Concetto Spaziale, Attese by Lucio Fontana, 1960
âI do not want to make a painting; I want to open up space, create a new dimension, tie in the cosmos, as it endlessly expands beyond the confining plane of the picture.â
Lucio Fontana
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Concetto Spaziale, Attese by Lucio Fontana, 1960
âI do not want to make a painting; I want to open up space, create a new dimension, tie in the cosmos, as it endlessly expands beyond the confining plane of the picture.â
Lucio Fontana

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Lucio Fontana dans son atelier dans les années 1960. © Fondazione Lucio Fontana
Lucio Fontana, le pÚre du Spatialisme
Au cours des annĂ©es 1930, il voyage entre la France et lâItalie oĂč il dĂ©veloppe ses compĂ©tences en cĂ©ramique et en sculpture et rejoint le groupe âAbstraction-CrĂ©ationâĂ Paris entre 1936 et 1949 avec des artistes tels que Naum Gabo, Wassily Kandinsky ou encore Piet Mondrian.Â
Avec le dĂ©but de la Seconde Guerre mondiale, il retourne en Argentine oĂč il crĂ©e lâAcadĂ©mie dâAltamira. LâAcadĂ©mie dâAltamira est une Ă©cole dâart majoritairement abstraite Ă lâorigine du Manifesto Blanco, publiĂ© en 1946, qui insiste sur lâimportance des nouvelles technologies et sur la volontĂ© de mĂ©langer arts et sciences le tout en suivant le principe du mouvement Ă travers le temps et lâespace. Câest ce texte qui est Ă lâorigine du Spatialisme.Â
«Les lettres», Series 8, No. 29, January 28, 1963: Pierre Garnier, Manifeste pour une poĂ©sie nouvelle, visuelle et phonetique, Ăditions AndrĂ© Silvaire, Paris, 1963
« J'ai débarrassé la poésie des phrases, des mots, des articulations. Je l'ai agrandie jusqu'au souffle. [...] à partir de ce souffle peuvent naßtre un autre corps, un autre esprit, une autre langue, une autre pensée. Je puis réinventer un monde et me réinventer. »
Pierre Garnier, Ă propos du Spatialisme
Carnaval - Pierre Garnier

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La porte du soleil - Pierre Garnier
Je ne connaissais de lui que son nom et jâĂ©tais avide de dĂ©couvrir son univers, câest chose faite grĂące Ă lâexposition proposĂ©e jusquâau 24 aoĂ»t au le MusĂ©e dâArt Moderne (boulevard du prĂ©sident Wilson, ligne 9, mĂ©tro Alma Marceau ou IĂ©na/ tous les jours sauf le lundi de 10 Ă 18 h, nocturne jusquâĂ 22h le jeudi).
Artiste argentin (1899-1968) Lucio Fontana a partagĂ© sa vie entre son pays natal et lâItalie. Il a en effet Ă©tudiĂ© la sculpture et lâarchitecture Ă Milan, mais il sâest aussi formĂ© dans lâatelier paternel avant dâassumer lui mĂȘme des missions dâenseignement.
Lâartiste au travail
Son goĂ»t pour lâarchitecture a fortement influencĂ© son oeuvre, il fut dâailleurs lâinitiateur et le thĂ©oricien du mouvement spatialiste. Toujours en quĂȘte de nouveaux matĂ©riaux (mĂ©tal, ciment, sable, nĂ©on) et de nouvelles techniques (les fentes, les trous), il visait Ă modifier notre perception de lâespace. Ses toiles lacĂ©rĂ©es sont Ă©galement significatives de tout un travail sur la lumiĂšre. La rĂ©trospective ainsi offerte au public traverse donc la totalitĂ© de son oeuvre et retrace cette quĂȘte perpĂ©tuelle. Plus de 200 oeuvres sont prĂ©sentĂ©es dans lâordre chronologique ce qui permet de mieux mesurer les implications et lâĂ©volution de ce parcours atypique. La visite est agrĂ©mentĂ©e de vidĂ©os inĂ©dites permettant dâentendre lâartiste et de le dĂ©couvrir au travail.
