Petite fable affableDeux taupes partageaient le ver de lâamitiĂ©Et papotaient : la voix est libre chez ces aveuglesSurtout quand on a un ver dans le nez, Ă moitiĂ©Bide ou Ă moitiĂ© rein : « Ah mon amie, meugleLa plus vieille, jâai peut-ĂȘtre une courte vue Mais ma mĂ©moire, je le crois et le crains, est longue.On nâte voit guĂšre, quoique tu sois bienvenue,Parmi les nĂŽtres en nos bonnes fĂȘtes imprĂ©vuesNi en nos banquets prĂ©parĂ©s de plus longue date ?- Câest, mĂȘme si ce nâest pas un choix des plus heureux,Que je mâaime ermite quand trop de gens candidatentĂ se vouloir « populaires » chez ces culs-terreuxQui sont de notre belle famille : on les inviteDe force forcĂ©e quand passer pour un importunMâindispose, alors je reste lĂ et tout Ă©vite.- Ne tâen dĂ©plaise, tu es pourtant chez nous « quelquâun »,Et si te faire rare te rend plus cher aux dames,Tu nous manques Ă tous, rendant fort ternes nos soirĂ©esâŠQui nâen sont pas moins nombreuses. Ne fais pas un drameDe si peu,⊠et goĂ»te moi cet apode moirĂ©âŠRien ne casse comme ce ver en ce bas monde !Si câest quitter ton logis qui te gĂȘne, on pourraitVenir ici avec nos joies, nos chants et nos rondes :Tu sais recevoir comme nulle autre en la contrĂ©e !- Sans façon ! Je nâaime ni le bruit ni ces apĂŽtresSaccageant le logis oĂč ils font amusement,Car, souvent, si âQui peut se tenir seul sait comment Rester en sociĂ©tĂ©â, las, lâinverse est tout autre ! »© Christian SatgĂ© - septembre 2019












