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Bruno Genesio, le mal aimé (Le Progrès : https://olplus.fr/0daOW)

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Fresh powder beckoned 16 expert skiers and snowboarders into the backcountry. Then the snow gave way.

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Pop de sous-sol Grandaddy.
Le mois dernier a eu lieu un Ă©vènement dans le milieu de la pop. Rock En Seine annonçait la programmation de sa 10e Ă©dition anniversaire. La liste se dĂ©roule et elle est tape-Ă -l’oeil. Au beau milieu d’innombrables artistes dont le nom rĂ©sonne bien davantage, ma rĂ©tine bloque pourtant sur le moins clinquant d’entre eux, et s’embrume. Grandaddy. Pourquoi s’arrĂŞter sur Grandaddy quand le festival annonce The Black Keys, Foster The People, Noel Gallagher ou encore Little Dragon ?  Il est probable que ce nom ne vous dise rien. Pourquoi? Parce que ce groupe appartient Ă la caste des hommes de l’ombre de l’histoire de la musique populaire. Toujours injustement mĂ©sestimĂ©, dans la quĂŞte perpĂ©tuelle de la pop song parfaite Grandaddy s’est finalement dĂ©chirĂ© dans l’insuccès en 2006… Laissant une discographie Ă la manière d’un trĂ©sor enfoui derrière eux, culte pour les heureux qui ont eu la chance de mettre une oreille dans l’engrenage…  Comment vous conter Grandaddy ? Comment vous faire comprendre la puissance d’une Ĺ“uvre qui n’est soutenue que par la gracile simplicitĂ© d’un homme banal, Jason Lytle, qui se dĂ©livre en pop songs. Il n’y a aucun Story Telling autour de Grandaddy. Rien n’est glamour, rien ne peut constituer cette petite anecdote qui facilite le travail du journaliste pour pondre un article tout fait sur un artiste dont on ne fait que relayer ce dont on entend parler. L’histoire de Grandaddy, c’est un tue-l’amour. Â
 Jason Lytle, leader et âme de ce groupe vient de Modesto en Californie, pas de Los Angeles ou de San Francisco parce que cela ça serait trop Ă©vident. Jason n’est pas nĂ© dans la musique, elle n’est pas sa passion première, Il y est venu par dĂ©faut lorsque, en 1992, une blessure au genou a mis fin Ă sa carrière professionnelle de skater. Il accorde pourtant la mĂŞme dĂ©votion Ă ces deux disciplines, la quĂŞte d’un Ă©quilibre des sens et marquer une identitĂ© dans une forme presque codifiĂ©e qu’est le format d’une pop song ou un trick de skate.  A l’origine entourĂ© du bassiste Kevin Garcia et du batteur Aaron Burtch, la première sortie du groupe est une cassette autoproduite. EnregistrĂ©e dans le studio auto-construit de la maison familiale de Jason : Complex Party Come Along Theories parait en avril 1994. En 1995, le guitariste Jim Fairchild est incorporĂ© au groupe, rejoint par le claviĂ©riste Tim Dryden.Un premier EP, A Pretty Mess by This One Band sort en 1996. C’est en 1997 que sort leur premier album Under The Western Freeway. Premier bijou pop ciselĂ© de claviers, oĂą figure un hit : AM 180. 8bit transposĂ© dans des nimbes de compositions qui rendent leur noblesse Ă un gimmick pop. Pas assez pour marquer les esprits. On y voit un brouillon, une Ĺ“uvre en maturation. Un truc Ă parachever…Â
C’est le 29 mai 2000 que paraĂ®t cette dite Ĺ“uvre. The Sophtware Slump, Jeu de mot sur l’expression commune des journalistes musicaux, the sophomore slump, pour parler du syndrome du deuxième album ratĂ© des groupes sur lesquels on mise.Â
 The Sophtware Slump est une Ĺ“uvre aussi fragile qu’intelligente, elle s’ouvre sur une ode sublime, vĂ©ritable morceau de bravoure de 8 minutes, chef d’œuvre oĂą des nappes de claviers rĂ©pondent Ă des subtilitĂ©s acoustiques portĂ© par une voix lumineuse bien que chargĂ©e d’émotion. He’s Simple, He’s Dumb , He’s The Pilot, c’est l’Ave Maria de l’homme moderne, postulat visionnaire de l’entrĂ©e dans les annĂ©es 2000, plus subtil et innovant que la majeure partie des productions que connaitra cette dĂ©cennie. Le morceau propulse, avec mĂ©lancolie, dĂ©jĂ , le nouveau millĂ©naire. A 3 Minutes 40’ on entend la mĂ©lodie 8 Bit de AM180, dĂ©jĂ trouble et noyĂ©e dans la nouvelle dimension musicale de Grandaddy. Un album d’un autre temps, que la mĂ©moire rappelle pour effacer.  