Construction nationale : vers une inéluctable émancipation
La nouvelle mandature des élus nationalistes à l'Assemblée de Corse a démarré, de l'avis de tous les observateurs, sur des chapeaux de roues. De l'affaire dite "des jardins de l'Empereur", à la prise en charge de dossiers d'urgence vitale comme les transports, ou le traitement des déchets - sujet qui, pour l'heure, est encore du domaine de compétence du préfet français et du SYVADEC, et non de la CTC - , en passant par les premières mesures concrètes en faveur de la transparence de la vie publique, c'est une force sereine qui commence à faire face aux vrais problèmes de la Corse.
Le vieux système de dépendance est arrivé à un point de non retour. Des décennies de lutte contemporaine, sous des formes aussi variées que légitimes, ont permis de créer ces conditions, dont on peut affirmer, sans emphase, qu'elles sont historiques. Le coût humain a été, et reste, lourd, mais sans l'engagement de tous ceux, sans exception aucune, qui ont, un jour, choisi les chemins les plus difficiles de la lutte, nous n'en serions sûrement pas là actuellement. Notre feuille de route ne s'inscrit pas plus dans la nostalgie, que dans l'amnésie. "La défense armée d'un droit n'est pas la violence", et la résistance que le Peuple Corse a su organiser sur son sol pour faire prévaloir ses droits pendant toutes ces années a été un passage obligé, indispensable même. Ici, tout le monde le sait, même ceux qui sont le plus critiques concernant les erreurs - et il y en eût - qui ont jalonné une lutte dont l'objectif demeure immuablement la libération nationale de la Corse.
En fait, aujourd'hui, tout le monde peut constater que la véritable violence, celle qui utilise injustement la force pour anéantir ou soumettre l'autre, ne se situe pas, ne s'est jamais située, du côté de la Corse: elle est l'apanage de ceux qui empêchent que soient respectées et appliquées les décisions d'une Assemblée élue par le peuple. Elle est l'oeuvre de ceux qui veulent nous interdire de parler notre langue officiellement dans notre propre pays, et qui nous insultent lorsque nous le faisons, en allant jusqu'à réclamer des mesures de rétorsion à l'encontre de nos représentants légitimes. Elle se caractérise par la prise en otage de prisonniers politiques dont tout un peuple réclame la libération, car ils sont eux aussi les victimes de cette violence d'Etat qui n'a jamais cessé, et qui est une honte pour la France et pour l'Europe.
Mais aujourd'hui, nous arrivons à la fin d'un cycle. La convergence des forces patriotiques, et leur maturité, a permis d'emporter une première bataille sur le terrain institutionnel. Paris devra se convaincre, tôt ou tard, que nier la réalité, et s'arc-bouter sur des postures ineptes, ne peut aboutir qu'à une douloureuse perte de temps. Les élus que notre peuple s'est donnés, malgré les pressions et les peurs agitées par les serviteurs zélés d'un système étranger, sont entendus, écoutés. Ils jouissent déjà d'une légitimité démocratique que tous les préfets, ou autres représentants de l'Etat français en Corse, n'auront jamais. Un des premiers devoirs du courant indépendantiste, dans les mois et années à venir, sera de la renforcer, tout en se renforçant lui-même. C'est là, la nouvelle nécessité pour gagner les batailles qui nous attendent, jusqu'à la victoire finale, celle d'une Corse maîtresse de ses choix, libre et indépendante.
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Interview d’Eric SIMONI sur le projet de port à la Carbonite
- La récente réunion du comité de pilotage du port de la Carbonite révèle que le projet est plus que jamais d'actualité êtes vous inquiet ?
La dernière réunion à laquelle vous vous référez a été tout simplement ubuesque: entre les fausses assertions des uns et les dangereux atermoiements des autres, il apparaît clairement que ce "comité de pilotage" ne répond plus qu'à une seule fonction: enfumer l'opinion afin que ce projet incohérent et néfaste aboutisse quoi qu'il en coûte. Au delà de l'inquiétude, c'est un sentiment de légitime indignation largement partagée par de nombreux observateurs que ces manœuvres suscitent.
- Les voix de l'opposition au projet dont la vôtre ne semblent pas être entendues pourquoi selon vous ?
Force est de constater que Corsica Libera est à ce jour le seul mouvement politique à s'être déterminé clairement sur le sujet. Cela a notamment conduit à l'adoption d'un amendement par l'Assemblée de Corse imposant aujourd'hui à ceux qui continuent à faire la sourde oreille de tenir compte des débats en cours. Il est clair que depuis 2007 les porteurs du projet changent constamment d'argumentaire au fur et à mesure que des critiques ou des réserves sont formulées, sans pour autant admettre l'inanité de leur position fluctuante. On refuse d'entendre, non seulement les voix qui s'opposent, mais aussi les voix qui proposent la seule alternative crédible.
