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đ„đđčđŽ @haitilegends . 2 Janvye, ''Jou zansĂšt yo'' Voici la vraie signification du 2 janvier, jour des AĂŻeux Par EMMANUEL MOĂSE YVES (Ayibopost) Un jour consacrĂ© Ă ceux qui ont combattu pour lâindĂ©pendance⊠et Ă la bonne chĂšre ! Sous lâempereur Faustin 1er, la Constitution de lâempire consacrait la date du 2 janvier comme fĂȘte nationale en lâhonneur de Jean Jacques Dessalines. Mais cette date est devenue le jour des AĂŻeux lors de la cĂ©lĂ©bration du centenaire de lâIndĂ©pendance dâHaĂŻti en 1904, rapporte lâhistorien haĂŻtien Pierre Buteau. Le prĂ©sident dâalors, le gĂ©nĂ©ral Nord Alexis, a pris cette dĂ©cision pour vĂ©nĂ©rer la mĂ©moire de tous ceux qui ont vaillamment combattu pour la libertĂ© du pays. « Câest aussi la fĂȘte du marronnage, dĂ©diĂ©e Ă tous les marrons du systĂšme esclavagiste qui ont perdu leur vie en voulant combattre les colons. Cette date vĂ©nĂšre aussi lâĂąme des anciens TaĂŻnos qui ont voulu rĂ©sister et combattre les colons envahisseurs », raconte pour sa part lâhistorien haĂŻtien Jean Ledan fils. Au lendemain du 1er janvier 1804, les fondateurs de la patrie tentaient de rĂ©glementer lâarmĂ©e et le systĂšme foncier du pays. « Lâempereur Jean Jacques Dessalines avait pris deux importants dĂ©crets ce jour-lĂ . Le premier concernait les costumes des militaires, et le second portait sur le mode dâaffermage des biens », fait savoir Jean Ledan fils. Un bras de fer La cĂ©lĂ©bration du centenaire dâHaĂŻti sâest dĂ©roulĂ©e sur fond de crise en 1904. Ălu lors des joutes Ă©lectorales du 21 dĂ©cembre 1902 face Ă son adversaire politique AntĂ©nor Firmin, le gĂ©nĂ©ral Nord Alexis utilisa lâarmĂ©e pour dĂ©barrasser le pays des firministes. Les partisans dâAntĂ©nor Firmin ont Ă©tĂ© chassĂ©s et le sociologue a dĂ» prendre le chemin de lâexil pour sauver sa peau. . LIRE LA SUITE LINK TO BIO FACEBOOK HAĂTI âLEGENDS #HaitianAncestorsDay #Haitilegends #Haiti #HugoValcin #JouzansĂštyo #2janvye #2janvier #January2 (at AYITI) https://www.instagram.com/p/CYRJyuNL8M_/?utm_medium=tumblr
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Prix Deschamps 2021
Luis Bernard Henry, Prix Deschamps 2021
Le Prix Deschamps 2021 est dĂ©cernĂ© au roman « La petite fille bleue » de lâĂ©crivain Luis Bernard Henry. Originaire de la ville des Cayes, cet Ă©tudiant en philosophie et en sciences politiques, ĂągĂ© de 24 ans, est devenu le plus jeune rĂ©cipiendaire de ce prix, considĂ©rĂ© comme le Goncourt haĂŻtien.
Publié le 2021-11-19 | lenouvelliste.com
«Comment nommer lâĂ©motion que je ressens en ce moment ? Câest un mĂ©lange de beaucoup de choses : Ă la fois une grande euphorie et une satisfaction intense. Ce prix annonce un aboutissement et un commencement. Lâaboutissement dâune parole intime portĂ©e par mes absents, ma grand-mĂšre et deux de mes amis dâenfance, qui mâont laissĂ© rĂ©cemment. Et câest, je lâespĂšre, le commencement dâune Ćuvre qui se veut un dialogue profond et sincĂšre avec lâautre ». Ce sont les rĂ©actions Ă chaud de notre nouveau Prix Deschamps, joint au tĂ©lĂ©phone par le Nouvelliste.
