Frenhofer's Studio
Pastels/Charcoal
55x55cm
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Frenhofer's Studio
Pastels/Charcoal
55x55cm

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We don't have any reviews unanimous, backdrops or posters linger on the artist's hand many frustrating to know thereafter embracing all of the affects, effects
a wild mess of lavished praise on the subtitles, all of its rules
I struggle the least, I place the point of my else in short to make one first and lasting raindrop creation, fake leaving me, thirsty
Cette femme n'est pas une creature, c'est une creation.
Frenhofer in the 1837 edition of Balzac's Le chef d'oeuvre inconnu
FRENHOFER
a cura di Andrea Lacarpia
Artisti:
Daniele Carpi . Jacopo Casadei . Francesca Ferreri . Fiorella Fontana
Patrizia Emma Scialpi . Maria Lucrezia Schiavarelli . Marcello Tedesco
Lâabisso interpretativo che spesso sâinterpone tra lâartista dâavanguardia e il pubblico, viene precocemente raccontato da HonorĂ© de Balzac nel romanzo âIl capolavoro sconosciutoâ1. In esso lâautore descrive lâincomunicabilitĂ sperimentata dal pittore Frenhofer, che lavora in segreto per sedici anni ad un nudo di donna che considera il suo capolavoro, ma che non verrĂ mai riconosciuto come tale. Volendo in esso superare la rappresentazione delle apparenze, lâartista assembla una corposa massa di pennellate, talmente confuse da rendere irriconoscibile il soggetto dellâopera. Non comprendendone la genesi, il primo osservatore descrive cosĂŹ il capolavoro del maestro: âIo qui vedo soltanto dei colori confusamente ammassati, e delimitati da una moltitudine di linee bizzarre che formano una muraglia di pitturaâ1. La necessitĂ di creare la vita attraverso segni indipendenti dalla rappresentazione e dallâallegoria, diventando âcorpi tra i corpiâ e non mera copia dellâesistente, Ăš ciĂČ che anima Frenhofer, ma la sua âricerca di un significato assoluto ha divorato ogni significato per lasciar sopravvivere soltanto dei segni, delle forme prive di sensoâ2.
Il fallimento non annulla lo spirito rivoluzionario di Frenhofer, definito da Agamben âtipo perfetto del Terroristaâ, citando la distinzione che Jean Paulhan fa degli scrittori tra âRetori, che dissolvono tutto il significato nella forma e fanno di questa la legge unica della letteraturaâ, e âTerroristi, che rifiutano di piegarsi a questa legge e perseguono il sogno opposto di un linguaggio che non sia piĂč che senso, di un pensiero nella cui fiamma il segno si consumi interamente mettendo lo scrittore di fronte allâAssolutoâ3. Un Assoluto che gli artisti oggi tornano ad essere liberi di individuare nella rappresentazione dellâuomo e del mondo organico come nellâinformale e nelle pure geometrie, superando lâaspetto nichilista del âRetoreâ e del âTerroristaâ e trasformando i tormenti di Frenhofer in nuova sintesi di segno e significato, nella quale anche il pubblico puĂČ tornare a riconoscersi.
La mostra collettiva Frenhofer Ăš una piccola ricognizione sullâibridazione astratto â figurativa nellâarte degli ultimi anni. Pur nellâutilizzo di diversi materiali, i sette giovani artisti selezionati sono accomunati dalla necessitĂ di rappresentare la vita, intesa in senso organico, materiale e trascendente, senza limitarsi ad imitarne lâepidermide ma penetrando nei suoi aspetti piĂč strutturali. Come per Frenhofer, protagonista del romanzo di Balzac âIl capolavoro sconosciutoâ, Ăš la palpitante vitalitĂ del corpo ad essere sia il soggetto che lâagognato fine della creazione artistica.
[...]
Andrea Lacarpia
1 H. de Balzac, âIl capolavoro sconosciutoâ
2 Giorgio Agamben, âLâuomo senza contenutoâ
3 Jean Paulhan, âI fiori di Tarbes, ovvero Il terrore nelle lettereâ
"Untitled #03.
