Openightmare "Robert" - review sur Metal Sickness
C'est d'la bombe, bébé !
"Robert". Six petites lettres pour un disque aussi dĂ©vastateur qu'une bombe nuclĂ©aire. VoilĂ comment on pourrait rĂ©sumer la derniĂšre offrande des Toulousains d'Openightmare, "Robert" sorti il y a Ă peine quelques semaines. "Robert"⊠en voilĂ un drĂŽle de (prĂ©)nom pour un titre d'album, non ? Les plus jouasses d'entre vous auront sans doute captĂ© le subtil jeu de mots entre Robert Oppenheimer (l'heureux papa de la bombe atomique) et "Robert" d'Openightmare⊠VoilĂ , voilĂ Ă Ă Ă Ă âŠ
Bon, passĂ©e la blague Carambar, passons au vif du sujet : le disque "Robert". C'est du tout bon. Je suis obligĂ© de dĂ©velopper !? Pfff⊠Bon d'accordâŠ
AprĂšs avoir sorti des disques en forme de fist fucking dans l'anus d'une perruche ("The Harder We Come" en 2009) avant de partir vers des aspects plus mĂątures et couillus ("Unashamedly" en 2011), il nous tardait de l'avoir entre les oreilles ce cinquiĂšme album des gros d'Openightmare. Qui plus est, ce disque se pose de lui-mĂȘme comme une nouvelle Ăšre, puisque c'est le premier Ă ĂȘtre enregistrĂ© sans le batteur et ami PierrO (aha !), parti vers d'autres horizons. L'ex tabasseur de fĂ»ts a Ă©tĂ© remplacĂ© par Kmouille qui lui aussi tape trĂšs bien. Une page s'est tournĂ©e et ça fait un petit pincement au cĆur quand mĂȘme⊠C'est donc armĂ© d'encore un nouveau line up - il y a des changements de musiciens Ă chaque disque depuis "Pinks Of The Vintage" (2006) Ă croire que le groupe a la scoumoune - qu'Openightmare nous prĂ©sente son dernier bĂ©bĂ© et autant vous dire qu'on va en prendre plein les feuilles !
Je vous déclare mari et femme !
Et pan ! Ăa part d'entrĂ©e de jeu avec "Robert Openightmare" qui sent bon l'haleine chargĂ©e du stoner. Le power trio nous avait dĂ©jĂ montrĂ© auparavant dans quelques morceaux de ces prĂ©cĂ©dents disques son amour pour ce son grassouillet ("Just Behind", "Wall Of Pain" ou l'instrumental "Amazonia" sur "Unashamedly" et "Sweet End" ou "The Last Travel To Quiet Mountain" sur "The Harder We Come", si mes souvenirs sont bonsâŠ) ainsi qu'en concert, mais cette fois, "Robert" officialise cette union entre le punk rock d'Openightmare et le stoner qui va bien. D'ailleurs le titre "Queen Of The Red Fang" est la marche nuptiale idĂ©ale avant l'entrĂ©e devant l'autel. Je vous laisse deviner qui sont les heureux tĂ©moins de ce mariage (contre ?) nature⊠Qui a dit Queens Of The Stone Age et Red Fang ?
Vous l'aurez donc compris, Openightmare abandonne certains de ses oripeaux punk basique pour nous sortir un son plus lourd, plus gras, plus crade⊠et on ne va pas s'en plaindre car ça colle Ă merveille avec l'univers distillĂ© du power trio depuis deux ou trois ans en concert ! De plus l'alchimie stoner / punk passe Ă merveille l'Ă©preuve du skeud et dĂ©voile encore une nouvelle facette du trio toulousain franchement pas dĂ©gueulasse. A chaque disque sa nouvelle face(tte)âŠ.
Jouer comme un sourdâŠ
Mis en boĂźte par le chanteur / gratteux Yoorwell aux Vegas Studios (lĂ oĂč sont rĂ©cemment passĂ©s les plus grands comme les affreux-sales-vilains-moches-pas-beaux-boiteux de Molly McHarrel pour "(C'est) Mort Pour La Gloire" ainsi que les superbes-jolis-beaux-gosses-musclĂ©s-et-intelligents Desperate Fajitas pour "Demain C'est Aujourd'hui"), "Robert" possĂšde une production brute de dĂ©coffrage, volontairement bordĂ©lique qui titille l'oreille.