Ămotion. GaietĂ©. Surprise incroyable. Lâheure est Ă la joie pour Luis Bernard Henry, qui nous parle de son rapport avec la littĂ©rature : « La littĂ©rature est un espace dâaltĂ©ritĂ© par excellence. Câest le premier domaine qui mâa fait rĂ©flĂ©chir sur ce que des hommes peuvent faire Ă dâautres, sur lâimportance des espĂ©rances, des rĂȘves et des blessures quâils portent. Mon rapport Ă la littĂ©rature commence avec lâenfance, la littĂ©rature comme cri du monde et des autres. »
NĂ© aux Cayes le 3 aoĂ»t 1997, Luis Bernard Henry est un ancien du CollĂšge FrĂšre Odile Joseph et du CollĂšge La Providence de sa ville natale. PassionnĂ© de littĂ©rature dĂšs son enfance, il frĂ©quente la bibliothĂšque de lâInstitut pour la promotion et le dĂ©veloppement de lâĂ©ducation et de la culture (IPDEC) et dĂ©couvre Jacques Roumain, Jean Fernand BriĂšre, Jacques Stephen Alexis, Jean MĂ©tellus, James Baldwin, Albert Camus... tout un monde littĂ©raire!
Il a commencĂ© Ă lire Ă 16 ans. Il Ă©tait en classe de seconde/secondaire II, le jour oĂč Mme Prisca CĂ©liscar, sa professeure de littĂ©rature, lui a recommandĂ© sa premiĂšre lecture : ''Zoune chez sa ninnaine'' de Justin LhĂ©risson. Depuis lors, les livres sont devenus une vraie passion pour lui. Quand on lui demande quâest-ce quâĂ©crire? il rĂ©pond : « Luis Bernard Ă©crit pour habiter le monde et toucher les individus dans leur part secrĂšte et intime. La littĂ©rature est une parole. Une parole esthĂ©tique. Une parole pour aller Ă la rencontre de lâautre ».
Luis Bernard a Ă©tĂ© longtemps fascinĂ© par les histoires que lui racontait sa grand-mĂšre, la nuit. « Je viens dâune ville de province. On passait souvent nos soirĂ©es assis aux pieds des adultes Ă Ă©couter des histoires de Maitre-minuit, des lĂ©gendes dâhommes et des dieux, qui mâont appris Ă me mĂ©fier du rĂ©el. Câest ma grand-mĂšre qui racontait les histoires. Et les grand-mĂšres ne mentent jamais ». Un roman fantastique, son livre alors ?
« La petite fille bleue ». Selon lâauteur, le texte part de deux questionnements : Quelle part de nous est Ă lâautre ? Et quâest-ce que la violence peut faire des hommes ? Le prĂ©texte ? Une jeune journaliste souhaite faire un livre ; elle est hantĂ©e par la mĂ©moire de son enfance et des absents. Lâenfance, lâabsence, la violence sont les thĂšmes principaux quâaborde le rĂ©cit. « Jâai Ă©crit ce roman pour reprendre un dialogue que jâai interrompu avec moi-mĂȘme, interrompu Ă cause de certains drames intimes. Ce texte sâinscrit dans la filiation des auteurs qui me portent, de cette grande idĂ©e communiste que la terre peut ĂȘtre Ă tous les hommes. Ce prix me permet donc de reprendre avec moi-mĂȘme ce dialogue urgent sur mes convictions politiques et mes convictions dâhomme. »
Prix Littéraire Henri Deschamps
Signalons que le Prix littĂ©raire Henri Deschamps a Ă©tĂ© créé en 1975 par les membres du Conseil dâadministration de la sociĂ©tĂ© « Maison Henri Deschamps Les Entreprises Deschamps-Frisch S.A.» en mĂ©moire du fondateur de lâentreprise. Le Prix, qui porte le nom de Henri Deschamps (nĂ© Ă Poitiers, en France, le 5 fĂ©vrier 1897, et dĂ©cĂ©dĂ© Ă Port-au-Prince, en HaĂŻti, le 12 octobre 1958), fondateur de la Maison Henri Deschamps, est destinĂ© Ă rĂ©compenser une Ćuvre de grand public.
Pour cette Ă©dition, le jury Ă©tait composĂ© des membres suivants : Ăvelyne Trouillot (PrĂ©sidente), Marie Laurence Jocelyn LassĂšgue (SecrĂ©taire gĂ©nĂ©rale), Evains WĂȘche, Rhoody Attilus, Emmelie ProphĂšte, Ronald C. Paul et FĂ©dia Stanislas.