2014.
cm 33 x 28 x 29
renforced clay, silicone, plaster, juta, oil paint, wood.

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Frenhofer : la tragédie et l'espoir du génie chez Balzac
Jâai dĂ©jĂ discutĂ© un peu du gĂ©nie, mais je voudrais approfondir cette exploration de ce que câest que le gĂ©nie dâaprĂšs Balzac dans sa nouvelle de 1837, « Le Chef-dâĆuvre inconnu, » et comment lâauteur reprĂ©sente lâartiste et son chef-dâĆuvre dans ce texte.
Tout dâabord, il faut dire que les critiques ne sont pas dâaccord que Frenhofer, le crĂ©ateur du chef-dâĆuvre inconnu, soit un gĂ©nie. Max Milner, dans son article, « Le peintre fou, » parle de Frenhofer non pas comme un gĂ©nie mais comme un homme touchĂ© par la folie qui se suicide aprĂšs avoir complĂštement ratĂ© son tableau. Convaincu de la folie de Frenhofer, Milner parle dâun autre dĂ©nouement de la nouvelle en 1831, un dĂ©nouement plus ambigu et « peut-ĂȘtre meilleur, selon lequel Frenhofer persistait dans sa folie et sâĂ©criait (câĂ©taient ses derniĂšres paroles) : âMoi, je la vois ! [âŠ] elle est merveilleusement belleâ [ces paroles se trouvent Ă la page 68 de notre Ă©dition] » (6). Ainsi, dans « Le Chef-dâĆuvre inconnu, » il ne sâagit pas du tout du gĂ©nie mal compris, dâaprĂšs Milner, mais dâun homme trop excentrique.
Mais quâen dit Balzac ? Ăpouse-t-il la perspective de Milner ?
Au contraire ; je ne crois pas que Balzac prĂ©sente Frenhofer forcĂ©ment ou seulement comme un peintre fou. Lâarticle de Paul Barolsky, « Frenhofer and the Triumph of FougĂšres, » montre quâil y a mĂȘme une certaine admiration envers Frenhofer, une figure Ă la fois tragique et hĂ©roĂŻque : « Frenhofer lives on because he embodied the heroic quest to achieve a modern masterpiece when the possibility of realizing such a work is seriously in doubt » (49). Frenhofer est donc une sorte dâIcare, qui visait la gloire inaccessible, qui cherchait Ă reprĂ©senter la nature et la vie telles quâelles sont.
Lâadmiration pour ce personnage, qui se trouve non seulement chez Balzac mais aussi Ă travers la fiction moderne, est renforcĂ©e par un contraste avec un autre personnage dâartiste dans lâĆuvre de Balzac, Pierre Grassou (autrement appelĂ© FougĂšres). FougĂšres a beaucoup plus de succĂšs avec ces copies de peintures. Cet artiste crĂ©e des Ćuvres qui manquent de vie, dâinspiration, dâimaginationâde gĂ©nie justement. Avec ce contraste, on voit que Frenhoferâbien quâil soit tragiqueâest plus admirable que les peintres « accomplis » mais essentiellement vides. Le titre de la nouvelle est, aprĂšs tout, « Le Chef-dâĆuvre inconnu, » et je doute fort que ce soit sarcastique.