1 â Le primitivisme, 1930-1933 Durant cette Ă©poque lâartiste sâĂ©loigne des modĂšles et du marbre pour travailler la terre ou le plĂątre. Il ne dĂ©laisse pas le bronze mais part en quĂȘte dâun style figuratif plus singulier et produit des sculpture polychromes aux surfaces irrĂ©guliĂšres.
Un bronze.
2 â Les sculptures abstraites 1934-35
Il sâagit de dessins dans lâespace trĂšs gĂ©omĂ©triques
3 â Les cĂ©ramiques, 1936-40 Productions rĂ©alisĂ©es dans lâatelier du cĂ©ramiste Tullio Mazzotti qui marquent un retour au figuratif. Ces oeuvres trĂšs colorĂ©es et parfois assez kitsch sâinspirent souvent des milieux aquatiques.
Le crabe
4 â Le spatialisme: 1946-52 Fontane rĂ©dige alors le âManifeste blancâ, texte fondateur du mouvement spatialitĂ© qui rĂ©unit des artistes, des philosophes et des Ă©crivains. Il sâagit de rompre avec le chevalet, lâacadĂ©misme et de renouveler les techniques afin dâĂȘtre plus en adĂ©quation, en phase avec le progrĂšs. On accorde alors la primautĂ© Ă la matiĂšre. âLâart spatial est envisagĂ© comme un dĂ©passement des genres traditionnelsâ. Les artistes aspirent Ă une synthĂšse entre âcouleur, son, mouvement et espaceâ. FascinĂ© par le cosmos, Fontana travaille alors beaucoup le papier, le plĂątre et la cĂ©ramique.
Mon oeuvre prĂ©fĂ©rĂ©eâŠ
5 â Les Buchi 1949-52
La toile est alors son support de prĂ©dilection. Fontana explore une nouvelle technique, celle des buchis ou âtrousâ. Il perce la toile recto-verso. Ces trous nâont rien dâiconoclastes, ils ont pour vocation de permettre des jeux dâombres et de lumiĂšre. Il expĂ©rimente la mĂȘme chose sur des supports comme la terre ou le mĂ©tal et intitulent quasiment toutes ses oeuvres âConcetto spatialeâ.
Un détail de la toile précédente
6 â Informel baroque: 1952-58 Nous le retrouvons animĂ© dâun Ă©lan baroque quâil thĂ©orise dĂ©jĂ en 1951.
les Pietre Ă lâallure si lunaire
Un crucifix revu et corrigé en céramique
dĂ©tail dâune toile qui retrace le mouvement, rĂ©alisĂ©e avec de lâencre et du sable.
7 â Les tagli 1958-1960
Ce terme italien signifie fentes. Fontana troue et lacĂšre les toiles essentiellement monochromes, jouant superbement avec les effets de relief. Ces fentes ne sont pas dĂ©nuĂ©es de connotation Ă©rotiques, mais elles sont aussi une ouverture Ă dâautres perceptions spatialesâŠ
un détail de la toile précédente
Fontana a également participé à des projets architecturaux dont on peut admirer les maquettes. Ces encres méritent quant à elles le détour:
Mes autres coups de coeur:
RĂ©trospective Lucio Fontana au MusĂ©e dâArt Moderne Je ne connaissais de lui que son nom et j'Ă©tais avide de dĂ©couvrir son univers, c'est chose faite grĂące Ă l'exposition proposĂ©e jusqu'au 24 aoĂ»t au le MusĂ©e d'Art Moderne (boulevard du prĂ©sident Wilson, ligne 9, mĂ©tro Alma Marceau ou IĂ©na/ tous les jours sauf le lundi de 10 Ă 18 h, nocturne jusqu'Ă 22h le jeudi).