Oxymore musical, He’s Simple He’s Dumb He’s the Pilot parvient Ă superposer tristesse et joie. Faussement enthousiaste, le morceau s’effondre dans un sanglot au milieu de son parcours, animĂ© par la peur de la perte des valeurs d’un univers dĂ©jĂ anticipĂ© comme numĂ©rique et dĂ©nuĂ© de sens, comme l’évoque le titre de l’album, Sophtware. Ou, plus tard, la comptine Ă venir dans l’album Jed The Humanoid, narrant le dĂ©cès d’un petit robot devenu alcoolique de solitude. Visionnaire, et troublant de sincĂ©ritĂ© candide.   Et la critique ne s’y trompe pas,  Le noble journal The Independant affirme ainsi qu’il est « facilement l’équivalent de Ok Computer ». Lors d’un concert au Bowery Ballroom Ă New York, Le groupe trouve en descendant de scène, un certain David Bowie, dans leur loge, venu leur tĂ©moigner son admiration. Et tel une groupie Ă©tait Ă nouveau prĂ©sent au concert suivant dans cette mĂŞme ville. Au rayon des parrainages de prestige, c’est un autre orfèvre pop au destin aussi romanesque que tragique qui s’arrĂŞte sur la pĂ©pite musicale qu’est Grandaddy. Elliott Smith, pas moins, embarque le groupe dans sa tournĂ©e, et le rejoint mĂŞme sur scène chaque soir pour chanter le dernier couplet de He’s Simple He’s Dumb He’s the Pilot. Â
Pourtant la translation de création qui pousse Jason Lytle à inventer un personnage qui souffre de ses maux, révèle l’immense mal être du maître d’un Prométhée musical et technologique. Jason Lytle sombre dans la cocaïne et conduit son propre groupe à sa perte. En 2002 sort un album brillant, Sumday , superproduit pop, aussi faussement lumineux et joyeux qu’intriguant, arraché des nimbes des neurones blessés de Jason, comme un miroir qui se doit d’être déformant. Un disque dont il est particulièrement fier.  Et puis, un dernier disque,  Just Like The Fambly Cat, que le groupe achève en étant déjà en vérité séparé. Déjà , en parralèle, des journalistes le supplie de quitter Modesto avant qu’il y laisse sa vie. Coupé du monde et des autres membres du groupe, Jason Lytle se réfugie dans une solitude qui le ronge. Le groupe se sépare, la musique ne parvenant à subvenir à leurs besoins.  Malgré un album solo et une escapade sous le nom d’Admiral Radley, Jason Lytle n’a jamais pu renouer avec la beauté évidente des compositions de son premier groupe.  Et puis la lecture de ce communiqué, "Grandaddy se reforme pour une série limitée de concerts cette année". On pourrait jaser sur une ambition pécuniaire dans la chose, mais quelqu’un s’est déjà chargé de communiquer à ce sujet, je ne citerai que le label Turnstile"Fuck Stone Roses reunion. Let's give Grandaddy some money".  Grandaddy, c’est l’histoire d’un groupe arrivé trop tôt ou trop tard, dont l’œuvre, quoique assez similaire dans la recherche sonore, a été occultée par le succès éclatant de RadioHead. Un miracle pop qu’il vous faut découvrir. The Sophtware Slump est un des plus grands disques des années 2000 dans lequel vous devez sombrer. Vous comprendrez alors seulement La joie enfantine qui a été la mienne lorsque j’ai su que je pourrais voir Grandaddy en concert, Et le sourire de Jason, Peut être…
Boom Bap Rap, Versant Fr
   Un peu de chauvinisme Ă prĂ©sent puisque notre bonne vieille France peut elle aussi se targuer d’une certaine reprĂ©sentation dans ce genre. Elle est en effet le second pays le plus prompt Ă coucher des lignes de rimes sur des loops de piano après les Etats Unis.   Attention Ă l’amalgame toutefois, le Hip-Hop en France a dĂ©veloppĂ© sa propre identité et s’illustre par la musicalitĂ© de sa langue et de ses Ă©volutions qui s’avèrent Ă©pouser Ă la perfection la forme stylistique des 16 mesures et autres trisyllabiques du Hip-Hop.   Peut-on parler  dès lors d’un Boom Bap Ă la française ? Dans une approche musicale,  faire du Flow un instrument Ă part entière, exploiter Ă l’extrĂŞme les richesses rythmiques et de sonoritĂ©s appartient bien Ă l’esthĂ©tique Boom Bap. Or quelques MC’s ont marquĂ© irrĂ©mĂ©diablement la langue à grand renfort de Kick et fait chanter le français comme le Boom Bap tape.    