Alors, effectivement, la question est: pourquoi ? Pour servir quels intérêts ? Pour honorer quelles promesses que ce projet ne pourra de toutes façons pas tenir, tant il est vrai que, depuis le début, tout n'est que contre-vérités et faux semblants ? Des premières estimations de coût, jusqu'aux prévisions de retombées économiques, en passant par l'argumentation portant sur des chiffres fantaisistes concernant la progression des flux de passagers, rien n'est vérifiable, et ce qui a pu l'être s'est avéré faux.
- L'un de vos principaux arguments reste la protection de l'environnement la création d'une réserve naturelle de 7000 hectares vous semble t elle suffisante ?
Le fait de présenter comme une mesure de compensation, la gestion rationnelle de nos richesses environnementales, qui sont avant tout des richesses économiques, est une véritable escroquerie intellectuelle. C'est un peu comme si on vous demandait d'être reconnaissant envers celui qui vous ampute d'un membre sain, sous prétexte qu'il s'engage à respecter le reste de votre intégrité physique.
Sans compter que la destruction irréversible de l'herbier de posidonies a aujourd'hui un coût économique faramineux que nous avons démontré à partir d'études scientifiques incontestées à ce jour.
- Le financement oscillerait entre 370 et 550 m€ cet écart vous laisse t il perplexe ?
Depuis 2007, les chiffres présentés ont changé sans cesse, et plus ils se voulaient précis, plus ils étaient faux. Va-t-on continuer encore longtemps à prendre les gens pour des imbéciles? La dernière trouvaille en date consiste à saucissonner le projet en plusieurs phases en annonçant ainsi un coût aussi partiel qu'approximatif, qui laisse présager, qu'au final, on pourrait facilement se situer entre 800 millions et un milliard d'euros! C'est de la démence pure et simple, et l'exercice de funambulisme budgétaire auquel on assiste à cette occasion nous semble surréaliste.
Comment peut-on affirmer que le projet s'auto financera? Où va-t-on trouver l'argent pour transformer l'actuel port en port de plaisance exclusive, ce qui génèrera un surcoût aussi inutile qu'évitable ? Les mécanismes qui sont à l'œuvre aboutiront immanquablement à livrer la gestion d'un secteur stratégique vital pour la Corse à des intérêts étrangers et à un grand consortium. C'est l'avenir économique de notre pays qu'on est en train d'obérer. La faillite de la SNCM n'aura permis de tirer aucune leçon puisqu'on s'apprête à réitérer les mêmes errements mais, cette fois ci, à l'échelle de toute l'infrastructure portuaire.
- Le comité de pilotage évoque par ailleurs deux années d'études supplémentaires qu'en pensez-vous ?
Ces études de plus en plus onéreuses pour le contribuable sont à ajouter au coût global de cette entreprise néfaste. Elles aboutiront à des conclusions déjà connues, ne lèveront aucune des incertitudes actuelles, et n'apporteront rien de plus. Tout le monde le sait, mais certains font semblant d'attendre un hypothétique verdict dans le domaine de la courantologie, des retombées environnementales, et en terme de "faisabilité". Allons-nous enfin sortir de cette hypocrisie ambiante et prendre le problème à bras le corps? Depuis 2007 nous aurions pu mener à bien un projet alternatif qui aurait déjà généré de substantielles retombées en termes d'emplois durables pour les Corses, et de développement économique au service de tous. Au lieu de ça, on a voulu faire croire à la fable d'une seule possibilité sur le site de la Carbonite, mensonge repris dans de vrais faux rapports officiels (rapport du CNPN du 20/12/2012).
C'est ainsi qu'on a ouvert la porte à une scandaleuse dérogation et à un saccage écologique, qui nous mettra au ban de l'Europe et grèvera lourdement l'attractivité touristique de la zone impactée. C'est malheureusement sur ces bases que, malgré quelques réserves de circonstance, le comité de pilotage maintient actuellement le cap vers un naufrage annoncé.
- Allez-vous mener des actions pour manifester votre opposition au grand port de la Carbonite ?
Incohérence, conséquences désastreuses sur le plan environnemental et social, non sens économique, orientations négatives et sans doute catastrophiques de la politique touristique et des transports pour la Corse: voilà ce que représente le "grand port de la Carbonite". Il rejoint la cohorte des chantiers inutiles et dangereux que l'on voit émerger de temps à autres sous la pression de lobbies dont les objectifs financiers sont aux antipodes de toute notion de développement durable.
