Interview : J.C. SatĂ n (FR)
Nous sommes le 14 mars et il est environ 20h lorsque je retrouve les J.C. SatĂ n au Romandie. Je me rĂ©jouis, mais comme toujours lorsque je rencontre mes groupes favoris, je suis un peu nerveuse. Pourtant, au milieu de toutes les bouteilles dâalcools forts posĂ©e sur la table des loges, la conversation dĂ©marre trĂšs vite. Au fur et Ă mesure de lâinterview, je me rend compte que les J.C. SatĂ n - Ă travers leur sens de lâhumour et leur franchise - sont avant tout dĂ©vouĂ©s Ă leur art et extrĂȘmement honnĂȘtes. Rejoignez-nous alors que nous parlons de leur vie Ă Bordeaux, de la recherche de leur style musical si particulier, de leur album Centaur Desire, de lâenfer, et bien plus encore.
Je me souviens de la premiĂšre fois oĂč je vous ai vus jouer, câĂ©tait en premiĂšre partie de Ty Segall Ă lâUsine PTR. JâĂ©tais avec une amie, qui ne connaissait aucun des deux groupes. Je lui ai demandĂ© qui elle avait prĂ©fĂ©rĂ© aprĂšs le concert, et elle a rĂ©pondu J.C. SatĂ n !
Arthur : Eh bé ! Ăa commence bien cette interview en tout cas ! On enverra lâinterview Ă Ty aprĂšs ! (rires)
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Pour apprendre Ă vous connaĂźtre un peu mieux, je voulais savoir Ă quoi ressemblait votre vie Ă Bordeaux lorsque vous nâĂ©tiez pas en train de tourner.
Arthur : Hmm⊠ça dĂ©pend un peu des moments, quand on a des thunes, quand on nâen nâa pas⊠(rires) Ca peut Ă©normĂ©ment changer. En ce moment, on nâen a pas du tout par exemple, parce quâon ne touche quasiment plus lâargent de rien. Du coup, par la force des choses je reste vachement plus chez moi. Mais du coup je dessine, je tatoue des gens, des trucs comme ça. Je ne veux pas devenir tatoueur, ni bosser dans des salons, mais je le fais parce que cela fait bientĂŽt 7 ans que je dessine et que je sais le faire. Je dĂ©panne des gens qui ne veulent pas forcĂ©ment aller chez des vrais tatoueurs. Mais quand on a des sous on sort souvent, on aime bien faire la fĂȘte.
Romain : On enregistre des groupes aussi.
Arthur : Oui câest vrai, jâavais oubliĂ© ça ! (rires) Avec Dorian, on enregistre souvent des groupes. Câest vrai quâon commence Ă le faire de plus en plus. Mais sinon ça se rĂ©sume assez Ă une sorte de chĂŽmage Ă lâaise ! (rires) Tranquille.
Paula : Moi, je travaille dans un resto associatif. Du coup, quand je suis Ă Bordeaux jâessaie de travailler le plus possible. Sinon je reste aussi Ă la maison, je vois mes copines ou je vais Ă la salle de sport⊠Une vie normale quoi.
Arthur : AprĂšs, souvent on sort beaucoup. Mais comme lĂ on tourne le weekendâŠ
Paula : Oui, comme on joue un peu plus et quâon a moins de sous, on reste Ă la maison ou on travaille. Gaspard travaille aussi.
Gaspard : Je travaille Ă lâopĂ©ra de Bordeaux.
Eh, ça a lâair cool !
Romain : Câest gĂ©nial ! Câest un boulot, mais fantastique hein !
Gaspard : Je place les gens. Je dis « bonjour, ce sera sur votre droite. »
Arthur : Du coup, ses cheveux dépeignés là - en vrai il est pas du tout comme ça !
Romain : Il a failli ĂȘtre virĂ© Ă cause de ses cheveux !
Gaspard : Oui, jâai reçu des mails et tout.
Paula : Bah, ils ont raison quand mĂȘme ! (rires)
Gaspard : Du coup je suis en costard-cravate et ça fait marrer tout le monde.
Romain : Ben moi je glande la majoritĂ© du tempsâŠ
Romain : Non mais je ne fais rien de spĂ©cial. Mais pareil, jâai une vie Ă peu prĂšs normale.
Paula : En plus câest celui qui a le plus de sous ! (rires)
Arthur : Oui, il a des sous de cĂŽtĂ© de ouf ! En fait câest un peu le prince, il sâen fout.
Romain : Je sais gĂ©rer mon argent, câest tout !
Je voulais aussi parler de Centaur Desire, et de votre maniĂšre dâĂ©crire. A-t-elle Ă©voluĂ© au fil des annĂ©es ? Jâai trouvĂ© que lâalbum sonnait de maniĂšre plus⊠propre ?
