SQUAT 123 @ BXL Rue Royale
Grâce à des gens que je connais qui connaissent des gens qui habitent au Squat 123, je me suis rendue à la table d’hôtes du dimanche soir, le 25 février, au 123 Rue Royale. C’est un vieux bâtiment de bureaux que j’aurais facilement raté si je ne regardais pas mon téléphone. En entrant via le bar (il y a une deuxième entrée, celle des habitants,tout à fait “ordinaire”), on arrive dans une pièce commune, un peu comme un café, avec plusieurs tables et des chaises, et de petits groupes des gens (EXTRÊMEMENT DIVERSIFIÉS) en train de discuter. Plusieurs personnes sont en train d’installer les casserolles du repas (avec une boite à sous prix libre), je propose d’aider et j’arrive à la cuisine commune du premier étage ou le repas se prépare. Elle est grande, un peu industrielle, et est juste à côté la salle de réunion (regarder plan improvisé). Le repas est délicieux, l’ambiance assez tranquille (mais ce n’est visiblement pas toujorus comme ça), certains se connaissent et d’autres pas du tout.
CK, un architecte diplômé de KU Leuven, habite ici depuis un moment, et après avoir passé 2 ans sans chambre à lui-même il vit assez bizarrement le fait d’en avoir de nouveau une. En parlant de Home for Less, il s’exprime sur le fait que le projet créait une structure beaucoup trop confinée pour un sans-abri, et qu’une structure spatiale plus souple pourrait être une meilleure solution (il a en tête le fonctionnement du 123).
Il m’explique que pour vivre ici il faut être déjà sur la liste, connaître des gens, et en gros avoir le profil pour s’intégrer à la communauté. Il n’y a ni organisation rigide ni direction ni chef: des réunions régulières permettent de faire le point, de prendre des décisions, et de se structurer. L’engagement de chaque personne est la condition pour que le squat fonctionne, car aucune obligation ne soude entre eux la soixantaine de personnes qui habite ici.
Les communautés sont plutôt organisées par étage: il y a donc 7 étages et 7 groupes, plus ou moins, même si la division n’est pas aussi rigide. Chaque étage s’occupe de sa propre propreté mais tout le monde peut aller dans les cuisines de tout le monde (il y a une cuisine par étage), et cela explique la négligence de la cuisine du premier étage auquel beaucoup de non-habitants accèdent depuis le RDC. L’état des cuisines s’améliore jusqu’au 7ème étage, seule cuisine avec plusieurs personnes autour de la table… La différence entre chaque étage est sidérante: même si la composition reste une subdivision en chambre et, à un coin ou l’autre, une pièce commune, les spécificités de chaque étage sont splendides: l’un a une pièce de jeu pour les enfants, l’autre n’a pas de pièce commune mais de grandes banderoles pro-LGBTQI+… Certaines personnes ont décoré les portes de leurs chambres, et un coup d’œil furtif me permet de voir que, en plus de la taille qui varie beaucoup, chaque “espace intime” est radicalement différent et a été différemment aménagé par ses occupant.e.s.