Le lundi de PentecĂŽte, je travaille et toi, tu gardes les enfants ?
Initialement fixĂ©e au lundi de PentecĂŽte, la journĂ©e de solidaritĂ© prend la forme, pour les salariĂ©s, d'une journĂ©e supplĂ©mentaire de travail non rĂ©munĂ©rĂ©e. Alors que les Ă©coles sont fermĂ©es ce lundi, le casse-tĂȘte commence pour les parents, pas tous logĂ©s Ă la mĂȘme enseigne.
Christelle, maman dâun garçon de 13 ans nâa pas le souci de garde : âIl se garde tout seul !â Son avis sur cette journĂ©e dite de âsolidaritĂ©â est de dire que âça ne sert Ă rien. Les petits vieux nâont pas plus dans leur porte-monnaie. Et mĂȘme que certains paient des impĂŽtsâ. Pour elle, ce sera une journĂ©e de RTT en moins mĂȘme si elle ne travaille pas ce lundi.
Elodie, responsable du magasin de vĂȘtement âDieselâ dans le Vieux-Lille, a un enfant en bas Ăąge. Ce dernier ne va pas encore Ă lâĂ©cole donc pas de souci pour ce lundi car câest la nounou qui va le garder. Par contre, elle sait que lâannĂ©e prochaine ce sera diffĂ©rent. Elle fera appel Ă sa famille qui nâest pas trop loin de chez elle.Â
Quand Ă Rodolph, le gĂ©rant de âMuseâ, un autre magasin vestimentaire rue de la Monnaie Ă Lille, ne fera pas travailler ses collaborateurs, lui par contre sera prĂ©sent. âNous sommes ouverts 7 jours / 7. Il nous faut du chiffre dâaffaire, et il y aura du mondeâ. Il nâa pas dâenfant, la question de garde ne pose pas du tout mais pour ses collaborateurs câest âune journĂ©e de gagner avec les leursâ !
Beaucoup dâactifs sont concernĂ©s par cette journĂ©e de solidaritĂ© mais elle nâest pas instaurĂ©e de la mĂȘme maniĂšre dans tous les milieux professionnels. Dans une entreprise de sondage (dont nous terrons le nom) les vacataires ne travaillent pas. Kelly et Nadia le disent : âNous ne travaillons pas car nous sommes vacataires, nous ne perdrons rien. Les CDI de la boĂźte travaillent ou ne sont pas payĂ©s cette journĂ©e.â Kelly (Ă gauche sur la photo) gardera ses enfants ce lundi : âSinon, quand je travaille un jour fĂ©riĂ©, je fais appel Ă ma soeur ou mes parentsâ.
âCâest encore la classe moyenne qui trinque.â
Guy, retraitĂ©, se demande âoĂč est la rĂ©elle Ă©conomie ? Câest trĂšs compliquĂ© dâanalyser cette journĂ©e de solidaritĂ©. Câest encore la classe moyenne qui trinque. Le train de vie en France est trop disparate car beaucoup de personnes ârichesâ profitent aussi du systĂšme, nous ne savons pas vraiment Ă qui est reversĂ© cette Ă©conomie. Aucune transparence nâexiste rĂ©ellementâ. Il garde lui parfois ses petits-enfants.
Comme quoi beaucoup de travailleurs font appel Ă leur famille en premier lieu et jouent Ă la dĂ©brouille comme une journĂ©e de travail dite ânormaleâ. Au delĂ de la sectorisation du privĂ© ou du public, nây a-t-il pas un rĂ©el problĂšme dâuniformisation de cette journĂ©e de solidaritĂ© ?
Que va rapporter cette journée de solidarité ?
Selon une info AFP : âCette annĂ©e, le gouvernement table sur une Ă©conomie de 2,42 milliards d'euros, une somme destinĂ©e Ă la prise en charge des personnes ĂągĂ©es.â
La journĂ©e de solidaritĂ© est un jour de travail supplĂ©mentaire non-rĂ©munĂ©rĂ© effectuĂ© chaque annĂ©e par les salariĂ©s en vue de financer des actions en faveur de l'autonomie des personnes ĂągĂ©es ou handicapĂ©es. InstaurĂ©e par la loi du 30 juin 2004 votĂ©e suite Ă la canicule de l'Ă©tĂ© 2003, la journĂ©e de solidaritĂ© devait, Ă l'origine, avoir lieu le lundi de PentecĂŽte. Ces dispositions ont depuis Ă©tĂ© assouplies puisqu'elle peut avoir lieu un autre jour. Le gouvernement rĂ©flĂ©chit, dâailleurs, Ă une seconde journĂ©e de solidaritĂ©.
Dans lâĂducation nationale, lâarrĂȘtĂ© du 4 novembre 2005 fixant la journĂ©e dite « de solidaritĂ© » pour les personnels relevant du MEN (ministĂšre de lâEducation nationale) dispose :
« Une journĂ©e, le cas Ă©chĂ©ant fractionnĂ©e en deux demi-journĂ©es, est consacrĂ©e hors temps scolaire Ă la concertation sur le projet (...) dâĂ©tablissement (âŠ) Ă la concertation sur le projet de contrat dâobjectif (...) ainsi quâĂ la dĂ©finition dâun programme dâaction en faveur de lâorientation et de lâinsertion professionnelle des jeunes.
Sa date est dĂ©terminĂ©e (...) dans le second degrĂ© par le chef dâĂ©tablissement aprĂšs consultation des Ă©quipes pĂ©dagogiques. »
La note de service 2005-182 du 7 novembre 2005 (BOEN n°43 du 24-11-2005) prĂ©cise les modalitĂ©s dâapplication et le contenu de cette journĂ©e de travail gratuit.