COMMEMORATION DE LA BATAILLE DE SIDI-BRAHIM (23 septembre) â PrĂ©sentez... armes ! â Gestes tant de fois rĂ©pĂ©tĂ©s dans la cour du quartier. Cette fois, il nây a pas de spectateurs. Tous ceux qui sont ici appartiennent au mĂȘme monde, celui de la haute montagne oĂč lâon respire un air diffĂ©rent, plus rare et plus pur. Les guerriers blancs, figĂ©s comme des statues que raidirait le gel, Ă©coutent le rĂ©cit de ce combat de Sidi-Brahim dâoĂč jaillit comme un geyser ce que leurs aĂźnĂ©s nomment l'esprit chasseur. On entend une voix, presque mĂ©tallique dans le grand silence des sommets : â Dans la nuit du 21 au 22 septembre 1845, trois cent cinquante hommes du 8Ăšme bataillon des Chasseurs dâOrlĂ©ans ont quittĂ© le poste cĂŽtier de Djemmaa-Gazaouet pour se diriger en direction du sud-ouest et de la frontiĂšre marocaine. Ils marchaient Ă la rencontre de lâEmir Abd-el-Kader et de la mort. Il ne reviendra de cette colonne quâun caporal et quatorze chasseurs... â. Ainsi le nom de Sidi-Brahim entrait dans lâhistoire des hommes en tenue bleue, que les indigĂšnes dâAlgĂ©rie nommaient, au temps de la ConquĂȘte, les â soldats noirs â. La cĂ©rĂ©monie en haute altitude est rapide. Sur les anoraks, blancs, tranche dĂ©sormais la fourragĂšre rouge gagnĂ©e en 1978 par les Alpins du 6Ăšme BCA comme du 27Ăšme BCA. â Reposez... armes ! â. Des lĂšvres crevassĂ©es et bleuies par le froid, un chant monte, dont les paroles naĂŻves sont devenues sacrĂ©es au souvenir de tant de sacrifices : « Francs Chasseurs, hardis compagnons, Voici venir le jour de gloire. Entendez lâappel du clairon, Qui vous prĂ©sage la victoire. » (Le rythme est vif, saccadĂ©. Chaque mot claque comme une gifle de ce vent brutal qui siffle sur tout le paysage de haute altitude.) "Volez, intrĂ©pides Chasseurs, la France est lĂ qui vous regarde. Quand sonne lâheure du combat, Votre place est Ă lâavant-garde ! " Maintenant, les cordĂ©es se reforment et les chasseurs, jeunes et anciens mĂȘlĂ©s, redescendent vers les alpages oĂč ils arrivent, riant au crĂ©puscule. La cĂ©rĂ©monie de la Sidi-Brahim est terminĂ©e. Le dĂ©sastre serait-il plus exaltant que la victoire ? Le hĂ©ros ne trouve sa vraie grandeur que seul, face Ă un destin tragique. Chaque 23 septembre, le combat de 1845 est cĂ©lĂ©brĂ© par les chasseurs avec une ferveur qui nâa dâĂ©gale que celle des lĂ©gionnaires pour le 30 avril, anniversaire de Camerone. Les deux faits dâarmes, dâailleurs, se ressemblent et se rejoignent, prĂ©figurant toutes ces situations dĂ©sespĂ©rĂ©es et exaltantes oĂč une poignĂ©e de braves, encerclĂ©s par lâennemi, refuse de se rendre et prĂ©fĂšre la mort, dans lâhonneur et la fidĂ©litĂ©.
Commemoration de la bataille de Sidi-Brahim, 23 septembre 1845.
(Source: site du DiocÚse aux Armées, lien)











