mood music: TAXIPHONE Gael Faye
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Bonne matinée 💙 🚂 🆕️
Gaël Faye 🎶Taxiphone
(Mauve Jacaranda)
GAËL FAYE TAXIPHONE (2022, MAUVE JACARANDA)
Ma vie c'est des trains d'banlieue, des pavillons gris, des murs taggés, des ciels pluvieux Tellement Saudade, on m'appelle Lisbonne, le peu qu'je gagne, j'le claque dans les taxiphones Ma vie c'est des trains d'banlieue, des pavillons gris, des murs taggés, des ciels pluvieux Tellement Saudade, on m'appelle Lisbonne, le peu qu'je gagne, j'le claque dans les taxiphones J'sortais des rimes plein de « ken ta race » dans mes coups d'essai J'étais sapé en baggy Carhartt, shoes sans les lacets J'venais d'Afrique, on m'disait tu sais t'es sous-développé Donc révolté, j'ai dû travailler pour fermer des clapets J'étais la risée de tout l'collège, p'tit déraciné P'tit africain dans la cour d'récré, mineur isolé Ça jouait les durs, ça parlait d'racket et de cran d'arrêt J'venais d'là où soufflaient les obus et roulaient les blindés Ok, ok, la France c'est la paix, la sécurité Mais c'est aussi la morsure du froid et la solitude L'Eldorado n'était pas si beau, non, papa nous mentait Si j'reste ici c'est pas pour rapper mais piller les études Les années passent et les feuilles tombent à tous les automnes Et moi j'm'étonne d'être encore ici voyelles et consonnes Ma vie s'écrit sur des bouts d'papiers, je chantonne et fredonne Un blues qui ne me quitte plus depuis les bancs d'école et ouais Ma vie c'est des trains d'banlieue, des pavillons gris, des murs taggés, des ciels pluvieux Tellement Saudade, on m'appelle Lisbonne, le peu qu'je gagne, j'le claque dans les taxiphones Ma vie c'est des trains d'banlieue, des pavillons gris, des murs taggés, des ciels pluvieux Tellement Saudade, on m'appelle Lisbonne, le peu qu'je gagne, j'le claque dans les taxiphones Et puis j'prends racine dans le bitume, faut chercher la thune Acheter des pulls, le froid nous tue, jamais, je n'm'habitue Et toutes les nuits, je fais des cauchemars de mes antécédents Je pisse au lit, je rêve qu'Edward Norton va me casser les dents J'écris pour p'tite sœur, toujours amer, ma vie est insipide Tout m'écœure et sans l'stylo, ma mère, j'vous jure, je me suicide À l'école, je me dissipe, à l'époque, j'veux me casser d'ici Tu veux devenir mon pote, impossible, ce soir, j'ai piscine J'perds la raison, à la maison, plein d'cadavres dans l'placard Nos passés de génocide, d'exil, tout ça n'est que black out Je cherche le vacarme de la rue, le silence des livres J'habite une cabane sur la lune quand le monde se délite J'ai vu les fins d'monde, les carnages, les lynchages à l'essence Et j'observe les jeunes de mon âge, j'envie leur innocence Eux ne savent pas que tout est possible, que tout peut s'effondrer D'un jour ou l'autre comme dans un roman de Chinua Achebe et ouais Ma vie c'est des trains d'banlieue, des pavillons gris, des murs taggés, des ciels pluvieux Tellement Saudade, on m'appelle Lisbonne, le peu qu'je gagne, j'le claque dans les taxiphones Ma vie c'est des trains d'banlieue, des pavillons gris, des murs taggés, des ciels pluvieux Tellement Saudade, on m'appelle Lisbonne, le peu qu'je gagne, j'le claque dans les taxiphones J'appelle mon père au bled, j'rêve de rentrer mais c'est cher l'kérosène T'façon, c'est dead, au Nord l'armée se bat contre les rebelles C'est l'bordel, gosse sans repères, pas bien dans ses Cortez Entre parenthèses, vivre l'exil c'est être en quarantaine Faut avancer, m'répète ma mère, mentalité guerrière J'suis cadenassé par mon passé, j'avance en marche arrière Arraché de mes racines comme brûlé à l'acide Y'a pas de psys, seule la musique sera ma catharsis Maintenant j'écris comme je respire mais j'respire empêché Tout m'inspire, j'aspire la vie, j'apprends à l'encaisser Paname un champ d'cana l'été, j'reste assis sur l'canapé J'repense à ces années passées, mes premiers textes rappés Quand je sortais plein de « ken ta race » dans mes coups d'essai Qu'j'étais sapé en baggy Carhartt, shoes sans les lacets J'venais d'Afrique, on m'disait tu sais, t'es sous-développé Donc révolté, j'me suis mis à rapper pour fermer des clapets.
Taxiphone au métro Tuileries (Phone booth at metro station Tuileries), Paris, 1977 | photo Martine Franck (Française, 1938--2012)
“Taxiphone Type Paris Urbain" de la Compagnie Le Taxiphone en bakélite du café "Au Rêve" (1937-47) présenté présenté dans la reconstitution d'un café d'époque parmi la collection permanente du Musée de Montmartre, Paris, février 2026.

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PIA-MELISSA LAROCHE /
Taxiphone (2017) Science-fiction et migraines chroniques
Isabelle