Des réseaux neuronaux apprennent à chiffrer leurs communications
Les rĂ©seaux de neurones sont utilisĂ©s pour des tĂąches extrĂȘmement complexes et souvent entraĂźnĂ© Ă rĂ©aliser des objectifs de bout en bout, rappellent les chercheurs de Google Brain. (crĂ©dit : Pixabay/PeteLinforth)
Une Ă©quipe de Google Brain, spĂ©cialisĂ©e dans le deep learning, vient de dĂ©montrer que des rĂ©seaux neuronaux pouvaient apprendre Ă chiffrer leurs messages afin de communiquer de façon confidentielle pour empĂȘcher un autre rĂ©seau neuronal de comprendre leurs Ă©changes.
Des chercheurs de Google Brain qui travaillent dans le domaine du deep learning, lâun des champs de lâapprentissage machine, ont trouvĂ© comment apprendre Ă des rĂ©seaux de neurones Ă chiffrer leurs propres messages pour communiquer de façon confidentielle. Fin octobre, Martin Abadi et David Andersen ont prĂ©sentĂ© leurs travaux dans un article publiĂ© sur arxiv.org : « Learning to protect communications with adversarial neural cryptography ». Les deux chercheurs expliquent quâils ont cherchĂ© Ă savoir si les rĂ©seaux de neurones pouvaient utiliser des clĂ©s secrĂštes pour protĂ©ger leurs informations vis-Ă -vis dâautres rĂ©seaux neuronaux. Lâobjectif de leur recherche Ă©tait de mettre en place â au sein dâun systĂšme multi-agents â un Ă©change confidentiel entre deux dâentre eux, baptisĂ©s Alice et Bob et de dĂ©terminer sâil leur Ă©tait possible dâempĂȘcher un troisiĂšme rĂ©seau neuronal, Eve, dâespionner cet Ă©change.
« Nous nâavons pas imposĂ© dâalgorithmes de chiffrement spĂ©cifique Ă ces rĂ©seaux neuronaux. Au lieu de cela, nous avons mis en place un apprentissage de bout en bout, de façon contradictoire », expliquent-ils dans leur article. « Nous avons dĂ©montrĂ© que les rĂ©seaux neuronaux pouvaient apprendre Ă rĂ©aliser certaines formes de chiffrement et de dĂ©chiffrement, et aussi comment appliquer ces opĂ©rations de maniĂšre sĂ©lective pour atteindre des objectifs de confidentialité ».
Un systĂšme multi-agents communiquant
Dans le scĂ©nario dĂ©crit par les chercheurs, la propriĂ©tĂ© de sĂ©curitĂ© souhaitĂ©e est bien la confidentialitĂ© et non lâintĂ©gritĂ©. Lâadversaire Eve est un « attaquant passif » qui peut intercepter des communications mais qui par ailleurs est assez limitĂ©. Il ne peut pas engager de sessions, ni injecter de messages, pas plus quâil ne peut modifier les messages en transit.
Alice et Bob veulent communiquer clairement, mais sans quâEve les comprenne. PlutĂŽt que dâentraĂźner Alice et Bob sĂ©parĂ©ment Ă mettre en place certains systĂšmes de chiffrement connus, les chercheurs les ont entraĂźnĂ© conjointement Ă communiquer ensemble. Alice construit ses messages en utilisant un algorithme secret que Bob doit dĂ©couvrir, tandis quâEve essaie, sans succĂšs, de lire le message envoyĂ©. Dans leur article, les chercheurs dĂ©montrent que les rĂ©seaux neuronaux peuvent apprendre Ă protĂ©ger leurs communications. Cet apprentissage ne nĂ©cessite pas quâon leur spĂ©cifie un ensemble particuliers dâalgorithmes de chiffrement, ni quâon leur indique des façons dâappliquer ces algorithmes, expliquent les auteurs. « Il se base uniquement sur la spĂ©cification de confidentialitĂ© qui est reprĂ©sentĂ©e dans les objectifs dâapprentissage. »
Martin Abadi et David Andersen expliquent quâau bout dâun certain temps, Alice et Bob ont commencĂ© Ă communiquer efficacement, mais dâune façon qui permettait Ă Eve dâamĂ©liorer aussi, graduellement, sa comprĂ©hension. Puis, vers lâĂ©tape 10 000, Alice et Bob ont contrĂ© les progrĂšs dâEve et autour de lâĂ©tape 15 000, les objectifs ont Ă©tĂ© atteints. Les Ă©tapes suivantes ont seulement permis Ă Eve de faire de lĂ©gers progrĂšs. Dans ce contexte, les attaquants ont Ă©tĂ© modĂ©lisĂ©s par rĂ©seaux neuronaux ; des modĂšles alternatifs peuvent peut-ĂȘtre ĂȘtre mis en Ćuvre avec un apprentissage renforcĂ©, ont prĂ©cisĂ© les chercheurs.
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Des réseaux neuronaux apprennent à chiffrer leurs communications was originally published on JDCHASTA SAS











