Fionn Cox-Davies created some stunning moves for HONNEs track Warm On a Cold night. Create piece.
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Un des traits singuliers de cet ouvrage est qu’il nous conduit de manière très progressive aux principes théoriques qui l’animent en réalité depuis le début. L’ordre de l’exposition théorique suit le rythme du récit, et ce n’est qu’à la fin de celui-ci que l’on peut enfin saisir dans toute sa consistance l’hypothèse avancée. Celle-ci est à la fois simple, et en partie contre-intuitive : les épidémies de grippe fonctionnent comme un révélateur de l’articulation fondamentale entre les sociétés et les animaux. On retrouve là une des préoccupations qui structurent de longue date le champ anthropologique, et qui ont récemment trouvé dans les travaux de Philippe Descola un prolongement décisif : les relations des groupes humains à ce qui leur est à la fois extérieur, et toujours inévitablement associé. Du fétichisme au problème totémique, et jusqu’à celui de la pensée sauvage, c’est là un des axes forts de l’anthropologie sociale française que F. Keck réactive de manière tout à fait originale et pénétrante. Mais prendre les épidémies comme fil conducteur pour penser ce lien ne va pas de soi. Cela suppose en effet de passer au delà de la simple question de la maladie, de ce en quoi elle affecte des corps et des représentations de soi, pour donner toute sa consistance à une question qui, du point de vue de l’expérience de la maladie reste toujours à l’écart : d’où vient l’infection, et comment a-t-elle été rendue possible ? En d’autres termes, si l’ouvrage de F. Keck appartient à ce que l’on appelle aujourd’hui « anthropologie de la nature », ce n’est pas, ou pas seulement parce que le virus nous affecte dans notre constitution naturelle, mais parce qu’il nous contraint à repenser notre rapport au monde naturel, et plus particulièrement animal.