Comment reprĂ©senter le gĂ©nie alors ? Quâest-ce qui rend un artiste gĂ©nial ? Dans la nouvelle, on voit que câest le fait dâĂȘtre une Ćuvre dâart ou lâart lui-mĂȘme qui fait partie de cette qualitĂ© rare. La premiĂšre fois que lâon rencontre Frenhofer dans le texte, il apparaĂźt devant Nicolas Poussin comme « une toile de Rembrandt marchant silencieusement et sans cadre dans la noire atmosphĂšre que sâest appropriĂ© ce grand peintre » (39-40). Mais une description exacte nâest pas possible avec le langage ; aprĂšs avoir nous fourni plusieurs Ă©lĂ©ments de son apparence, Balzac Ă©crit enfin « [si vous mettez tous ces Ă©lĂ©ments ensemble,] vous aurez une image imparfaite de ce personnage » (39, câest moi qui souligne). De plus, il est si impressif, si singulier, quâil ne peut pas ĂȘtre rĂ©el peut-ĂȘtre. Balzac Ă©crit quâil est un personnage et donc quâil fait partie dâune Ćuvre dâart littĂ©raire. De ce fait, on voit que le gĂ©nie est quelque chose de peut ĂȘtre illusoire ou qui, au moins, Ă©chappe Ă la reprĂ©sentation.
En outre, Poussin voit Frenhofer comme « une complĂšte image de la nature artiste » (53), qui est quelque chose dâinsaisissable, dâirreprĂ©sentable, en elle-mĂȘme. Poussin renvoie Ă notre premiĂšre rencontre du vieillard en le comparant non seulement Ă la nature artiste, mais Ă lâart aussi : « Ainsi, pour lâenthousiaste Poussin, ce vieillard Ă©tait devenu, par une transfiguration subite, lâart lui-mĂȘme, lâart avec ses secrets, ses fougues et ses rĂȘveries » (53). La qualitĂ© du gĂ©nie est donc si puissante que mĂȘme lâartiste devient lâart lui-mĂȘme.
Balzac nous prĂ©sente un gĂ©nie qui nâest pas que lâart visuel, mais qui fait partie dâune richesse ultime de tous les arts. Par exemple, Frenhofer parle de lâimportance de la poĂ©sieâdonc de lâart littĂ©raire, dans la peinture en critiquant la toile de son ami Porbus : « Tu nâes pas un vil copiste, mais un poĂšte ! » (43). Il fait allusion au mythe dâOrphĂ©e aussi : « Comme OrphĂ©e, je descendrai dans lâenfer de lâart pour en ramener la vie » (54), ce qui Ă©voque Ă la fois la littĂ©rature (car il sâagit dâun mythe qui se trouvent dans la poĂ©sie ancienne) et la musique (OrphĂ©e Ă©tait poĂšte ainsi que musicien). Balzac inscrit son hĂ©ros dans lâart littĂ©raire, musical, et pictural pour montrer la force du gĂ©nie.
MalgrĂ© cette qualitĂ© gĂ©nialeâou peut-ĂȘtre Ă cause de celaâFrenhofer souffre dâune mĂ©lancolie. Il a beaucoup de mal Ă finir son tableau car il voudrait tant que ce soit parfait : « HĂ©las ! sâĂ©cria le vieillard, jâai cru pendant un moment que mon Ćuvre Ă©tait accomplie ; mais je me suis, certes, trompĂ© dans quelques dĂ©tails, et je ne serai tranquille quâaprĂšs avoir Ă©clairci mes doutes » (59). Lâartiste perfectionniste nâest pas du tout loin de lâauteur lui-mĂȘme. Balzac travaillait beaucoupâpendant des heures avec trĂšs peu de repos. Lui aussi, il rĂ©visait ses Ă©crits de maniĂšre obsessive. Comme Frenhofer, lâĂ©crivain avait du mal aussi Ă achever le produit final, lâĆuvre complĂšte et parfaite.
Voici un exemple des révisions faites par Balzac :
Peut-ĂȘtre Frenhofer Ă©tait une sorte de rĂ©flexion de lâauteur. Ou bien, peut-ĂȘtre Frenhofer reprĂ©sente les peurs de Balzac de ce quâil pourrait devenir. En fait, câest ce quâaffirme Maurice Beebe dans son article, « The Lesson of Balzacâs Artists ; » que Frenhofer fonctionne comme une sorte dâavertissement Ă lâĂ©crivain.
