Cinédanse Montréal : Le mouvement sous toutes ses formes
Alors qu’on se demandait tous (pas vous?) pourquoi un festival de films dédié à la danse manquait toujours à l’appel au Canada, le tout nouveau festival Cinédanse Montréal tombe à point. Directement inspiré de Cinedans Amsterdam, un réputé festival du genre, Cinédanse Montréal, qui s’étend du 20 au 23 septembre, saura ravir tant les néophytes que les amateurs de danse, tous styles confondus.
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En effet, son fondateur et directeur Sylvain Bleau dit s’adresser à tout le monde. Initié à la danse sociale dès son tout jeune âge et avide de partager sa passion du mouvement, il a su rassembler dans sa programmation tant des documentaires sur des artistes phares que des courts-métrages de création, passant par certains classiques du répertoire québécois. Convaincu qu’il nous faut comme société « retrouver nos sens… Pour mieux nous sentir, pour pleurer, rire et muer », il nous invite à redécouvrir Balanchine, celui qui a inspiré Vincent Cassel dans son ô combien terrible rôle de maître de ballet dans Black Swan, de même que l’iconique Diaghilev et ses Ballets Russes, sans oublier la regrettée et inclassable chorégraphe Pina Bausch (connue des cinéphiles par le Pina de Wim Wenders) avec ses interprètes foudroyants.
« C’est la danse, c’est nous, c’est le mouvement qui traverse les époques. Il faut être capable de vivre devant ces œuvres et de se laisser bercer parfois par ses peurs, par des moments d’égarement qui nous surprennent, mais sans se laisser envahir complètement, juste se laisser toucher. C’est ça le cadeau de la danse. (…) C’est le reflet sensoriel de la société. »
Sylvain Bleau, directeur de Cinédanse Montréal
Les artistes québécois ne sont pas en reste dans cette première édition, avec une brochette de tout jeunes adeptes de cet art hybride, ainsi qu’un documentaire sur les indisciplinés chorégraphes Dave-St-Pierre, Frédérick Gravel et Virginie Brunelle : Aux limites de la scène. Et pour les nostalgiques : l’incontournable Amélia de Édouard Lock/Lalala Human Steps.
Autre vedette en sol montréalais pour célébrer la danse à l’écran: le réalisateur Mike Figgis avec THE CO(te)LETTE FILM, une adaptation de l’œuvre choc de la chorégraphe Ann Van der Broek. Le film ouvrira d’ailleurs le festival ce jeudi 20h, un choix audacieux de la part de Bleau, considérant ce concentré de chair nue, de peau qui claque, de cuisses qui se frottent et de corps qui se fracassent contre le sol, aux sons de voix féminines qui déchirent. Une œuvre en phase avec la vague contemporaine en danse, crue et marathonienne, qui décape jusqu’à en couvrir de bleus les jambes des interprètes… Êtes-vous curieux maintenant? Pour les cœurs sensibles, rassurez-vous : rien de tout cela ne viendra teinter le sympathique documentaire Let’s dance présenté samedi soir à 19h, véritable portrait historique dansant juxtaposant des bribes de Fred Astaire, de Ginger Rogers et de Michael Jackson.
C’est donc ça, Cinédanse : le mouvement sous toutes ses formes. À l’écran, bien entendu.
Le festival Cinédanse Montréal aura lieu du 20 au 23 septembre au Cinéma Impérial de Montréal. Consultez la programmation complète au www.cinedanse-mtl.com.
Priscilla Guy est chorĂ©graphe, interprète et vidĂ©aste basĂ©e Ă MontrĂ©al. Lire son entrevue complète avec Sylvain Bleau sur son blogue, Regards Hybrides. Â