Je mâexcuse dâemblĂ©e pour le cotĂ© limite psycho fanatique de mes propos mais comment ne pas partir en couille en entendant ses sonoritĂ©s perchouillardes. On a de quoi rĂȘver encore un petit bout de temps avec Saycet. Oui parce que Pierre Lefeuvre, 5 ans aprĂšs l'album Through the window, s'est enfin sortie les oids. Je suis pas une sentimentale mais ça donne envie de se retaper toute la disco, comme si je me la ramassais pas assez dans les esgourdes. J'ai pas de rĂ©el dĂ©pendance ( hormis la coco, la meska et la psychologie Ă deux balles ) mais Saycet c'est un peu un rĂȘve de gosse qui recommence Ă chaque fois que tu laisses trainer tes tympans dessus. Câest un goĂ»t de reviens y, comme un secret, un souvenir sur lequel tu ressasses sans arrĂȘt. Ca tâemportes, câest frissonnant, tendre et dure Ă la fois, enfantin, triste et lunaire. Tu tiens par les deux mains ton enfance et tu la lĂąche plus, tu virevoltes, tournoies, quit Ă ce que ça te file la gerbe -mais malade ou bourrĂ© ça Ă jamais fait de mal Ă personne, ça libĂšre-.Â
Une boucle de sonoritĂ©s Ă©lectro dramatique qui te pousse aux extrĂȘmes de ta personnalitĂ©, aux extrĂȘmes de tes sentiments.
Pour ceux qui connaissent dĂ©jĂ la beautĂ© de son univers, on lâaura notĂ©, le compositeur Pierre Lefebvre sâautorise des basses plus franches, plus tranchante, plus techno salace, elles vrombissent. Parce que jusquâĂ prĂ©sent le dandy se baladait entre du Boards Of Canada ou encore du Bernard Fleischmann, quoi que plus Ambient, et timidement du cotĂ© Ă©lectro pop. Je suis clairement contente quâil revienne Ă ses premiers amours le gonz. Parce que perso jâen avais ras le boule de ses remixs techno pop vaseux. Comme quand ta mĂšre te sert un plat dâendive pour NoĂ«l alors que tu sais quâelle fait si bien faire les langoustes. ça nâa pas le mĂȘme prix mais bordel quâest ce que câest bon.Â
Et comme si ça suffisait pas Ă me faire planer, Phoene Somsavath est encore sur le projet. Chacuns ses comptines, pendant que certains baisaient sur John Dalback, yâen Ă dâautres qui rĂȘvaient en traversant le monde Ă dos de Saycet. Alors ok on dit pas Ă une cruche quâon boira jamais de sa water, mais je lâai jamais vu en live et je veux jamais le faire. Au pire ici câest pas de lâeau , câest un gin fizz : pĂ©tillant, lĂ©ger, piquant et enivrant.  Esprit de contradiction oblige, je le ferais quand mĂȘme, jâirais le voir, lui, le Pierre prĂ©cieux, parce que je les aime ses sons, je lâaime son univers. Je le ferais parce quâil est grand et bon. Mais bordel je serai déçu si lâenvironnement sây prĂȘtais pas, je serai déçu si yâavait pas de visuel. Je serai déçu si je le vivais pas comme un film introspectif. Parce que  ce sont des sons introspectifs, ce sont des sons contemplatifs et personnels⊠Et câest parce quâon les ressent, parce quâon les vit quâils prennent de lâampleur en nous. Et a aucuns moments une bande dâinconnus ravagĂ©s du bulbe ont a pĂ©nĂ©trer dans cette sphĂšre de puissance avec toi-mĂȘme.Â
Il a grandit ce projet, il a murit, parvenus au paroxysme de lui mĂȘme, il a choisi les bons mots, pour illustrer son univers, il a conservĂ© son identitĂ©, conservĂ© le coeur de ses rĂȘves. On vit une profondeur, on vit de lâimpalpable, de lâirreprĂ©sentable.  Et jâai juste pas envie de le voir dandiner, je ne veux mĂȘme pas lâimaginer  ĂȘtre musicalement assistĂ©. Le son est fait, et il nâest pas dj il est compositeur, il ne retravaille pas il peaufine, il parfait, il subtilise, il raffine, il quintessencie.  Câest prĂ©cieux comme le son qui sort dâune boite Ă musique. Câest froid, câest frais, câest parfait dans sa non dimension, dans son absolue subjectivitĂ©.Â
Alors un conseil laisse le au fond de toi maggle câest lĂ quâil Ă©volue le mieux, câest lĂ quâil prend toute sa dimension. Laisse toi pĂ©nĂ©trer par Saycet. Laisse le te bourrer le crĂąne, laisses toi, laisses toi aller.Â
Et si tâaimes pas, câest que tâes bon pour allĂ© te faire griller les tympans sur du Hardcore dans le fin fond de lâoise. Tocard.