Pourtant, la mise en scĂšne du gĂ©nie de Frenhofer est troublĂ©e avec la description ambiguĂ« de son chef-dâĆuvre. Bien sĂ»r, on y trouve une toile quasi-impressioniste ; Frenhofer dĂ©crit le rĂŽle de lâair, de la lumiĂšre, et de lâombre dans son tableau (65, 67). NĂ©anmoins, Balzac prĂ©sente son lecteur avec une description vraiment bizarre, racontĂ©e par Poussin : « Je ne vois lĂ que des couleurs confusĂ©ment amassĂ©es et contenues par une multitude de lignes bizarres qui forment une muraille de peinture » (66). Balzac ne nous donne pas de description « officielle » ; on nâa que les idĂ©es subjectives de Poussin et Porbus dâun cĂŽtĂ© et de Frenhofer de lâautre cĂŽtĂ©.
A cause dâun Ă©lĂ©ment particulier, on ne peut pas rejeter la toile comme un simple symptĂŽme de la folie de lâartiste. Câest le pied : « un pied dĂ©licieux, un pied vivant ! [âŠ] ce fragment Ă©chappĂ© Ă une incroyable, Ă une lente et progressive destruction. Ce pied apparaissait lĂ comme le torse de quelque VĂ©nus en marbre de Paros qui surgirait parmi les dĂ©combres dâune ville incendiĂ©e » (66). Avec ce petit pied, Balzac nous montre quâil y a quelque chose de spĂ©cial dans cette toile et chez Frenhofer.
Peut-ĂȘtre comme OrphĂ©e et Icare, Frenhofer perd lâobjet de sa quĂȘte. Il ne rĂ©ussit pas Ă reprĂ©senter la vie, la nature intraduisible. Mais ce pied, ce petit fragment est un Ă©clair du gĂ©nie. Frenhofer peut ĂȘtre une sorte dâavertissement mais il peut bien aussi reprĂ©senter lâespoir.
Ouvrages cités
Balzac, HonorĂ© de. Le Chef-dâĆuvre inconnu : Pierre Grassou et autres nouvelles. Ed. Adrien Goetz. Paris : Ăditions Gallimard, 1994. ImprimĂ©.
Barolsky, Paul. « Frenhofer and the Triumph of FougÚres. » SOURCE : Notes in the History of Art 23.4 (2004) : 49-51. JSTOR. Internet. 28 nov. 2013. <http://www.jstor.org/stable/23207994>.
Beebe, Maurice. « The Lesson of Balzacâs Artists. » Criticism 2.3 (1960): 221-41. JSTOR. Internet. 28 sept. 2013. <http://www.jstor.org/stable/23090989http://www.jstor.org/stable/23090989>.
Milner, Max. « Le peintre fou. » Romantisme 19.66 (1989) : 5-21. Persée. Internet. 28 nov. 2013. <http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/roman_0048-8593_1989_num_19_66_5624>.