Auteur: Marc Sony Ricot
#HaitiLegendsLittérature
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HaĂŻti Legends ''Sa Nou Dwe Konnen''
Jean Emmanuel Jabouin '' Premier Trompettiste du Compas Direct''
Biographie
Louis Carl St-Jean.
De son vrai nom Jean Emmanuel Jabouin, TalĂšs a vu le jour Ă la Croix-des Bouquets le 24 juin 1930. Il est le fils du Cayen Emmanuel Jabouin, ancien fonctionnaire de lâadministration publique, et dâIndiana Victor, originaire de la Croix-des-Bouquets. Ă lâĂąge de 3 ans, TalĂšs est frappĂ© par la fiĂšvre typhoĂŻde, qui le laisse avec une lĂ©gĂšre paralysie des jambes. Peu aprĂšs sa guĂ©rison (vers quatre ou cinq ans), il commence Ă manifester un intĂ©rĂȘt pour la musique. Non sans rire, il raconte: « Je prenais plaisir Ă mâasseoir sur la « manoumba » lorsque les troubadours qui venaient se produire presque toutes les fins de semaine dans la cour de la maison de mes parents prenaient leur pause⊠Ces exĂ©cutants eux-mĂȘmes prenaient plaisir Ă me regarder pincer les lames de cet instrument qui Ă©tait plus grand que moi. »
En 1937, la mĂšre de TalĂšs dĂ©mĂ©nage et sâinstalle avec son fils Ă la rue du Champ-de-Mars, presque au coin de la rue de lâEnterrement, au cĆur du Morne-Ă -Tuf. La maison voisine est celle des Ă©poux Augustin Baron oĂč se produit souvent le lĂ©gendaire pianiste et musicien François Alexis Guignard (dit PĂšre Guignard). En cours de semaine, il fabrique, avec des tiges de papaye, des saxophones quâil joue, assure-t-il, avec la plus grande joie pour les voisins. En octobre 1941, TalĂšs est admis Ă lâEcole Centrale des Arts et MĂ©tiers oĂč il apprend la musique et la trompette sous la direction du maestro Augustin Bruno.
En juillet 1947, TalĂšs, frais Ă©moulu de la Centrale, fait ses dĂ©buts avec lâEnsemble Anilus Cadet, dont le QG se trouve Ă la rue de lâEnterrement, en face de lâHospice Saint François de Sales. Il joue alors Ă cĂŽtĂ© de Fritz Ferrier, dâIssalem « Sonson » Bastien et dâautres exĂ©cutants quâAnilus recrutait au besoin. En septembre 1949, TalĂšs occupe lâun des dix pupitres du Jazz des CaraĂŻbes. Câest cet orchestre, montĂ© par Issa El Saieh, qui, en fĂ©vrier 1950, accompagne Daniel Santos, Estela « Tete » Martinez et dâautres stars latinoamĂ©ricaines de passage au « Simbie Night Club », au « Vodou Night Club » et dans dâautres boĂźtes de nuit port-au-princiennes. Nous tenons de lui cette confidence pour le moins Ă©tonnante: « Câest au sein de lâOrchestre des CaraĂŻbes que je peux retracer mes meilleurs souvenirs sur la scĂšne musicale⊠» AprĂšs la dislocation de ce dixtuor, TalĂšs sâassocie de nouveau au groupe dâAnilus Cadet, qui obtient le deuxiĂšme prix du carnaval de 1951 pour la mĂ©ringue « BĂšl carnaval ». (Le premier prix a Ă©tĂ© dĂ©cernĂ© Ă TI-TA-TO.)
Ă la mĂȘme Ă©poque, TalĂšs, Emmanuel Duroseau fils (piano), Montfort Jean-Baptiste (contrebasse), Louis Denis (batterie) et Marcel Jean (tambour) vont prĂȘter leurs talents Ă Guy Durosier, qui, sur la recommandation dâIssa El Saieh, dirige lâEnsemble Tabou, le sextette de lâHĂŽtel Rivoli (PĂ©tionville). Au cours de la mĂȘme pĂ©riode, TalĂšs accompagne dans les quatre coins du pays le troubadour Nicolas « Candio » Duverseau, grand chantre du magloirisme. Il joue aussi dans dâautres groupements dâoccasion qui animent des pique-niques dominicaux et des soirĂ©es dansantes organisĂ©es le plus souvent par Stanislas Henry et Antoine Dextra Ă Carrefour Marin, commune de la Croix des Bouquets.