Arthur : Je dirais, de plus en plus définie. Je ne dirais pas « propre ».
Paula : Mais aussi propre. Parce quand tu mets pleins dâeffets sur les choses, tu as lâimpression que câest un peu plusâŠ
Arthur : Oui, mais pour quelquâun qui enregistre un disque, ce nâest pas du tout propre en vrai. âPropreâ pour moi, câest la grosse prod. LĂ , câest pas une grosse prod, câest du lo-fi dĂ©fini je pense. Câest-Ă -dire quâĂ lâĂ©poque au dĂ©but, on enregistrait Ă lâarrache. On se branchait direct dans des ordis et il nây avait mĂȘme pas dâamplis ni de batterie. Donc câĂ©tait vraiment super Ă lâarrache, mais câĂ©tait les seuls moyens quâon avait. Au fur et Ă mesure, on augmente les moyens quâon a et on chope du matos. AprĂšs nous, on a toujours aimĂ© produire. Produire, ça ne veut pas dire-
Romain : Surproduire. (rires)
Arthur : Nan, mais ça ne veut pas dire chercher la qualitĂ©. Ca veut dire mettre en avant des idĂ©es dâĂ©criture. Des fois ça passe par la recherche dâun type de son, des fois ça passe par la compression- par plein dâeffets Ă la con dans le studio. Nous, on sâest Ă©quipĂ©s petit Ă petit avec du matos qui a permis de dĂ©finir les idĂ©es quâon avait dans les disques dâavant, tu vois ? Donc pour moi, câest plus prĂ©ciser ce quâon a toujours aimĂ© faire plutĂŽt que de le rendre propre.
Oui, je vois ce que tu veux dire. Par propre, je voulais juste dire quâon entendait mieux chaque instrument par rapport Ă vos dĂ©buts par exemple.
Arthur : Oui exactement, mais il y a plein de gens qui le pensent. Câest pour ça que câest bien de le dire. Je nâaimerais pas que les gens se mettent en tĂȘte quâentendre mieux les instruments, ça veut dire commencer Ă ĂȘtre trop producteur- câest pas vrai. Ce quâon veut faire, câest comme lorsquâon a de la terre glaise : au dĂ©but câest quelque chose de brouillon, et on le taille de mieux en mieux. Ce quâon fait en ce moment, câest faire apparaĂźtre les mĂ©lodies qui sont lĂ depuis le dĂ©but dans nos disques, quâon entendait moins parce quâavant câĂ©tait un peu couvert par une prod Ă lâarrache, des trucs comme ça. Câest plus un travail de sculpteur que de balayeur.
Paula : Câest un peu comme- au dĂ©but, quand on avait des idĂ©es pour des morceaux câĂ©tait un peu tout le temps la mĂȘme chose. On avait des mĂ©lodies avec une base assez pop, et une construction quand mĂȘme assez recherchĂ©e, et ça depuis le dĂ©but. Mais au dĂ©but, tu nâes pas trop capable de lâenregistrer, ni trop capable de la chanter en ce qui me concerne. Du coup, câest enregistrĂ© un peu moins bien, avec des moyens diffĂ©rents de ceux dâaujourdâhui â on a des micros plus chers par exemple â et vu que tu nâes pas sĂ»re de ta voix, tu rajoutes des effets, de la reverb, du delay, des choses comme ça. AprĂšs aujourdâhui, câest vraiment la mĂȘme chose sauf que tu Ă©volues- tu enregistres un peu mieux, tu as de meilleurs micros. Mais Ă la base câest tout le temps des mĂ©lodies et de la pop.
Arthur : Oui, super pop et super mĂ©lodique. Mais lĂ oĂč elle a raison câest aussi quâavec le temps on chante et on joue un peu mieux⊠câest de la pratique. Tu commences Ă pouvoir faire ce que tu as dans la tĂȘte de plus en plus facilement on va dire.
Paula : Du coup tu assumes un peu plus ce que tu fais, et tu mets moins dâeffets.
Arthur : Câest un grand mal du garage on va dire, le fait de souvent tomber dans les clichĂ©s avec ce genre dâeffets- le fait dâessayer de constamment mettre des Ă©chos sur la voix, de la rĂ©verb. Câest devenu un espĂšce dâeffet scolaire quoi ! Tout le monde lâa utilisĂ©, alors que je pense que câest quelque chose qui vient Ă la base de la maladresse des premiers groupes qui lâont utilisĂ©. Tu tâen sers pour placer ta voix de maniĂšre un peu jolie dans le mix. Câest devenu un automatisme, alors quâil y a des gens qui ne sâen rendent pas compte, qui ont des super belles voix que tâas envie dâentendre. DerriĂšre ces effets, ils oublient quâils sont en train de grandir, de sâamĂ©liorer. Cela leur permettrait de proposer autre chose. Câest pas obligĂ© bien-sĂ»r, mais ils peuvent proposer autre chose. Nous on a essayĂ© dâexplorer ça en tout cas.