Balzac et Baudelaire : La vision, l'expression, et le génie
Mais le soir est venu. Câest lâheure bizarre et douteuse oĂč les rideaux du ciel se ferment, oĂč les citĂ©s sâallument. Le gaz fait tache sur la pourpre du couchant. HonnĂȘtes ou dĂ©shonnĂȘtes, raisonnables ou fous, les hommes se disent: «Enfin la journĂ©e est finie!» Les sages et les mauvais sujets pensent au plaisir, et chacun court dans lâendroit de son choix boire la coupe de lâoubli. M. G. restera le dernier partout oĂč peut resplendir la lumiĂšre, retentir la poĂ©sie, fourmiller la vie, vibrer la musique; partout oĂč une passion peut poser pour son Ćil, partout oĂč lâhomme naturel et lâhomme de convention se montrent dans une beautĂ© bizarre, partout oĂč le soleil Ă©claire les joies rapides de lâanimal dĂ©pravĂ©! «VoilĂ , certes, une journĂ©e bien employĂ©e,» se dit certain lecteur que nous avons tous connu, «chacun de nous a bien assez de gĂ©nie pour la remplir de la mĂȘme façon.» Non! peu dâhommes sont douĂ©s de la facultĂ© de voir; il y en a moins encore qui possĂšdent la puissance dâexprimer. Maintenant, Ă lâheure oĂč les autres dorment, celui-ci est penchĂ© sur sa table, dardant sur une feuille de papier le mĂȘme regard quâil attachait tout Ă lâheure sur les choses, sâescrimant avec son crayon, sa plume, son pinceau, faisant jaillir lâeau du verre au plafond, essuyant sa plume sur sa chemise, pressĂ©, violent, actif, comme sâil craignait que les images ne lui Ă©chappent, querelleur quoique seul, et se bousculant lui-mĂȘme. Et les choses renaissent sur le papier, naturelles et plus que naturelles, belles et plus que belles, singuliĂšres et douĂ©es dâune vie enthousiaste comme lâĂąme de lâauteur. La fantasmagorie a Ă©tĂ© extraite de la nature. Tous les matĂ©riaux dont la mĂ©moire sâest encombrĂ©e se classent, se rangent, sâharmonisent et subissent cette idĂ©alisation forcĂ©e qui est le rĂ©sultat dâune perception enfantine, câest-Ă -dire dâune perception aiguĂ«, magique Ă force dâingĂ©nuitĂ©!
--Charles Baudelaire,« Le Peintre de la vie moderne, » (1863)
 JâĂ©tais frappĂ©e par ce paragraphe, que jâinclus dans cette entrĂ©e pour montrer la beautĂ© du style baudelairien. Ce passage se trouve dans un essai de 1863, « Le Peintre de la vie moderne, » oĂč Charles Baudelaire dĂ©crit le gĂ©nie de « M. G. »âce qui est en fait Constantin Guys, dessinateur et coloriste français (1802-1892). A part les belles tournures, la description des habitudes du gĂ©nieâqui sâinspire du gĂ©nie de lâenfant, souvent louĂ© par Baudelaire, et mĂȘme peut-ĂȘtre de la description du dandy, une figure saillante dâautres Ă©critsâmâa fait penser Ă HonorĂ© de Balzac.
Baudelaire semble dĂ©crire les habitudes de travail de Balzacâqui travaillait jusque tard dans la nuitâen dĂ©crivant les mĂ©thodes de M. G : « à lâheure oĂč les autres dorment, celui-ci est penchĂ© sur sa tableâŠÂ » (10).
En mettant lâemphase sur lâĆil, Baudelaire nous fait penser Ă Balzac aussi. Dans le passage juste avant celui que je cite ici, le poĂšte parle de lâ« Ćil dâaigle » (9) de M. G., ce qui est forcĂ©ment trĂšs important pour un peintre. Mais cette capacitĂ© de surveiller de prĂšs est ce qui rend les Ćuvres de Balzac si balzaciens, avec leurs dĂ©tails et lâeffet du rĂ©alisme quâils crĂ©ent.
Par ailleurs, lâĆil est trĂšs important dans la nouvelle fantastique de Balzac, « LâElixir de longue vie, » oĂč Don Juan voit lâĆil de son pĂšre mort (ou mort-vivant, si vous voulez) sâouvrir : « Il voyait un Ćil plein de vie, un Ćil dâenfant dans une tĂȘte de mort » (87), et, horrifiĂ©, il lâĂ©crase. Tout cela est magnifiquement dĂ©goutant et horrifiant, mais cela risque dâĂȘtre hors sujet. Pour ĂȘtre bref, lâĆil a une importance chez Balzac qui est liĂ© Ă la capacitĂ© de voirâune facultĂ© dont Baudelaire fait lâĂ©loge dans ce passage.
