Zalem
Atahualpa Yupanki Lui savait chanter la misĂšre sociale lui savait chanter la terre en sueur Mon campesino Ă moi traine dans les rues Se bourre la gueule dans les squats Et mate la marche assurĂ©e des actifs grisonnants J'dĂ©ambule la nuit dans Zalem et la haine Nâenflamme pas les yeux des SDF qui traĂźnent En prĂ©ambule de ce poĂšme je formule un vĆu Une tente MSF pour chacun dâentre eux VĆu pieu pour les uns Lieu commun pour les autres Façon d'se disculper ce quâon est bien chez les nĂŽtres BlasĂ©s de la misĂšre visible qui partagez Le clichĂ© du clodo qui refuse le boulot sachez Quâau bout du rouleau yâa pas de magot cachĂ© Yâa pas de complot de prolos qui en veulent Ă vos euros Pour les marmots fauchĂ©s entrĂ©s en rĂ©volte AprĂšs la mort pour rien de deux potes sous les volts Deux mots rassurent le bobo « TolĂ©rance zĂ©ro ! » rappelle Sarko Zorro LibĂ©ral sans attelles qui martĂšle les cerveaux Et qui ne tape pas que sur les nerfs des mecs du Cluedo Quand il essaie le mot karcher et mesure son Ă©cho Avocat de Neuilly ! Avoue que tâas la trique dis Ta matraque dans le slip trahit tes envies de fric Le pouvoir du costard chic et lâagenda bien rempli Nâont rien Ă voir avec la rĂ©publique des accros au jaja Pas de famille pour celui-lĂ Que le souvenir du trauma Trois fous virent dans le coma Suite au combat⊠livrĂ© pour la goutte ! En plein aprĂšs-midi Les gueules cassĂ©es cassent la croĂ»te au milieu du carbone Et leurs corps dâhommes meurtris sont si loin Du mien mieux portant je me sens bien Loin si loin de tous mes voisins les spectres urbains Pour eux souvent pas de choix pas de voie de sortie Et pas lâenvie de trouver un meilleur toit que le pont de Bercy En face des colonies marginales le bĂ©ton de lâĂ©conomie dâEtat Triste cĂ©sure spatiale Risque de suicide social Les deux extrĂȘmes du Capital se matent par-delĂ la Seine La cour des miracles Toujours la mĂȘme claque Mais lâhabitude de dire non de compter les moignons Dâenjamber les culs-de-jatte Parfois ma tĂȘte Ă©clate Parfois ma tĂȘte Ă©clate Rien Ă voir pourtant Avec le temps qui suit celui des conflits Quand le deuil en sĂ©rie se substitue aux tueries Aujourdâhui moins de traces moins de mutilĂ©s dans les rues Plus aucun poilus tĂ©moin du bal des obus Et pourtant qui supporte de parler avec ceux dont le corps annonce la mort ? Avec ceux dont le sort est de cumuler l'vĂ©cu ? Dans la rue On sâhabitue si bien Ă la vue des indigents On ne les distingue plus trĂšs bien du reste des gens On force le pas quand le cĆur ne suit pas Zalem ! CitĂ© dĂ©cadente sous la fiente des pigeons mutants Capitale brassant mille rĂȘves diffĂ©rents OĂč chaque jour la faim dâun enfant croise un caprice de Cadillac Fang Shih Yu














