À tous ceux qui ne jurent que par les "çakras" et la "kundalini", il est bon de raconter les histoires de Samson, d'Achille et de Cuchulainn qui affrontent le réel et qui font quelque chose de leur énergie au lieu d'explorer pendant toute leur existence des "niveaux de conscience" et des "plans vibratoires"… Beaucoup de nos contemporains sont atteints par ce dévoiement de l'énergie qui n'aurait refuge que dans la pratique du yoga, du tai-chi, du chi-qong, etc., et serait dans l'impossibilité de se manifester quotidiennement. Courageusement. Une voie spirituelle qui serait fuite devant les réalités de la vie est nécessairement suspecte, en tout cas inefficace. […] Car tous ces évaporés du "vibratoire" négligent leur tâche humaine de confrontation au réel. […] Cela me fait penser à ceux qui proposent des exercices ou suivent des stages pour "sentir l'énergie d'amour" et qui, dans la vie quotidienne, n'adressent jamais un sourire, ne savent dire un mot aimable, ne savent s'intéresser à l'autre…
Quand on affronte le réel, comme le guerrier, on ne peut être dans l'imposture. C'est parce que avec une belle fureur le héros agit dans le concret qu'il peut plus tard affronter le métaphysique, l'invisible.
― Jacqueline Kelen (L'Éternel masculin : traité de chevalerie à l'usage des hommes d'aujourd'hui, 1994)
photo : Thésée et l'Amazone (Christophe Charbonnel, 2016)
