Oui, je voulais en parler aussi. Et aussi sur le fait de vous dĂ©finir. Jâai lâimpression quâau fil des albums, il y a toujours une ligne qui fait que vous avez votre propre style musical. On arrive Ă reconnaĂźtre la ligne J.C. SatĂ n ! (rires)
Arthur : Câest cool que tu dises ça. Ăa fait du bien de lâentendre !
Paula : Oui, il y a des morceaux oĂč les gens disent « ah oui, ça câest vraiment du J.C. SatĂ n. »
Arthur : Câest mon rĂȘve quâon reconnaisse lâĂ©criture du groupe.
Romain : Oui, je pense quâon a quand mĂȘme rĂ©ussi Ă - justement, câest pour cela quâon a eu tendance Ă sâĂ©carter de la scĂšne garage, câest quâon trouvait que dans cette scĂšne il y avait beaucoup de groupes qui avaient tendance Ă toujours repomper les mĂȘmes sons. Sans vouloir les critiquer, mais je crois que nous, on nâa jamais vraiment cherchĂ© Ă faire cela.
Arthur : Je pense que dĂšs le dĂ©but, on a acceptĂ© le chemin quâil y avait entre le grand Ă©cart du garage indĂ© dans lequel on a appris Ă jouer ensemble, Ă tourner etc., et les influences musicales quâon avait qui Ă©taient plus mainstream, plus nineties. Des trucs Ă la Breeders ou Queens of the Stone Age quâon cite souvent, qui sont moins acceptĂ©s dans le domaine du garage indĂ©pendant. On a acceptĂ© de se trouver au milieu de cela, et le milieu câest peut-ĂȘtre lĂ oĂč ça ressemble Ă J.C. SatĂ n ! LĂ oĂč il y a beaucoup de gens qui prĂ©fĂšrent appartenir Ă une scĂšne parce que câest plus rassurant, oĂč Ă embrasser complĂštement autre chose parce que ça touche plus de gens, je pense quâon a acceptĂ© de faire le chemin au milieu de tous ces trucs.
Câest intĂ©ressant ce que tu disais au sujet des groupes qui se copient entre eux. Il y a longtemps, jâavais fait une petite interview avec Mac Demarco par mail (ndlr: par ici, je commençais Ă peine), avant quâil nâexplose. Le son de guitare chorus quâil utilisait nâĂ©tait pas encore rĂ©pandu comme aujourdâhui. Je lui ai demandĂ© si ce son Ă©tait volontaire, et il mâa rĂ©pondu quâen fait il ne savait pas vraiment ce quâil faisait en enregistrant, mais quâil avait trouvĂ© ça cool. Du coup il lâavait gardé ! Maintenant suite Ă son succĂšs tout le monde utilise cette guitare chorus.
Arthur : Exactement, câest lâun des meilleurs exemples que tu puisses donner. En plus ça a suivi Ă fond ! Et justement, ça fait un peu hippie de dire ça mais le problĂšme câest que les gens se rassurent en suivant un bon exemple, alors que Mac Demarco, tout ce quâil a fait câest Ă©couter ce quâil avait dans la tĂȘte, et en Ă©crivant le morceau il sâest dit « câest le son qui correspond le mieux Ă ce que jâai dans la tĂȘte », et tac il le met ! Le truc, câest quâaujourdâhui il y a largement assez de moyens et dâeffets dâordinateur pour mettre en avant les idĂ©es que tu as dans la tĂȘte et trouver des choses Ă©tonnantes. Et ce qui est un peu terrifiant, câest de voir que les gens ne prennent pas cette peine au moment dans le monde oĂč câest le plus facile de le faire quoi. Il suffit de se brancher Ă un ordi et en 4 secondes tu as tous les sons de lâunivers ! Les gens prĂ©fĂšrent suivre une voie quâun mec a dĂ©couvert seul.
Paula : AprĂšs, pour commencer je trouve que câest normal. Quand tu es un peu jeune, câest normal de suivre. Tu te dis « câest un gĂ©nie ! ».
Arthur : Mais ça me rappelle quand jâĂ©tais chez Gaspard et quâon avait Ă©coutĂ© ce groupe des annĂ©es 90, Teenage Fanclub. Personnellement, je nâaime pas du tout ce groupe, mais je ne savais pas quâils Ă©taient aussi vieux ! Et je me disais « ils ont copiĂ© les trucs des 90s », alors que le disque Ă©tait de genre 89-90. En fait câĂ©tait vraiment des pionniers quoi ! (rires) Ce qui est terrifiant, câest quâune fois que tout le monde suit ça, malheureusement le gĂ©nie qui a eu la bonne idĂ©e dâavoir ce truc propre Ă lui qui est unique, il nâexiste plus quoi. Il appartient lui-mĂȘme Ă la scĂšne quâil a engendrĂ©e, il est noyĂ© lĂ -dedans. Câest dommage.
