Inconnu
Je revisite ce refuge oĂą ma jeunesse a embrassĂ© les rudes leçons de la vie. Ă€ vingt ans, entourĂ©e d'une passion dĂ©vorante, de compagnons loyaux, et d'une soif de mĂ©lodies. DĂ©fiant le monde, insouciante des jugements, sans souci du lendemain, mais riche des jours nouveaux, agile et guillerette, je gravissais les marches vers un petit havre sous les toits. Oh, comme on se sent Ă sa place, cachĂ©e dans un recoin modeste Ă vingt ans !Â
Ce n'Ă©tait qu'un modeste abri, et cela ne doit pas ĂŞtre oubliĂ©. LĂ se trouvait mon repos, prĂ©caire et austère; lĂ Ă©tait mon coin de vie; et sur les murs, je retrouve encore l'ombre des mots, vestiges de rĂŞves gravĂ©s. Que ressurgissent les Ă©clats de ma jeunesse, que le temps a si vite Ă©clipsĂ©s ! Pour eux, j'ai plus d'une fois troquĂ© le temps contre l'Ă©phĂ©mère. Oh, dans un recoin sous les toits, comme on se sent Ă sa place Ă vingt ans !Â
Elle devrait surtout surgir, vive et charmante, couronnĂ©e d'un chapeau dĂ©licat, accrochant son châle Ă la fenĂŞtre Ă©troite comme un voile improvisĂ©. Son vĂŞtement aussi habillait mon univers; que l'Amour garde la grâce de son envol ! Le temps m'a rĂ©vĂ©lĂ© le secret de sa parure. Oh, dans un recoin sous les toits, comme on se sent Ă sa place Ă vingt ans !Â
Un jour de festin, table entourĂ©e par la chaleur des voix amies, une joie s'Ă©lève jusqu'Ă nos coeurs. La victoire se chante au loin, un avenir de gloire se dessine. Nous acclamons les jours lumineux, croyant en un avenir invincible pour notre terre. Oh, dans un recoin sous les toits, combien on se sent Ă sa place Ă vingt ans !Â
Il est temps de quitter ce lieu où ma raison s'évade. Ah, que sont devenus ces jours tant chéris ? Je donnerais tout ce qui me reste pour revivre un seul de ces âges bénis. Pour rêver à nouveau d'amour, de gloire, de folie, de brûler la vie en quelques instants d'illusion, pour éclairer l'existence d'un espoir sans fin. Oh, dans un recoin sous les toits, comme on se sent à sa place à vingt ans !