Ă la fin de 1951, TalĂšs adhĂšre Ă lâOrchestre Atomique Junior, montĂ© par Nemours Jean-Baptiste aprĂšs sa sĂ©paration de lâOrchestre Atomique. Au cours de lâannĂ©e 1952, le groupe de Nemours est dissous. ImmĂ©diatement le bouillant maestro est appelĂ© Ă diriger lâOrchestre Citadelle. LorsquâHector Lominy se sĂ©pare de cet orchestre, TalĂšs y est engagĂ© pour seconder Jean MoĂŻse. VĂ©ritable bĂ»cheur, Nemours met sur pied parallĂšlement un petit groupement pour « faire la cĂŽte », selon lâexpression de lâĂ©poque. Avec DĂ©rico (chanteur), Webert Sicot (saxophone alto), GĂ©rard Dupervil (trompette), son frĂšre Montfort Jean-Baptiste ou parfois Augustin Fontaine (contrebasse), Hilaire ou parfois « Bibiche » (batterie) et dâautres musiciens, il sillonne par monts et par vaux les coins et recoins de la RĂ©publique, spĂ©cialement pour animer des fĂȘtes champĂȘtres.
En novembre 1953, TalĂšs prend le chemin du Casino International et sâassocie au Conjunto Panamerican dirigĂ© par le trompettiste Emile D. DuguĂ©. Il Ă©volue alors aux cĂŽtĂ©s dâUlysse Cabral (chanteur), Julien Paul (contrebasse), Charles Dessalines (saxophone alto), Gabriel Dasque (tambour), etc. Environ six mois plus tard, TalĂšs sâĂ©carte de ce groupe pour aller remplacer Kesnel Hall dans lâOrchestre Atomique, placĂ© alors sous la baguette du pianiste Robert Camille. Il y passe moins de six mois et regagne lâOrchestre Citadelle pour succĂ©der Ă Gesner Domingue.
Vers la fin de 1954, Nemours Jean-Baptiste, toujours maestro de lâOrchestre Citadelle, fonde le Conjunto International. Pour lâaider Ă Ă©gayer les clients des restaurants dansants de Jean Lumarque, dont lâun Ă Kenscoff, lâautre Ă Carrefour, il invite plusieurs musiciens, dont TalĂšs Ă la trompette, Ă participer dans cette merveilleuse aventure : DĂ©rico (chanteur), Mozart Duroseau (accordĂ©on), Montfort Jean-Baptiste (contrebasse), Webert Sicot (saxophone alto), parfois Gary Labidou (saxophone alto) et Kreutzer Duroseau (tambour). Le 22 mars 1955, aprĂšs les travaux dâagrandissement et dâamĂ©nagement du night club « Aux Calebasses » Ă Carrefour, « Le Conjunto » devient officiellement « Ensemble Aux Calebasses ». Il convient de rappeler que la date du 26 juillet 1955 a Ă©tĂ© symboliquement retenue comme celle de la fondation de la formation musicale de Nemours Jean-Baptiste, ancĂȘtre, donc, du compas direct. TalĂšs en sera le premier et unique trompettiste jusquâĂ lâarrivĂ©e de Walter Tadal en 1956.
Lorsque, en septembre 1958, Nemours quitte « Aux Calebasses » pour aller se produire au « Palladium Night Club », de SĂ©natus Lafleur, il baptise son groupe de son nom: Super Ensemble Nemours Jean-Baptiste. « Alors, affirme TalĂšs, prendra naissance le compas direct », genre musical dont il a Ă©tĂ© lâun des grands artisans, de concert avec Walter Tadal, Raymond Gaspard, Julien Paul, Louis Lahens, AndrĂ© Boston et de bien dâautres musiciens. LĂ -dessus, il sied dâentendre la voix de TalĂšs pour mieux nous renseigner: « Quand on parle de compas direct, il faut avouer que Kreutzer Duroseau a Ă©tĂ© le vĂ©ritable catalyseur de ce mouvement ⊠Richard Duroseau reprĂ©sente lâĂąme mĂȘme du compas direct⊠» (Entrevue avec Louis Carl Saint Jean, 22 octobre 2005.)
