’échanger, elle fonçait.
A minuit il arrivait que Quentin lui raconte sa douce camaraderie qu’il partageait avec son frère, qu’Emma lui déclare chaleureusement son amitié et qu’on trinque à sa santé.
A 6h les rires sonnaient forcés. Certains avaient l’air dépité. Quentin ne racontait plus que la noirceur de sa mère couplés à la ceinture de cette dernière, et Emma échangeait chaleureusement de longs baisers dégoulinants avec un inconnu peu ravissant. Les verres étaient vide et les bouteilles cassées.
Durant chaque retour elle se demandait où avait pu passer la gaité de ses camarades. Etait ce la dure réalité qui se révélait ou l’absence de poison qui donnait le mal ? Pour sûr, c’était quand ils étaient si entourés que la solitude les guettait et c’est au petit matin qu’elle se dévoilait.
Chaque levé du jour apportait son lot de question et c’est celui des nuits trop courtes, qui lui donnait la mine la plus triste.













