Connaissez-vous lâhistoire de la fille qui allait faire de la randonnĂ©e en montagne avec son sac Ă main ?
Ca se passe en automne, saison que je regarde arriver du coin de lâĆil, Ă la fois contente de voir les arbres rougir et mĂ©fiante quand au vent et Ă la pluie qui sâamĂšnent. Lâautomne reprĂ©sente Ă la fois la promesse des fĂȘtes traditionnelles et la menace pesante dâun hiver qui finira par arriver.
Au lieu de me rĂ©fugier sous ma couverture, je dĂ©cide de prendre le problĂšme Ă bras le corps et dâaffronter les tempĂ©ratures en baisse. Changeons un peu dâair, direction le New Hampshire pour le traditionnel et pas si touristique leaf-peeping. Il sâagit dâadmirer les arbres rougeoyant, comme en feu, en prenant de la hauteur pour contempler la rĂ©gion riche en forĂȘts. DâaprĂšs quelques lignes lues par-ci par-lĂ et ce quâon me dit de notre programme, je nous imagine conduire jusque dans les hauteurs du New Hampshire oĂč nous nous arrĂȘterons Ă quelques mĂštres du bord dâune falaise dâoĂč la vue sera imprenable (= je vais prendre plein de photos). Jây Ă©tais presque. A ce dĂ©tail prĂšs que le parking Ă©tait Ă deux kilomĂštres du sommet et que la randonnĂ©e ressemblait presque Ă de lâescalade.
Notre rĂ©veil matinal paie lorsquâon comprend quâon est les premiĂšres et que le chemin (boueux) est tout Ă nous. ArrivĂ©e en haut, je nâen mĂšne pas large, jâai trĂšs froid, jâai un peu faim mais ça vaut le coup. Finalement, peu de photo, je prĂ©fĂšre ranger mes mains dans mes bottes pour ne pas perdre un doigt (je nâavais pas le bon manteau non plus). Un peu surprises de voir encore autant de vert, et malgrĂ© un long dĂ©bat, on n'arrive pas Ă se mettre d'accord ; est-on arrivĂ©es une semaine trop tĂŽt ou un jour trop tard ? MalgrĂ© le vent glacial on reste admirer la vue, « parce quâon nâa pas fait ça pour rien ». Puis commence le moment le plus drĂŽle ; la descente. Non pas que je ne me suis pas dĂ©brouillĂ©e comme un chef, Ă sauter gracieusement dâun rocher Ă lâautre entre les sapins et les ruisseaux. Mais en croisant les randonneurs qui montaient Ă leur tour, avec leurs grosses chaussures, leur sac Ă dos et leur bĂąton de montage, je me suis trouvĂ©e un peu bĂȘte avec ma tenue de citadine et mon manteau manches trois quart.
Quelques heures et un passage par les outlets de Boston plus tard (mais qui va faire du shopping aprĂšs une randonnĂ©e en montagne ?), je rentre Ă la maison, vidĂ©e de toute mon Ă©nergie mais contente comme tout. Un pumpkin bread vient dâĂȘtre sorti du four. Câest ça aussi une journĂ©e dâautomne aux USA.Â