Romain : Ouais, donc on a notre son J.C. SatĂ n, sauf quâon a pas encore la scĂšne autour ! (rires)
Paula : Nous on ne lâa pas fait, on ne laisse pas les autres nous copier hein !
Je voulais aussi parler de ma chanson prĂ©fĂ©rĂ©e sur lâalbum, Complex Situation. Quelle est lâhistoire derriĂšre la chanson ?
Paula : Le texte parle dâune personne qui tue quelquâun. Du coup, il commence Ă avoir des voix dans la tĂȘte. En fait, il y a une personne qui dit « Complex Situation under control », jâai tuĂ© quelquâun mais tout va bien. Et le refrain, câest la voix dans la tĂȘte qui dit non, « youâre guilty ». Câest la mĂȘme personne en fait. Et câest pour cela que ça devient de plus en plus tendu, elle se rend compte quâelle devient folle. Et Ă la fin, elle dit Ă cette voix dâarrĂȘter de lui parler « you canât talk to me ».
Arthur : Câest cool que tu lâaimes bien, parce que du coup ce morceau câest vraiment un hors-piste. ComparĂ© Ă la plupart de nos morceaux oĂč il y a des solos de guitare et tout, lĂ on voulait partir sur quelque chose oĂč il nây avait pas de guitare. La partie oĂč il nây a pas de guitare, câest lĂ oĂč est le cĆur du morceau. Et on voulait faire un truc un peu plus technoĂŻde, on a fait un son de batterie plus particulier, plus Ă©crasĂ©. Qui a lâair plus Ă©lectro je trouve. On se demandait un peu ce que les gens pouvaient en penser, mais il y a plein de gens qui lâaiment bien en rĂ©alitĂ©. Et on le joue aussi sur scĂšne, mais ce nâĂ©tait pas un morceau Ă©vident Ă faire pour nous. On Ă©tait toujours sur des grosses guitares quoi !
Si vous deviez enregistrer un album dans un endroit pas du tout rĂ©aliste, que choisiriez-vous entre la lune, le macdo et lâenfer ?
Dorian : Il nây a pas de son sur la lune !
Arthur : Moi je choisirais le Macdo, parce que câest un peu lâenfer ! (rires) Ou je choisirais lâenfer, parce que lâavantage câest que vu que dans ma tĂȘte ça nâexiste pas, je pourrais en faire ce que je veux ! Je pourrais crĂ©er le studio le plus classe de la terre.
Dorian : Tu lâappellerais « LâEnfer ». (rires) Hyper ringard.
Paula : Avec lâingĂ© son lucifer lĂ , mĂ©ga ringard !
Gaspard : Sur la lune, câest quand mĂȘme lĂ oĂč ce serait le plus joli. Tu peux te faire un studio lĂ -bas.
Arthur : Mais la lune, on sait comment câest. Lâenfer, tu ne sais pas. Je suis curieux, je prĂ©fĂšrerais un endroit oĂč je ne saurais pas ce que ça va donner !
Paula : Pas au Macdo, câest sĂ»r.
Arthur : Le Macdo câest moche. Il faut ĂȘtre Ă lâaise dans lâendroit oĂč tâenregistres. La prochaine fois quâon enregistre, jâaimerais bien aller dans un endroit classe, cosy. Je choisis quand mĂȘme lâenfer, mais je trouve ça cliché !
Enfin, si vous pouviez donner un conseil aux jeunes J.C. SatĂ n dâil y a 8 ans, que leur diriez-vous ?
Arthur : Je lui dirais « ne change rien du tout, tâes super ». (rires) Je suis dĂ©solĂ©, mais je suis hyper fier de la maniĂšre dont on Ă©volue ! MĂȘme si on aurait pu tenter des choses oĂč aller plus vite lĂ oĂč on est avec ce quâon a fait, je trouve quand mĂȘme important quâon ne se soit pas prĂ©cipitĂ©s. LĂ oĂč on est aujourdâhui, câest que parce quâon est partis dâĂȘtre nuls, en aspirant Ă devenir les meilleurs possibles. Et de la maniĂšre la plus naturelle qui soit, câest-Ă -dire en trimant, en tournant comme des fous, en rencontrant plein de gens et en se faisant des potes. Et on est quasiment redevables quâĂ nous-mĂȘmes et Ă quelques personnes qui ont misĂ© sur nous.
Paula : Il nây en a pas eu beaucoup !
Arthur : Je dirais aux J.C. SatĂ n : Soyez patients. ArrĂȘtez de croire quâil faut brĂ»ler des Ă©tapes, parce que câest pas vrai.
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