Le 5 juillet 1964, le Super Ensemble Nemours Jean-Baptiste entame une tournĂ©e aux Etats-Unis. Le 22 septembre, date du retour du groupe en HaĂŻti, notre trompettiste, en parfait accord avec Nemours, fait ses adieux au compas direct. Il est remplacĂ© par le brillant trompettiste jĂ©rĂ©mien Emilio Gay. DĂšs le dĂ©but de lâannĂ©e 1965, TalĂšs entame sa carriĂšre aux Etats-Unis. Sur la recommandation de lâexcellent saxophoniste Charles Dessalines, il intĂšgre « Los Ases del Sesenta » qui jouent Ă Broadway Cafe, Myrtle Avenue, Brooklyn. Il y restera jusquâen mars â avril 1977. Moins dâun mois plus tard, il entre au Conjuto du chanteur cubain Monguito Guillan (dit « El Unico ») oĂč Ă©volue Ă©galement le contrebassiste Fritz Grand-Pierre. Par la suite, TalĂšs et Raymond Marcel jouent tantĂŽt avec ''Enrique Rosa y La Sabrosa'' tantĂŽt avec Johnny Dupre y su Orquesta Internacional. En 1980, TalĂšs met fin Ă sa carriĂšre musicale aprĂšs avoir passĂ© deux merveilleuses annĂ©es au sein du groupe du chanteur dominicain Rafael Batista.
Ă part dâavoir Ă©tĂ© un talentueux trompettiste, TalĂšs a Ă©galement Ă©tĂ© un analyste fin et lucide de la question musicale haĂŻtienne. Sâil reconnaĂźt en Nemours Jean-Baptiste « un maestro extraordinaire et un grand visionnaire », ses musiciens prĂ©fĂ©rĂ©s ont toujours Ă©tĂ© : Antalcidas O. Murat, Guy Durosier, Murat Pierre, Michel Desgrottes, Raoul Guillaume, Richard Duroseau et Webert Sicot. Dâailleurs, comme Nemours Jean-Baptiste lui-mĂȘme, TalĂšs a toujours vu en Antalcidas Murat « un maĂźtre ». En outre, il nâa jamais passĂ© par quatre chemins pour affirmer : « Je suis HaĂŻtien avant dâĂȘtre musicien [âŠ] CâĂ©tait un honneur pour moi dâavoir jouĂ© dans le groupe de Nemours pendant prĂšs de quinze ans. Cependant, je dois avouer que le Jazz des Jeunes Ă©tait, de loin, le plus grand ensemble musical du pays⊠Câest le Jazz des Jeunes qui jouait la vraie musique du pays... » (Entrevue avec LCSJ, 25 octobre 2005). Hubert François, Jean MoĂŻse, Alphonse Simon, Raymond Sicot et AndrĂ© DĂ©jean ont Ă©tĂ© ses idoles parmi nos trompettistes.
Si TalĂšs Ă©tait connu comme un trĂšs bon musicien, il jouissait aussi de la rĂ©putation dâun excellent pĂšre de famille. Tandis quâil menait sa carriĂšre de musicien, il a travaillĂ© comme barbier pendant plus de deux dĂ©cennies dans un salon de coiffure situĂ© Ă Sterling Place, Ă Brooklyn. Il a ainsi assurĂ© lâĂ©ducation de quatre merveilleux enfants que lui a donnĂ©s sa femme Denise FrĂ©dĂ©ric Jabouin quâil a Ă©pousĂ© en 1953: Reynald Jabouin, docteur en mĂ©decine (dĂ©cĂ©dĂ© Ă New York en janvier 2015); Patrick Jabouin, agent immobilier et docteur en ThĂ©ologie; Fanya Jabouin Monnay, docteur en thĂ©rapie conjugale et familiale et Jean Emmanuel Jabouin, Jr., MBA en Marketing.
