Elle n'y croit pas. Comment ça a pu se reproduire? C'est insoutenable. Elle a attendu que Annabel soit Ă l'Ă©cole pour appeler l'hĂŽpital et demander les rĂ©sultats de la prise de sang. Elle les a entendu dire que oui, c'Ă©tait positif, et elle s'est mise Ă pleurer dans le salon, en silence. Elle dĂ©teste tout le monde, elle dĂ©teste Scott pour avoir Ă©tĂ© le plus gros con de l'univers la veille, elle dĂ©teste Quinn et Samuel tellement heureux, elle dĂ©teste ceux qui savent la vĂ©ritĂ© pour Annabel et qui la regardent d'un air condescendant sans arrĂȘt. Sa fille est la seule qu'elle ne dĂ©teste pas, la seule prĂ©sence dont elle aurait besoin. Mais elle est trop petite et elle ne veut pas lui infliger ce genre de choses. EnfoncĂ©e dans son kimono en soie, elle essaye de s'y noyer et ne plus redĂ©coller, son verre de vin faiblement retenu entre ses doigts. Iron est couchĂ© Ă ses pieds, il est venu presque automatiquement en sentant le dĂ©sarrois de Santana. De sa main libre, elle vient doucement le caresser, jusqu'Ă ce qu'elle entende la clef dans la porte d'entrĂ©e. Elle quitte alors son canapĂ©, pose le verre sur la table basse, et s'approche jusqu'Ă faire face Ă Scott. Ses mains se resserrent sur le kimono au niveau de sa taille, oĂč ses bras sont croisĂ©s, et elle relĂšve lĂ©gĂšrement son regard vers lui. Elle ne sait mĂȘme pas quoi lui dire, elle ne sait mĂȘme pas si elle a envie de lui parler, la rancoeur est une chose tenace chez Santana. Et finalement elle redresse sa tĂȘte, fiĂšre comme une reine, elle tente d'ĂȘtre aussi assurĂ©e. âMaintenant que tu es rentrĂ©, on peut parler?â L'espace d'un instant, elle se dit qu'elle le dĂ©teste plus que les autres, parce qu'il n'a pas Ă©tĂ© lĂ hier soir et qu'elle s'est sentie un peu trop seule dans son lit, inquiĂšte pour les rĂ©sultats de la prise de sang, et elle s'est sentit revenir en arriĂšre, redevenir cette lycĂ©enne qui ne voulait pour rien au monde se retrouver seule. Pitoyable. Ses Ă©paules s'affaissent lĂ©gĂšrement, elle n'arrive plus. Et son expression se change pour laisser place Ă l'inquiĂ©tude qui la ronge.