"Quand tu verras quelquâun si dominĂ© par la raison quâil rĂšgle sa conduite dâaprĂšs elle, quâil soumette Ă elle seule ses appĂ©tits, quâil maĂźtrise par son frein les mouvements de son Ăąme, quâil sache que câest par elle seulement quâil se distingue de la sauvagerie de la brute et quâil ne mĂ©rite le nom dâhomme que pour autant quâil se laisse guider par la raison ; quelquâun de si convaincu de sa mortalitĂ© quâil lâait tous les jours devant les yeux, quâil se gouverne par elle et que, mĂ©prisant les choses pĂ©rissables, il soupire aprĂšs une vie oĂč, toujours pourvu de raison, il cessera dâĂȘtre mortel, alors tu pourras dire quâil a une idĂ©e vraie et utile de la dĂ©finition dâhomme. Cette dĂ©finition dont nous parlions, je disais que trĂšs peu de gens la connaissent et la mĂ©ditent comme ils le devraient."
Pétrarque, Mon secret, trad. François Dupuigrenet Desroussilles, 1342.