AprĂšs avoir parcouru sans naufrage notre espace immense, TalĂšs se repose de ses Ćuvres merveilleuses depuis le 3 octobre 2015 au Forest Lawn Cemetery, Ă Fort Lauderdale, en Floride. Pour son Ă©mule Raymond Marcel: « TalĂšs repĂ©sentait le modĂšle de lâami fidĂšle... La sonoritĂ© suave de son jeu avait fait de lui lâun de nos meilleurs trompettistes. » De son cĂŽtĂ©, son ancien camarade Serge Simpson, deuxiĂšme accordĂ©oniste et premier et unique vibraphoniste du Super Ensemble Nemours Jean-Baptiste, a saluĂ© en lui: « Un homme dâun comportement exemplaire. Le jeu de TalĂšs Ă la trompette, poursuit Simpson, reflĂ©tait deux qualitĂ©s rarement rĂ©unis chez une seule personne: la discipline et la bonne humeur. J'ai toujours gardĂ© un grand respect pour ce musicien... » Puisse le nom de Jean Emmanuel Jabouin rester gravĂ© Ă jamais dans la mĂ©moire de tous ceux qui ont aimĂ© la musique haĂŻtienne en gĂ©nĂ©ral, le compas direct en particulier. Ce nâest quâun au revoir, TalĂšs! Ce nâest quâun au revoir!
Auteur:
Louis Carl Saint Jean
4 octobre 2015
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Lettre Ă Charles Obas
Un hommage devait ĂȘtre rendu au peintre Charles Obas dans le courant du mois dâoctobre Ă lâoccasion de la cinquantiĂšme annĂ©e de sa disparition soudaine et brutale sous le rĂ©gime de François Duvalier. Une exposition de ses oeuvres, un concert et lâannonce de la sortie dâun livre sur la vie de lâartiste Ă©taient prĂ©vus, mais chacun comprendra que la situation du pays nâa pas permis la rĂ©alisation de ce triptyque culturel. Les fils de Charles Obas: KlĂ©bert, Beethova, Alix, Longhy, Emmanuel sont dĂ©solĂ©s de cette annulation et espĂšrent que le devoir de mĂ©moire qui sâimpose ne sera que postposĂ©.
Lettre à Charles Obas, né le 10 février 1927, disparu au palais national le vendredi 31 octobre 1969.
Cher Charles,
Cinquante années se sont écoulées depuis ton acte insensé.
Oui Charles Obas, complÚtement insensé !
On tâappelait Ti Chal, mais Brayna, lâune de tes petites filles qui ne tâa pas connu tâappelle Papy Charles. Toute petite dĂ©jĂ , Beethova ton fils lui parlait de toi.
Tu aurais eu douze petits-enfants en ce XXIĂšme siĂšcle. Tu les aurais vu dĂ©filer, sauter sur tes genoux, sâemparer de tes pinceaux, et ils tâauraient regardĂ© peindre.
Pour sĂ»r, tu les aurais emmenĂ© manger des glaces comme tu lâas fait voilĂ bien longtemps dĂ©jĂ avec tes fils. Plus au Bicentenaire certes! La dĂ©cence mâempĂȘche de tâen dĂ©crire lâĂ©tat Ă lâheure actuelleâŠ
Tu y emmenais tes quatre fils. Oui, quatre Papy Charles, parce que le cinquiĂšme tu ne lâas pas connu ! Tu es parti, non ! Tu tâes fait assassiner un mois et trois jours avant sa naissance.
Mais quelle mouche tâa piquĂ© pour que tu dĂ©cides ce 31 octobre 1969 de tâattaquer Ă un homme qui, pour garder le pouvoir, tuerait les siens sans scrupule et sans Ă©tat dâĂąme ?
Et dis-moi, oĂč as-tu trouvĂ© cette force sachant que tu termineraisâŠ
Au fait, oĂč tâa-t-on emmenĂ© ? Qui tâa torturĂ© au Palais ? Qui tâa achevĂ© aprĂšs ton passage dans le bureau de François Duvalier ? «On» raconte que tu as sautĂ© par dessus le bureau, que tu as brisĂ© la « porte française » ! Tu tâes retrouvĂ© face Ă lâogre, tu lâas traitĂ© de NĂ©ron, dâassassin, lui rappelant entre autre quâil avait fait fusiller ton cousin Michel Obas, lâun des dix-neuf officiers exĂ©cutĂ©s le 8 juin 1967.
Mais papy Charles quâest-ce qui tâa pris ?
