Nous avons tous eu ce genre dâexpĂ©rience consistant Ă lire un nouveau mot ou un nouveau nom dans un livre, puis Ă le re-rencontrer Ă plusieurs reprises. Lâexplication conventionnelle est que de tels noms ont toujours fait partie de notre environnement, mais quâune fois que nous les avons remarquĂ©s nous sommes alors sensibilisĂ©s Ă les relever maintes fois ici et lĂ . Pour Kamerer cependant, ces faits allaient au-delĂ du pur hasard et pointaient vers un principe universel de sĂ©rialitĂ©.Â
Il dĂ©finissait la sĂ©rialité comme une «rĂ©pĂ©tition, ou une concentration, formĂ©e Ă partir dâune loi, dans lâespace et dans le temps, au sein de laquelle les individus impliquĂ©s - autant quâune analyse peut le certifier - ne sont pas reliĂ©s par les mĂȘmes sources agissantes». [...]
De mĂȘme que les astĂ©roĂŻdes sâamassent dans lâespace sous lâinfluence de la gravitĂ©, Kamerer fit lâhypothĂšse que les Ă©vĂ©nements fortuits surviennent eux aussi par grappes. Câest comme sâil suggĂ©rait quâun Ă©vĂ©nement montre des affinitĂ©s pour dâautres Ă©vĂ©nements , non reliĂ©s causalement, qui partagent une certaine forme ou un certain modĂšle dâensemble. [...]
Kamerer a ainsi fourni un argument en faveur de lâexistence dâune mosaĂŻque ou dâune harmonie sous-jacente Ă la nature - un modĂšle qui serait « le cordon ombilical, reliant la pensĂ©e, les sentiments, la science et lâart avec la matrice de lâunivers qui leur donne naissance ».Â