« On ne peut pas réfléchir à tout ce brassage éditorial en dehors de ce qui se passe en numérique et qui amène une énorme pression sur la production littéraire en général, explique-t-il en entrevue au Devoir. Les auteurs ont sans doute aujourd’hui un rapport à l’écriture qui est beaucoup plus instantané. Toute personne qui a tenu un blogue sait qu’on est sous l’impulsion d’une écriture qui va être vive, souvent brève, ce qui ne veut pas dire qu’elle ne va pas chercher à amener réponse, ou commentaire. » Ce que doit et ce que peut être un livre, un roman ou un essai ne repose, précise-t-il, sur rien de plus solide qu’un amalgame entre format et contenu s’étant imposé à l’imaginaire à force d’être peu remis en question. « Le livre s’est construit dans le dernier siècle autour d’un modèle : 200 ou 300 pages, un sujet et un auteur. C’est la triade la plus forte symboliquement, mais qui n’a aucune raison d’être en soi. La beauté de l’influence du numérique, c’est de flexibiliser ce modèle-là. »
René Audet, professeur titulaire à l’Université Laval et directeur du Centre de recherche interuniversitaire sur la littérature et la culture québécoises, extrait de l’article, “Chérie, j’ai réduit le texte : Les textes courts abondent. Air du temps, effet de mode ou déficit d’attention des lecteurs?” par Dominic Tardif, Le Devoir, 23 janvier 2016.