Point de rĂ©ponse jusquâĂ aujourdâhui, elle ne viendra pas de toiâŠ. Mais tes cinq fils, tous tes petits-enfants, ton frĂšre, ta sĆur, oui oui ils sont toujours vivants, tous savent que tu Ă©tais un ĂȘtre dâexception pour qui la dĂ©mocratie devait passer par ta mort.
Elle nâest pas vaine ta mort ! On se force tous Ă le rĂ©pĂ©ter, Ă le crier, pour ne pas pleurer tout notre saoul et surtout pour effacer de nos cĆurs tout sentiment de vengeance. Nous avons passĂ© au futur tes toiles qui racontaient dĂ©jĂ les dĂ©boires de cette nation dite libre et indĂ©pendante ! Ceux qui dĂ©tiennent tes Ćuvres dont nombreuses sont des chefs-dâĆuvre, ne savent pas pour la plupart quâĂ travers tes pinceaux tu dĂ©nonçais la dictature et ses horreurs. VoilĂ pourquoi tes toiles Ă©taient sombres pour la plupart. VoilĂ pourquoi, les pluies, les orages, les cyclones, les incendies tâinspiraient tant.
HaĂŻti brimĂ©e, HaĂŻti noyĂ©e, HaĂŻti inondĂ©e, HaĂŻti consumĂ©e, tes oeuvres racontaient tout cela tâĂ©vitant de hurler ta colĂšre.
Pourtant, elle a eu raison de toi. Un jour, aprĂšs une nuit blanche passĂ©e Ă prier, tu tâes rendu chez le dictateur pour lui dire face Ă face, Ă haute et intelligible voix ce que dâautres pensaient sans oser le direâŠ
Jâoffre donc Ă ces pages, le souvenir du grand homme que tu fus du haut de ta petite taille. Aujourdâhui il reste beaucoup de toi Ă transmettre au monde, Ă tous les amoureux dâart et de libertĂ©. Ils sont lĂ©gion heureusement. Je leur expliquerai ton histoire, je les enverrai revoir tes toiles silencieuses et pourtant si bavardes.
Je leur expliquerai que tu as donnĂ© ta vie dans dâatroces tortures, parce que tu croyais sans malice Ă une HaĂŻti libre !
Continue Ă vivre Ă travers les tiens Charles Obas, Ti Chal, Papy Charles. La Perle des Antilles est Ă©caillĂ©e, ses nuances irisĂ©es ont disparu, la voilĂ mĂ©connaissable et agonisante ! Ses enfants gĂ©missent, sâinsurgent et ne savent plus oĂč donner de la tĂȘteâŠ
Ne la regarde pas, ta main tremblerait, tes pinceaux ne pourraient la dépeindre.
Aujourdâhui encore, les manipulateurs sont parvenus Ă utiliser la fracture sociale pour faire exploser le volcan de lâinĂ©galitĂ©, fragmentant au passage toutes les strates de notre sociĂ©tĂ©, vouant Ă lâĂ©chec toute possibilitĂ© de dialogue. HaĂŻti se meurt Papy Charles!
En 2019, Cinquante ans aprĂšs ta mort, dâautres se sont fait tuer comme des lapins, parce que eux aussi dĂ©noncent la corruption, la misĂšre et lâinjustice. Tu leur as emboitĂ© le pas. Leur mort ne sera pas vaine, je lâespĂšre, je voudrais y croireâŠ
Je me dois aujourdâhui dâaccepter ce que mon pĂšre se plaisait Ă rĂ©pĂ©ter souvent: Il y a dans ce pays un complot permanent contre la qualitĂ© et lâĂ©volution.
Je ne tâai pas connu de ton vivant, pourtant tu es dĂ©jĂ venu te balader dans mes rĂȘves. Dâailleurs le livre que je te dĂ©die mâa plongĂ©e depuis presque une dĂ©cennie dans une recherche si profonde, que jâai lâimpression de bien te connaitre.
Cinquante ans ! Nul ne sait oĂč tu reposes mais jâai la certitude que ton Ăąme a trouvĂ© la sĂ©rĂ©nitĂ©. Tant pis pour tes bourreaux! Certains sont peut-ĂȘtre lĂ , dâautres se sont Ă©teints dans lâanonymat.
Toi, Charles Obas, tu appartiens désormais à la caste des Immortels.
Je tâembrasse Papy Charles. Paix sur toi.
Dominique Joseph Obas
Auteur: Dominique Joseph Obas
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