Métalangage War for the Planet of the Apes Matt Reeves 2017
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Métalangage War for the Planet of the Apes Matt Reeves 2017

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LA PLANĂTE DES SINGES - SUPRĂMATIE
Le troisiĂšme Ă©pisode voit les hommes perdre leurs facultĂ©s et notamment leur capacitĂ© Ă parler; alors que les animaux sâavĂšrent bons, partagĂ©s dans leurs sentiments, mais capable de raison et dâintelligence.
Ce nâest pas tant lâanthropomorphisme prĂȘtĂ© aux bonobos et autres macaques qui touche et qui perturbe, mais Ă travers le miroir que leur renvoient les singes, câest bien lâanimalitĂ© rĂ©siduelle de lâhumanitĂ© qui choque. La violence, la haine et le mĂ©pris dont sont capables les hommes qui ont peur (et les hommes tout court), nâest ni feinte ni exagĂ©rĂ©e. Le jeu qui consiste Ă faire des singes des ĂȘtres Ă qui la condition originelle a positivement profitĂ©, rend la confrontation passionnante. LâintĂ©rĂȘt de cette utopie est de renvoyer lâhumanitĂ© Ă sa capacitĂ© de perfectibilitĂ©, cette facultĂ© qui dĂ©truit autant quâelle permet de progresser, comme Rousseau nous lâavait dĂ©jĂ dit.
Mais le bon sauvage nâexiste pas, et ce mĂȘme chez les animaux. Sur ce point, la thĂ©orie de Rousseau est complĂštement mise en Ă©chec. Seule la sociĂ©tĂ©, une hiĂ©rarchie, des lois, et lâadhĂ©sion Ă lâesprit dâun groupe qui le transcende, permet Ă lâindividu de sortir de la prison de ses pulsions, de sa rage, et de sa colĂšre.
Les gros plans nâen finissent plus pour mettre en valeur ces larmes qui coulent souvent et lentement le long des gueules des singes. Mais lâĂ©motion trĂšs humaine qui se lit sur ce qui devient le plus souvent des visages, nâest pas la part la plus rĂ©ussie de cette fable. On aurait prĂ©fĂ©rĂ© quelque chose qui soit plus typiquement simiesque que cette façon -pas forcĂ©ment glorieuse- de singer les hommes.
A lâinstar de ce qui est montrĂ© sur la maniĂšre dont les gorilles, les babouins et les chimpanzĂ©s ont créé leur propre langage tout en gardant leur particularitĂ©, les sentiments des singes auraient pu ĂȘtre traitĂ©s diffĂ©remment de la façon dont ils sont vĂ©cus par lâamĂ©ricain moyen⊠Les ethnies de la forĂȘt amazonienne sont dĂ©jĂ certainement bien diffĂ©rentes dans leur façon dâexprimer leurs joies et leurs peines, leur attachement Ă leurs conjoints et Ă leurs enfants, leur rancĆur ou leur colĂšre, que les populations indo-europĂ©ennes. Est-il si difficile dâenvisager lâaltĂ©ritĂ©, mĂȘme lorsquâon parle de singes?!
Il y a aussi la façon de se dĂ©fendre et de se battre qui dissone. Par moments le peuple des singes sâappuie sur sa nature de grimpeurs, son intelligence trĂšs instinctive et sa force aveugle. Et puis tout Ă coup, on dĂ©couvre quelques uns dâentre eux manipulant les armes avec une dextĂ©ritĂ© qui dessert lâimage de supĂ©rioritĂ© morale que Matt Reeves a bien voulu leur prĂȘter. On aurait prĂ©fĂ©rĂ© voir leur suprĂ©matie sâaffirmer selon des moyens qui leur sont propres, Ă partir de ces dons qui relĂšvent de leur nature spĂ©cifique.
En dĂ©finitive, il y a lĂ un ethnocentrisme qui appauvrit beaucoup la richesse de toute la rĂ©flexion que peuvent drainer ces thĂ©matiques pleines dâenjeux sur la rapport entre nature et culture.
Les animaux sont-ils meilleurs que les hommes? Il semblerait que malgrĂ© les apparences ce nâest pas la question essentielle que soulĂšve ce film. En effet, lâĂ©volution dont ils font preuve dans cette trĂšs belle saga, est parfaitement dans poursuite de la ligne du progrĂšs humain. Il y a donc fort Ă parier quâĂ lâamplifier en se civilisant davantage, ils tomberaient exactement dans TOUS nos travers. Orwell nous avait dĂ©jĂ mis en garde lĂ -dessus dans La Ferme des Animaux, et le drĂŽle de chimpanzĂ© Ă©chappĂ© du zoo le confirme: âsinges mĂ©chantsâ.
Retenons de ce face Ă face troublant -mĂȘme si parfois Ă la limite de la fausse note et du malsain-, quâil sâagit bien davantage dâexacerber la question: lâhomme peut-il Ă©chapper Ă son animalitĂ©?
NOTE 11/20 - A la base il y avait tout ce quâil faut: un propos qui donne Ă penser, du conflit, de la menace, des effets spĂ©ciaux spectaculaires, une petite dose de tension malgrĂ© un scĂ©nario hyper prĂ©visible, et de lâaction Ă tour de bras.
Mais la grandiloquence lasse, les Ă©motions surlignĂ©s en gros plan dĂ©naturent lâintĂ©rĂȘt du message: les singes pleurnichent autant que les hommes, ils montent mĂȘme Ă cheval et manient beaucoup trop bien les armes. En dĂ©finitive, quelques fausses notes et trop de longueurs inutiles gĂąchent cette belle idĂ©e et font retomber le niveau de la trilogie bien plus bas quâelle nâavait commencĂ©.
ESPIIEM feat. DEEN BURBIGO - SUPRĂMATIE