« Goldfinger » est le troisième film officiel de James Bond, réalisé par Guy Hamilton et sorti en 1964. Il est souvent considéré comme le film qui fixe définitivement la « formule Bond » : mission exotique, gadgets, voiture spectaculaire — l’Aston Martin DB5 —, méchant mégalomane et générique accompagné d’une grande chanson. Sean Connery y incarne James Bond face à Gert Fröbe, impressionnant Auric Goldfinger, avec Honor Blackman dans le rôle de Pussy Galore, Harold Sakata dans celui d’Oddjob et Shirley Eaton dans celui de Jill Masterson, la fameuse « femme en or ». L’intrigue conduit Bond à découvrir le projet de Goldfinger visant Fort Knox et les réserves d’or américaines. Le film est sorti en première mondiale à Londres le 17 septembre 1964.
La bande originale est elle aussi de 1964, composée par John Barry, qui signe avec Goldfinger l’une des partitions les plus emblématiques de toute la série. La chanson-titre est composée par Barry sur des paroles de Leslie Bricusse et Anthony Newley et interprétée par Shirley Bassey avec cette puissance vocale qui deviendra presque indissociable de l’univers de 007. Bassey reviendra d’ailleurs chanter deux autres génériques officiels de Bond, Diamonds Are Forever en 1971 et Moonraker en 1979.
Ce disque est particulièrement intéressant : il s’agit du super 45 tours EP français Columbia ESRF 1598, pressé en France par Pathé-Marconi et paru en 1964. Il comporte quatre titres : Goldfinger (2’48), Strange How Love Can Be, Gone et Your Love. Seul Goldfinger provient réellement du film ; les trois autres morceaux complètent l’EP Shirley Bassey. La pochette française, avec Shirley Eaton entièrement recouverte de peinture dorée, est devenue très représentative des EP Bond français des années 1960.
Le succès de la chanson fut considérable, mais avec une curieuse différence entre les pays : Goldfinger ne monta qu’au n°21 au Royaume-Uni, restant neuf semaines classé, alors qu’il atteignit la 8e place du Billboard américain. En France, l’EP ESRF 1598 aurait dépassé les 50 000 exemplaires, ce qui explique qu’il ne soit pas extrêmement rare malgré son attrait évident pour les collectionneurs de James Bond.
Pour l’exemplaire présenté sur les photos, je l’estimerais aujourd’hui à environ 12 à 18 €, éventuellement 20 € si le disque joue parfaitement. Le vinyle paraît assez propre, mais la pochette présente de l’usure aux angles et sur les bords, quelques plis et surtout une inscription manuscrite au verso (« Monique Rop… »), ce qui réduit sensiblement la valeur de collection. À titre de comparaison, un exemplaire annoncé en état EX a récemment été proposé à partir de 7,10 €, sans enchère, ce qui invite à rester prudent avec les prix affichés par certains vendeurs. Dans un état réellement NM, sans écriture et avec une très belle pochette, on situera plutôt cet EP français vers 20–30 €.
Une anecdote devenue légendaire concerne l’enregistrement de la chanson : l’interprétation de Bassey est notamment célèbre pour l’interminable dernière note, qu’elle pousse avec une puissance spectaculaire. Il existe d’ailleurs des différences entre la version du single mono et certaines éditions stéréo de la bande originale, qui utilisent une autre prise vocale, moins intense et avec une note finale plus courte. Et contrairement à ce qu’on pourrait croire aujourd’hui, Goldfinger n’était pas le plus grand succès britannique de Shirley Bassey : son classement anglais assez modeste contraste fortement avec le statut mythique acquis ensuite par la chanson.
Enfin, Goldfinger a connu une multitude de reprises et de réinterprétations au fil des décennies. La version originale de Shirley Bassey a même été officiellement remixée par Propellerheads en 2000 pour The Remix Album… Diamonds Are Forever. Plus de soixante ans après le film, les cuivres explosifs de John Barry et la voix de Bassey restent probablement l’une des associations musique-cinéma les plus immédiatement reconnaissables de toute la saga James Bond.

















