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Vivre entre errance et adhĂ©rence. Seuls les hĂ©ros arrivent Ă errer. Les autres ne font que zoner, roder ou flĂąner. Quand ils ne vaquent pas. L'errance est un art qui ne s'improvise pas. Celui de tracer une trajectoire sans mĂȘme savoir oĂč elle mĂšne. Sans but ni territoire ; sans idĂ©es fixes, ni date butoir. Alors existe l'Ă©ventualitĂ© d'une vie.
Seul les héros accÚdent à une vie.
De celles qui se vivent vraiment, dans l'immanence de leur propre mouvement. Déroulé sans plan ni stratégie. Sans gravité car l'accident n'existe plus. Les autres n'ont qu'un emploi du temps rempli d'occupations.
Errer sans dĂ©shĂ©rence, ĂȘtre le fils de sa propre existence.
Seuls les hĂ©ros et les chiens savent encore errer. Vivre de ne pas savoir oĂč l'on va. Ni mĂȘme comment ou avec qui. Ne pas s'y reconnaĂźtre mais s'y retrouver. Accepter, sans ĂȘtre perdu.  Et ne plus vouloir rentrer, chercher la gamelle, trouver son panier, son royaume. PlutĂŽt courir.
Seul est perdu celui qui cherche Ă rentrer.
Pas celui qui va. Sans nostos.
Errer sans dĂ©shĂ©rence, ĂȘtre le chien de son propre devenir.
Naviguer Ă la narine. Renifler le cul des choses, s'y frotter peut ĂȘtre et les marquer, au moins un peu. Mais ne jamais rester collĂ©. Le cynisme est un hĂ©roĂŻsme.
Adhérer néanmoins, un instant ou une éternité. Histoire de ne pas laisser l'errance s'incarner en erreur, se transformer en fuite. Tout est là . Tout autour. Se frotter aux choses, aux corps comme aux idées.
Aller au contact. Ne pas s'en priver.
Tout prendre, ne rien éviter.
Entre errance et adhérence, vivre sans y croire mais avec sincérité.











