Le jour où j'ai quitté Facebook
Si je l'ai fait, c'est pour moi. Parce que je ne trouvais plus ce que j'étais venu y chercher au début. La centaine d'amis que j'estimais déjà disproportionnée par rapport à ma réalité s'est transformée en 300 vagues connaissances dont la vie quotidienne me passionnait aussi peu qu'une pistache vide. Ma curiosité est devenue un stalking malsain sur les faits et gestes des gens liés virtuellement à moi, ainsi que leurs potes, leurs exs, ma famille, et même le dernier mec que je rencontrais sur Tinder (et qui aurait pu être potentiellement un psychopathe en puissance). J'étais capable de citer la dernière écoute de l'un, les likes de l'autre tout en dessinant un tableau Excel des liens d'amitiés de chacun. Bref, je saturais de trop d'informations, à chercher laborieusement celles qui m'intéressaient au milieu des autres dont je me foutais royalement. J'étais active sans l'être, connectée en permanence mais en ne postant quasiment plus rien. Où plutôt si, je postais et je modifiais. Et si je ne récoltais pas assez de likes au regard de ma merveilleuse production longuement peaufinée, je le supprimais purement et simplement. J'ai effacé au fil du temps beaucoup des choses que je voulais oublier, comme si le fait de ne plus les voir les rendait inexistantes. J'ai compris que non et j'ai regretté l'irréversibilité J'avais lissé mon profil comme on fait croire que sa vie va bien en surface, mais ce n'était plus moi. Voila où j'en étais: au fond du gouffre des possibilités de Facebook.
Alors oui, je l'admet, c'est utile pour les évènements, pour les "tu fais quoi?" entre deux bouchées de pizza, pour les commentaires inutiles mais drôles et pour les conversations de groupe sans fin dont tu extirpes parfois une info croustillante ou un rendez-vous apéro. Mais pas assez malgré tout pour m'avoir convaincu d'y rester. Pour le moment.
Car non, je ne dis pas que je ne réactiverai pas mon compte, je pense même que j'y reviendrais forcément dans les prochaines semaines. Mais pour le moment, je suis bien sans. Dans une vie moins virtuelle et plus sincère, avec des gens qui prennent la peine de composer un numéro pour proposer une soirée, un date ou fêter un anniversaire (sans blague, bloquez vos murs ces jours là. REALLY). Bref, toutes ces choses qui se perdent un peu à et qui me commençaient à me manquer.
Sans rancune Facebook, on restera les meilleurs ennemis du monde.