Ainsi, le maĂźtre d'Ćuvre et mastermind chauve d'Openightmare a dĂ©cidĂ© de mettre en avant un son agressif et furibard au dĂ©triment du son plus rondouillet (pĂ©pĂšre) d'"Unashamedly" ou de "The Harder We Come". Mais loin d'ĂȘtre brouillon le son de "Robert" n'en reste pas moins redoutablement corrosif et ĂŽ combien maĂźtrisĂ©. Il n'y a qu'Ă Ă©couter des brĂ»lots comme "Break Me Down" avec ses accents de feu Nevrotic Explosion dans le chant, "Lying In The Dead Grass" ou "Fuck Off The Mayas" pour comprendre lĂ oĂč les Toulousains veulent en venir : te faire avoir une descente d'organes avec un son Ă rendre fou plus d'un teuffeur sous acide (Alex, le bassiste, n'y va pas avec le dos de la cuillĂšre quand il rĂšgle ses potards Ă fond !).
Kinder Surprise.
Ceci Ă©tant, derriĂšre cette orgie sonore (et sans doute sexuelle) distillĂ©e par les trois mĂąles en rut d'Openightmare, se trouvent des compositions plus finaudes qu'elles n'y paraissent de prime abord. Ainsi, chaque titre semble possĂ©der un univers qui lui est propre ("Dominik" ou "Les Corps" avec son chant en français) avec des ambiances sans cesse changeantes et accrocheuses ("3 Maidens", "Sharp Mind And Tormented Soul"). Et le tour de force du trio c'est d'arriver assez facilement Ă donner Ă cet album une belle homogĂ©nĂ©itĂ© au travers des morceaux qui le composent. MĂȘme si les titres ne se ressemblent pas du tout, il y a une sorte de fil conducteur qui les lie Ă "Robert". Chapeau bas, messieursâŠ
Pour clĂŽturer la galette, on aura droit Ă un "DIY 2.0", une version un peu plus musclĂ©e du "DIY" prĂ©sent sur "Pinks Of The Vintage". Ăa ne sert pas Ă grand-chose dans l'absolu mais ça dĂ©montre qu'Openightmare reste attachĂ© Ă une Ă©thique qui lui est chĂšre depuis le dĂ©but de son aventure. Bien Ă©videmment, plusieurs Ă©coutes seront nĂ©cessaires pour vĂ©ritablement apprivoiser la bĂȘte et capter ici et lĂ les subtilitĂ©s des rythmiques, des mĂ©lodies et mĂȘme des arrangements. "Robert" c'est comme un Kinder Surprise, quoi.
Petite cerise dans l'emballage de cet Ćuf en chocolat, la bande des trois s'est payĂ© le luxe de s'offrir un CD digipack ultra classieux avec livret inside et photos du groupe complĂštement dĂ©gueulasses (les mecs ils posent quasi Ă poil) originales qui collent Ă merveille avec l'ambiance gĂ©nĂ©rale du skeud. Ces mecs-lĂ sont complĂštement dĂ©gueulasses taillĂ©s comme des dieux grecs et raviront sans doute la gent fĂ©minine la plus dĂ©gueulasse et perverse qui soit. Vous avez de la chance les filles⊠! Vous allez ĂȘtre aveugles !
Bon allez, assez fait le jacques : "Robert" tĂ©moigne une fois de plus de la haute tĂ©nue et de la crĂ©ativitĂ© d'Openightmare qui ne cesse de nous Ă©tonner depuis quelques annĂ©es, au fil de ses disques qui se renouvellent sans cesse (quelle montĂ©e en puissance depuis "Pinks Of The Vintage"). On ne sait pas encore si le power trio a maintenant pris son allure de croisiĂšre d'un point de vue artistique, mais l'Openightmare mouture 2014 en a dans le pantalon. Ce disque ça sent la grosse burne suintante posĂ©e sur la gueule du monde entier ! "Vas-y Robert, c'est bon ! Vas-y Robert, c'est bon, bon, bonâŠ"