L’une des plus belles preuves de cette assimilation est sans doute le mythique EP que la Cliqua sort en 1995, le bien nommé Conçu pour Durer. Le flow, la langue sont alors au centre de tout. Les instrumentaux sont minimalistes afin de laisser les imposants dĂ©bits de Aarafat, Daddy Lord C, Kohndo, Rocca et Raphael occuper l’ensemble de l’espace sonique.  Culte, cet EP est un concentrĂ© de ce que l’on pourrait oser appeler le Boom Bap Ă la française. Dans Ma TĂŞte (Voir vidĂ©o en bas de l’article) est une perle poĂ©tique formulĂ©e en couplets scandĂ©s par cette clique d’orfèvres linguistiques.Â
Morceau d’envergure universelle, issu de la B.O., enregistrĂ©e pour l’occasion, de Ma 6-T Va Crack-er, film de Jean-François Richet, Ill et Cassidy, le duo formant X-Men, couchent de leur plume deux couplets tout en name-dropping Ă la musicalitĂ© impressionnante.   La recherche rythmique correspond Ă cette primautĂ© de l’oralitĂ© dans le Hip-Hop. CodifiĂ©e, la langue doit sonner autant qu’elle signifie. Les jeux de langue mettent en exergue l’intimitĂ©, particulièrement vivace en Hip Hop, entre forme et fond.  Morceau politique pour un film qui l’est tout autant, le message est magnifiĂ© par le fait que la poĂ©sie est ici comme pour Verlaine : « De la musique avant toute chose ».   Retour Aux Pyramides, reprĂ©sente l’archĂ©type de l’adĂ©quation entre forme et fond, ce vers quoi a toujours tendu l’esthĂ©tique Boom Bap, mise en avant musicale d’un effort littĂ©raire.Â
Le Boom Bap, cette longue plage instrumentale destinĂ©e Ă ĂŞtre le support de l’affrontement des rimes aiguisĂ©es de MC’s, est concubine du  freestyle, qu’il soit improvisĂ© ou qu’il permette au MC de poser ses couplets dans un temps, d’épauler son flow.  « Freestyler »est une donnĂ©e capitale du MCing. Dans la lignĂ©e du Boom-Bap, c’est donc une composante du Rap Français. Souvent Ă©phĂ©mères, pas nĂ©cessairement destinĂ©s Ă ĂŞtre enregistrĂ©s ou associĂ©s Ă des passages radio (les auditeurs de Nova de longue date sauront de quoi nous parlons ici), les Freestyles n’ont pas la pĂ©rennitĂ© d’un track sur un album, qui marque d’ailleurs latransition de MC Ă Rappeur.  Seulement parfois la magie s’opère, quand la fine fleur du rap français se retrouve micro contre micro sur un mĂŞme track, on tient lĂ un « freestyle d’enculĂ© », Oxmo Puccino, Ill, Cassidy, Booba, Ali, Pit Baccardi, Hi-Fi, Hill –G, rĂ©unis sur un track, ou la langue n’est qu’un outil rythmique, un instrument de plus jouĂ© par des virtuoses, qui rivalisent de trouvaille sonores sur lesquelles l’instru se recroqueville. La Magie des Bidons veulent des guidons (voir vidĂ©o au bas de l’article). Du grand art.Â
Autre rĂ©fĂ©rence incontournable, docteurs ès Rap, Les Sages Poètes De La Rue, soit l’union des alchimistes du verbe que sont Dany Dan, Melopheelo et Zoxea. Les compères sortent en 1995, Qu’est ce qui fait marcher les sages, un album important dans sa revendication esthĂ©tique, rĂ©solument Old School. Les Sages Po’ signent leurs propres instrumentaux, et installent leur avalanche de mots dans une optique rythmique prononcĂ©e, qui en dĂ©pit d’influence jazzy reste intemporellement mĂŞlĂ© Ă l’esthĂ©tique Boom Bap. Sans verser dans la nostalgie, Ă©coutez le Bon Vieux Temps (vidĂ©o en bas de l’article).Â
 Car de nostalgie il n’est point question, le Boom Bap pourrait ĂŞtre assimilĂ© Ă une Ă©poque rĂ©volue, beaucoup pleurent le soi-disant dĂ©cès du rap français, on a vu des T Shirts fleurir arborant « Le Rap c’était Mieux Avant » et un certain nombre de « Puristes » me tomberont dessus Ă la lecture de cet article.  Mais j’estime que la langue subsiste  et que la rime ne meurt jamais. Erudits et talentueux, une avant-garde de MC’s au style fin et Ă la rime fat sait regarder le passĂ© en dressant leur Bic vers le futur.  