HORS-SĂRIE #12 - FLCL (2000) Association GAINAX/STUDIO I.G., FULICULI -comme ça se prononce- est une sĂ©rie de six OAV de Katsuya Tsurumaki, un nom cĂ©lĂšbre de lâanimation japonaise rattachĂ© de prĂšs Ă la licence EVANGELION. Pourquoi cet animĂ© plus quâun autre? Tout simplement parce que FLCL inclut Ă lui seul une quantitĂ© de qualitĂ©s incroyables: un amour Ă©vident pour lâanimation, des rĂ©fĂ©rences culturelles bien placĂ©es -parodies ou simples clins dâoeil-, un rythme effrĂ©nĂ©/frĂ©nĂ©tique des plus revigorants, bref, câest une Ă©nergie de la passion sur-vitaminĂ©e. Parler du scĂ©nario serait dĂ©placĂ©, FLCL le construisant âentre les lignesâ: le spectateur assiste Ă des sĂ©quences peu communes en comparaison des formats habituels, prenant le risque de nous perdre. Une difficultĂ© factice si lâon sâimmerge pleinement dans cet univers colorĂ© ultra dynamique, soutenu par la bande-son pertinente de the pillows, un groupe punk/rock indissociable de FLCL car totalement adaptĂ© Ă son propos: plusieurs thĂ©matiques sĂ©rieuses se planquent derriĂšre la folie constante de lâanimĂ©, dont notamment celle de grandir, du passage Ă lâĂąge adulte, les protagonistes mettant cette âproblĂ©matiqueâ toujours en avant malgrĂ© les improbables contextes dans lesquels il Ă©voluent. Un parti pris qui ne sĂ©duira pas tout le monde, son accessibilitĂ© nĂ©cessitant une attention permanente du moindre dĂ©tail, en plus de la tonne dâinformations incluse dans chaque Ă©pisode. FLCL se fait comprĂ©hensible lorsquâon laisse la contemplation -et surtout, la rĂ©flexion- faire effet: mais rasurez-vous, mĂȘme sans cela, les OAV Ă la fluiditĂ© dâanimation sublime vous convaincront sans mal, vĂ©ritable expĂ©rience visuelle. Lâhumour des animateurs se transmet au spectateur, dĂ©bordant de crĂ©ativitĂ©: chaque gĂ©nĂ©rique de fin se prĂ©sente sous la forme dâun court-mĂ©trage en stop-motion qui suit le parcours dâun scooter jaune -dâailleurs Ă©tant lâun des vĂ©hicules-emblĂšmes de FLCL- Ă travers les rues japonaises, se faisant apprivoiser comme un gentil chien par une passante (WTF?). Plusieurs procĂ©des dâanimation seront employĂ©s, Ă lâexemple de vignettes fixes se succĂ©dant comme si le spectateur lisait un manga: toujours doublĂ©es, ces scĂšnes contrastent avec la direction artistique gĂ©nĂ©rale de FLCL, brisant parfois le quatriĂšme mur avec une certaine ingĂ©niositĂ©. Son traitement narratif diffĂ©rent, une fois encore, peut sâavĂ©rer ĂȘtre une âbarriĂšreâ: ne rĂ©pondant pas Ă toutes les questions soulevĂ©es ou Ă©noncĂ©es, FLCL semble garder dâautres rĂ©vĂ©lations pour la suite: une initiative cool, permettant dâextrapoler quant Ă ce que lâon doit deviner. Source riche de belles choses, FLCL force lâinterprĂ©tation: son univers est un mĂ©lange de S-F, dâhumour et dâaction, indĂ©finissable de par sa vision presque expĂ©rimentale de lâhistoire quâil raconte, fascinant par palette graphique audacieuse et cohĂ©rente. Et encore, le background est tant foisonnant quâil faudrait une dissection complĂšte pour le dĂ©crire. Absurdement gĂ©nial, entre le vague lâĂąme dâun slice of life et lâaction tonitruante en mode âfan-service de lâotakuâ, FLCL est un monde oĂč tout est possible, oĂč les antihĂ©roĂŻnes Ă©clatent du mecha high-tech avec une basse Ă©lectrique, oĂč les hĂ©ros sont des enfants plus touchĂ©s par le fait de grandir que dâĂȘtre au centre dâune incroyable destinĂ©e, oĂč un fer Ă repasser gĂ©ant trĂŽne au sommet de la ville, oĂč les munitions dâarmes Ă feu sont infinies: on se dĂ©lecte, le tout faisant passer le concept musical et visuel du groupe GORILLAZ pour un gribouillis dâenfant en bas-Ăąge. Une finition exemplaire! Ăpique, frais, cet ouragan dâhumour dĂ©calĂ© rĂ©alisĂ© par des doigts dâor est un chef-dâoeuvre de lâanimation du 21Ăšme siĂšcle, ovation amoureuse dâun art intemporel prenant ici vie de la plus belle des façons. Impossible dâignorer FLCL si vous ĂȘtes sur le parcours de la japanimation: puisque je te dis que câest culte! FULI CULA /20
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