« La facultĂ© de voir » et « la puissance dâexprimer » (Baudelaire 10) sont cruciales dans les nouvelles de Balzac quâon a luesâsurtout dans « Le Chef-dâĆuvre inconnu. » Cette histoire nous montre la difficultĂ© de pouvoir voir et ensuite exprimer. Frenhofer voit trĂšs bien ; câest clairement un gĂ©nie qui sait dĂ©terminer ce qui marche et ce qui ne marche pas dans le tableau de Porbus. Et il comprend, surtout, lâimportance de lâexpression : « La mission de lâart, » explique-t-il dans lâatelier de Porbus, « nâest pas de copier la nature, mais de lâexprimer ! » (43, câest moi qui souligne). Pourtant, il se peut que Frenhofer nâarrive pas Ă mettre cette comprĂ©hension si essentielle en pratiqueâau moins, pas dans une Ćuvre accessible Ă ses contemporains.
NĂ©anmoins, cette description de lâacte de crĂ©er (« Et les choses renaissent sur le papier, naturelles et plus que naturelles, belles et plus que belles, singuliĂšres et douĂ©es dâune vie enthousiaste comme lâĂąme de lâauteur » (Baudelaire 10)) peut toujours sâappliquer au chef-dâĆuvre de Frenhofer, Catherine Lescault, qui contient tout lâesprit en mouvement de lâartiste, toute son Ăąme enthousiaste. Cela se voit dans la « multitude de lignes bizarres, » le « chaos de couleurs, » et le « brouillard sans forme »âet surtout dans le « pied dĂ©licieux, [le] pied vivant » (66). Porbus et Nicolas Poussin sont « pĂ©trifiĂ©s dâadmiration devant ce fragment » (66), ce qui montre le pouvoir, « la fantasmagorie » et le « magique Ă force dâingĂ©nuité » (Baudelaire 10) qui se trouvent dans lâĆuvre de Frenhofer et dans lâĂ©criture de Balzac aussi peut-ĂȘtre.
Avec cette description des choses qui renaissent sur le papier sur la plume ou le pinceau de quelquâun qui sait bien regarder les choses, câest une sorte de description du rĂ©alismeâmais pas du tout. Baudelaire dĂ©crit le transfert de ce que lâon voit Ă une feuille de papier. Cela se fait dâune maniĂšre fidĂšle : il est « pressĂ©, violent, actif, comme sâil craignait que les images lui Ă©chappent » (10). Mais aussi dâune maniĂšre pas tout Ă fait fidĂšle : « Et les choses renaissent sur le papier, naturelles et plus que naturelles, belles et plus que bellesâŠÂ » (10, câest moi qui souligne). En fait, câest exactement le style de Balzacâun Ă©crivain normalement rĂ©alisteâdans « Le Chef-dâĆuvre inconnu, » une nouvelle presque fantastique parfois.
Je me demande si, en appliquant cette description du gĂ©nie artistique Ă la littĂ©rature, on peut donner un nom ou un titre Ă ce genre dâĂ©criture, Ă ce [sur]rĂ©alisme(?) quasi-onirique et bien travaillĂ©, « le rĂ©sultat dâune perception enfantine, câest-Ă -dire dâune perception aiguĂ«, magique Ă force dâingĂ©nuité » (10), qui exprime tout ce qui est vu par lâ « Ćil dâaigle » (9) du gĂ©nie. Câest presque le style de Baudelaire ici avec ses belles descriptions de « lâheure bizarre et douteuse oĂč les rideaux du ciel se ferment, oĂč les citĂ©s sâallument. Le gaz fait tache sur la pourpre du couchant » (10).
Une autre question que jâaimerais poser : si le gĂ©nie dâun artiste sâinspire, en partie, dâun « esprit littĂ©raire » (Baudelaire 6), peut-ĂȘtre le gĂ©nie littĂ©raire est de sa par enracinĂ© dans un esprit artistique ?
  Ouvrages cités
Balzac, HonorĂ© de. Le Chef-dâĆuvre inconnu : Pierre Grassou et autres nouvelles. Ed. Adrien Goetz. Paris : Ăditions Gallimard, 1994. ImprimĂ©.
Baudelaire, Charles. « Le Peintre de la vie moderne. » 1863. Litteratura.com. PDF trouvé sur Sakai.