Lucio Fontana : Ouvrez-moi donc cette toile
Lucio Fontana, Concetto spaziale, La fine di Dio (63-FD.17), 1963. Huile sur toile, perforations et dessins, 178 x 123 cm. MusĂ©e national dâArt moderne, Centre Georges-Pompidou, Paris. © Lucio Fontana / ADAGP, Paris
La premiĂšre fois que jâai vu une Ćuvre de Lucio Fontana (1899-1968), câĂ©tait au Centre Pompidou Ă Paris. Ce qui mâavait le plus marquĂ©e Ă cette Ă©poque, câĂ©tait ce rose hideux â bien trop rose pour ĂȘtre agrĂ©able. AprĂšs la couleur, jâavais remarquĂ© les trous dans la toile ovoĂŻde et mâĂ©tais demandĂ© Ă quoi tout cela rimait. Jâavais la sensation dâĂȘtre face Ă une Ă©vocation trĂšs peu subtile du pouvoir reproductif de la femme et cela ne me plaisait pas vraiment. Par la suite, jâai compris quel gĂ©nie avait en fait Ă©tĂ© Fontana. En un seul petit coup de canif, lâhomme avait bouleversĂ© le champ artistique.
RĂ©fugiĂ© en Argentine, son pays natal, pendant la Seconde Guerre mondiale, Fontana comprend alors quâil fait partie de la nouvelle gĂ©nĂ©ration dâartistes. Il publie en 1946 Ă Buenos Aires son Manifesto blanco, qui prĂ©conise lâabandon des formes traditionnelles de reprĂ©sentation. Ă son retour Ă Milan lâannĂ©e suivante, il ouvre littĂ©ralement une brĂšche dans lâhistoire de lâart en donnant un coup de canif dans une toile monochrome. Ce geste en apparence insignifiant, rĂ©volutionne le champ pictural. La toile nâest plus uniquement surface. Elle est aussi espace. Nous sommes en 1947 ; Lucio Fontana vient de crĂ©er le spatialisme.
Lucio Fontana, Concetto spaziale (Attese), 1965. © MusĂ©e dâArt moderne / Roger-Viollet © Lucio Fontana / SIAE / ADAGP, Paris 2014
La toile qui avait accrochĂ© mon regard quelques annĂ©es auparavant sâintitule Concetto Spaziale, La fine di Dio (63-FD.17) (Conception spatiale, La fin de Dieu) et date de 1963. Elle a bien quelque chose Ă voir avec la fertilitĂ© et la matrice. Sa forme ovoĂŻde et sa couleur rose sont de flagrants indices. Mais le titre rĂ©vĂšle que lâartiste se situe bien loin de ces considĂ©rations physicalistes. La fin de Dieu nâest pas un appel Ă lâathĂ©isme. Au contraire. Il sâagit plutĂŽt dâun aveu dâimpuissance de la part de lâartiste : impossible de reprĂ©senter le divin dans sa forme traditionnelle tant il nous dĂ©passe. Lâartiste tente alors de symboliser son pouvoir crĂ©ateur Ă travers des formes universelles comme lâĆuf. Les trous dans la toile qui font entrer lâespace dans la surface signifient toute sa transcendance.
Les toiles La fine di Dio ne reprĂ©sentent quâune partie des concepts spatiaux rĂ©alisĂ©s par Fontana. Mais elles illustrent cette tendance Ă lâabstraction qui meut le 20e siĂšcle et qui mĂšne les artistes Ă lâessence de toute chose. Quoi de plus juste que de reprĂ©senter lâinconcevable par un monochrome rose criblĂ© de trous ? Qui ne serait pas intriguĂ©, attirĂ©, chamboulĂ© par cette forme Ă©trange et pourtant si familiĂšre ? Ce vilain rose pourtant rassurant ? Et ces trous, comme autant dâĂ©chappĂ©es vers lâinconnu ? La Fine de Dio contient dans sa matiĂšre toute la spiritualitĂ© de la croyance. Et pour tout ça, elle a pour moi bien plus dâimpact quâune Madone de RaphaĂ«l.
La rĂ©trospective consacrĂ©e Ă Lucio Fontana au MusĂ©e dâArt moderne de la ville de Paris du 25 avril au 24 aoĂ»t 2014 revient sur lâimportance de son travail dans lâhistoire de lâart contemporain. Elle prĂ©sentera plus de 200 Ćuvres de lâArgentin Ă travers un grand parcours chronologique. Pour vous donner une idĂ©e de la place que tient Fontana dans la chronologie du 20e siĂšcle, vous pouvez aussi consulter lâouvrage de Parkstone International LâArt du XXe siĂšcle en format papier ou numĂ©rique.