Loin des surproductions autot(h)unĂ©es, des vrais savent que les mots font le Hip-Hop, que la rime est une science, et que gratter une page blanche reprĂ©sente une bonne dose de sueur.  Illustres reprĂ©sentants de ces valeurs, Fixpen Sill, un combo de MC’s originaires de Nantes qui font perdurer un idĂ©al poĂ©tique dans des lignes recherchĂ©es, construites et lourdes de sens, porte-voix d’une gĂ©nĂ©ration qui n’a pas grands chose de plus que les anciens qui trempaient la plume dans un encrier empli de ressentiment.  Plongez, pour clore cet article dans un retour vers le futur, un track tout en puretĂ©, sans artifices et sans fioritures, du vrai fuckin’ Boom Bap. Une production simple mais parfaite, un beat, un kick et la rime qui s’envole « loin dans les nuages », pour moi c’est fait, pour vous c’est 3 Minutes (voir vidĂ©o ci-dessous) pour convaincre.Â
Boom Bap Rap, US Side
Comment expliquer ce hochement de tête incontrolable sur un instrumental hip-hop où un sample s’anime d’une lourde basse? Comment expliquer ce curieux ressenti en demi-teinte que procure une boucle groovy dans laquelle se noient les rimes acides de MCs ? C’est cet oxymore esthétique qui justifie à lui seul le succès de ce mouvement musical. Il s’agit bien là des racines du Hip Hop, le mouvement des origines, aujourd’hui souvent associé à ces images vintage et ces couleurs délavées d’attroupement encagoulé sur fond de murs graphés des clips de la naissance d’MTV. Ce son, cet état d’esprit, a un nom, trop souvent méconnu, il s’agit du Boom Bap.   Le Boom Bap pourrait par un raccourci facile être tout simplement associé aux origines du Hip Hop, où il était omniprésent mais il s’agit d’une véritable identité au sein d’un mouvement polymorphe (danse, graf’, Mcing) qu’une oreille instruite sait reconnaitre.   Le Boom Bap c’est l’association d’une basse, bien sûr, mais surtoutd’un kick de grosse caisse, et d’un snare ainsi que d’un Hi-Hat, trois éléments de la batterie (Cliquez ici pour une démonstration Youtube) généralement mis en avant lors de l’enregistrement pour qu’ils répondent fortement à la basse. Le terme Boom Bap, dérive alors de l’onomatopée assez facilement compréhensible du « Boom » de la grosse caisse auquel répond le « Bap » du snare.    C’est du moins ainsi que les saints patrons du Hip Hop, j’ai nommé A Tribe Called Quest, qualifient ce genre dans leur track We Can Get Down issu de leur album Midnight Marauders, paru en 1993 où l’on retrouve ces lignes :    (Retrouvez la vidéo en fin d'article) "With a kick, snare, kicks and high hat/  Skilled in the trade of that old boom bap/"
 Le Boom Bap caractérise donc les sonorités du Roots Hip Hop, dérivé du freestyle, aux longues plages instrumentales, où la batterie officiait comme un métronome permettant aux MC’s de rivaliser par 16 bars interposés. Le son Boom Bap est souvent associé à une certaine nostalgie de cette période. Si l’on peut retrouver des instrumentaux boom bap dans l’ensemble de la production Hip Hop aux Etats Unis, ses racines et ses plus grands représentants gravitent autour de New York City, et notamment sa figure de parrain, avec KRS-ONE.  KRS-ONE est considéré comme l’un des véritables pionniers du Hip Hop. Son premier album,  Criminal Minded, paraît en 1987, issu des réflexions politiques de son adolescence de sans domicile fixe, il fait de ses rimes des couteaux tranchants, décrivant le quotidien dans lequel il est immergé. C’est cette passion irrépressible qui le pousse à gratter puis poser des couplets pour soulager le poids des mots qui pèsent sur son coeur. Véritable référence pour toute une génération de MC’s, en 1993, qui pour beaucoup marque encore les prémices du Hip Hop, Krs One est déjà un vétéran et se permet une certaine nostalgie, en sortant un album The return of the Boom Bap, arguant d’un premierrevival bien plus avant-gardiste que les tee shirts « le rap c’était mieux avant » des années 2000. Morceau éponyme, Return Of The Boom Bap est on ne peut plus explicite en matière d’instrumental. Minimaliste elle laisse le champs libre au flow imparable de celui qu’on apelle le « T’cha ».
