"J'habite ici depuis 1968. Au début, nous étions locataires dans le plus grand immeuble du quartier. A l'époque, il n'y avait pas encore les Orgues de Flandres. L'horizon était extraordinaire ! Et puis on a voulu devenir propriétaires dans le quartier et les tours se sont construites. On a donc acheté un appartement dans ces grands immeubles. Contrairement à ce qu'on peut penser, c'est très plaisant. On est au-dessus de la cime des arbres. On dit souvent avec mon épouse qu'on a vue sur la canopée. L'été, je me crois au bord de la mer avec ces petits bouts qui piaillent dans le square. Alors oui, il y a quelques vols de bijoux ou de portables, mais comme partout. Ma femme s'est fait agresser en plein cÅ“ur du Quartier latin, alors... Et puis effectivement, ici, il y a des clochards, mais ce sont des pauvres gars qu'on chasse de partout ! Dans le quartier, les gens se serrent les coudes. Je suis déjà tombé dans la rue et ce sont des gens de la diversité - comme on dit - qui m'ont ramassé. C'est très bien la diversité. L'autre jour, je me promenais dans la rue. Il y avait côte à côté une antillaise, un juif, un black et moi. Comme dans une pub ! J'apprécie beaucoup les projets comme ceux des Souffleurs, ils permettent aux gens du quartier de se parler, d'échanger et de s'ouvrir à la poésie. C'est important à notre époque. Le problème dans ce quartier ce n'est pas la mixité sociale. Le problème c'est que les gens n'ont pas de boulot !" Michel, qui a plus de 65 ans et qui adore le poète Eugène GuillevicÂ
Si vous voulez en savoir plus sur le projet artistique et politique que Les Souffleurs commandos poétiques construisent avec les habitants de Riquet, RDV aux pieds des Orgues de Flandres. Ils sont là jusqu'à dimanche. Et puis retrouvez Olivier, le fondateur du collectif, que j'ai rencontré et photographié, il y a deux jours...