Le Boom Bap c’est donc une affaire de DJs, qui commencent à adopter ce rythme de batterie qui donne la mesure et à le travailler pour en faire une production originale, identifiable comme un track sur lequel Un Mc pourra poser ses textes afin de devenir un morceau à part entière.  Le messie dans ce domaine s’appelle DJ Premier, le vrai représentant du son East Coast par opposition aux Low riders de la West Coast et leurs lignes de synthés. Tous les plus grands MC’s de New York ont travaillé avec Premier : Mobb Deep, Notorious B.I.G, Nas, Jay-Z et même KRS-One, Blaq Poet, Kool G Rap ou encore  D.I.T.C.  Mais le Hip Hop c’est l’alchimie entre le rythme du beat et le débit du Flow, le talking est un instrument à part entière qui fait s’envoler le Boom Bap dans la vraie musicalité, une portée de piano samplée, et le flow devient le quatrième élément de batterie du Boom Bap. Keep It Real Yo! Gotta Keep It Real Yo!
Le Boom Bap, dans sa simple définition rythmique semble être juste un métronome, mais comme pour le Hip Hop en général il est teinté d’un spirit, est connoté quelque peu East Coast, et surtout Old School dans son processus créatif, puisque les Synthés, le Dirty South à la Lil Wayne, l’autotune et les productions électroniques l’ont supplanté aujourd’hui. Le Boom Bap c’est donc l’esprit Old School, une vision du MCing a l’ancienne. Et au cœur de celui-ci, couplée à la technique, figure la rime soulignant la performance technique mais mettant en avant la musicalité de l’artifice de langage qu’est le rap.  Et le roi de la rime, selon mon humble avis, est Big L, MC magistral, toisant toute la concurrence depuis la Danger Zone, la partie la plus chaude du Harlem où il est né et a été assassiné en 1999. Big L a signé un album au succès commercial réduit à sa sortie, (Lifestylez ov da Poor & Dangerous paru en 1994 chez Capitol) mais élevé au rang de culte pour les backpakers, ces érudits du rap Underground. Archange du Rap conçu comme véritable forme poétique, Big L paraphe des couplets à la musicalité imparable, et un album qui résonne encore aujourd’hui, où déjà le Jeune Jay’Z posait ses premieres Verses, pour exploser ensuite. PUT IT ON BIG L , PUT IT ON!
Mais Le Boom Bap n’est pas mort, la gĂ©nĂ©ration internet a fini par contourner les impositions culturelles homogènes et dictatoriales,Youtube a façonnĂ© de nouveaux adeptes du rap comme exercice de style, Ă l’instar de Mac Miller, ce MC de 19 ans originaire de Pittsburgh qui vient de rĂ©ussir l’exploit d’être le premier album de Hip Hop indĂ©pendant Ă ĂŞtre Ă N°1 Ă sa sortie depuis Dogg Food de Tha Dogg Pound en 1995. Tout un symbole, revenir aux racines par un rap maĂ®trisĂ© et dont l’auteur connait les ficelles et a lu l’histoire. Vrai revival et vĂ©ritable talent, C'est en revenant Ă ses racines que le Hip Hop s'est renouvelĂ©. Ici un extrait de sa mixtape pour ses fans Twitter. Real Hip Hop Don’t Eva Die.Â