Conçu pour servir des intérêts privés, au détriment de ceux de la population, le port de la Carbonite ne répond à aucun besoin réel, et ne tiendra aucune des promesses qui sont faites en son nom. Nous continuerons à nous opposer à ce projet à l'Assemblée de Corse grâce à l'action déterminée des élus de Corsica Libera bien sûr, mais aussi avec toutes celles et tous ceux qui, au delà de notre mouvement, sont conscients des enjeux et prêts à se mobiliser pour que la raison et l'intérêt général l'emportent. De la pétition qui circule déjà sur internet, à la popularisation de notre projet alternatif, en passant par tous les recours possibles, y compris au niveau européen, tout est envisagé. Si certains ont aujourd'hui marqué le pas, ce n'est sans doute pas seulement parce que la patience est une de leur vertu cardinale, mais bien à cause d'une opposition qui reçoit chaque jour un peu plus d'écho. Plus que jamais, la mobilisation populaire est donc nécessaire.
(Julien Pernici - Alta Frequenza) - Il y a quelques jours se tenait à Bastiale premier comité de pilotage du projet de port à la Carbonite, regroupant notamment Paul Giacobbi, Gilles Simeoni et...
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Mercredi 11 Mars 2015 :
- 16h30 : Les candidats et suppléants de la démarche Corsica Libera pour les cantons de Bastia 1, Bastia 2, Bastia 3 et Bastia 4 iront à la rencontre des bastiais Place Saint-Nicolas, rue Napoléon et dans le secteur du Marché.
- 19h00 : Inauguration de la permanence du Canton à Lupinu (Place du Commerce), en présence de Claudine Alfano et Jo Bonavita (Bastia 4), René Andreuccetti et Culomba Sicurani (Bastia 3), Eric Simoni et Léa Stagnara (Bastia 2), Michele Maestracci et Maxime Poli (Bastia 1). Présentation des candidats et suppléants du canton de l'ensemble des candidats et suppléants de Corsica Libera pour la région bastiaise. Ci serà da beie è da manghjà.
Jeudi 12 Mars 2015 :
- 11h00 : Eric Simoni, Lea Stagnara et leurs suppléants (Canton Bastia 2) iront à la rencontre des bastiais au bar "Le Saint Antoine" et dans le quartier Saint Antoine.
-14h00 : René Andreuccetti, Culomba Sicurani et leurs suppléants (Canton Bastia 3) iront à la rencontre des habitants des quartiers du Macchione et Basanese.
Comment faire gagner 172 millions d'euros par an à la Corse, sans investissement ?
Compte tenu du titre de notre conférence de presse, vous auriez pu imaginer que nous évoquerions aujourd'hui la découverte d'une ressource inconnue jusqu'ici dans nos sous-sol, ou un miracle boursier, ou encore un généreux cadeau de l'administration fiscale française. Mais tout cela, vous savez bien que ça n'existe pas.
Non, contre toute attente, nous sommes venus vous parler de... posidonies. Vous savez, ces végétaux marins si rares et si précieux qu'on ne retrouve, sur toute la planète, qu'en Australie et sur le littoral méditerranéen. Et dont on s'apprête à détruire entre 70 et 100 hectares pour construire le port de la Carbonite, projet dont l'inutilité et la nocivité ne seront bientôt plus contestées que par quelques-uns, dont les véritables objectifs apparaîtront alors au grand jour.
Au-delà de l'aspect directement environnemental du problème posé par cette destruction irréversible, nous avons déjà, au cours de la campagne municipale de mars dernier, insisté sur le caractère économique du coup porté à la Corse si cet herbier venait à être détruit. La liste Un'alba nova per Bastia, soutenue par Corsica Libera, a été la seule à se positionner clairement contre le projet de la Carbonite et à proposer une alternative répondant à tous les besoins réels, notamment en terme de sécurité et de développement économique.
Nous avons notamment mis en évidence l'aberration qui consistait à envisager la destruction d'une richesse dont la valeur économique, d'après les spécialistes, est 3 fois supérieure à celle des récifs coralliens, 10 fois supérieure à celle des forêts tropicales, et 100 fois supérieure à celle d'une prairie terrestre pour une surface équivalente(1). De plus, nous avons fait également remarquer que le non-respect de la Directive Cadre sur l'Eau, texte majeur qui structure la politique de l'eau dans les Etats membres de l'Union Européenne, nous mettra au ban de l'Europe, avec, là aussi, des conséquences économiques négatives dont on peut difficilement prévoir l'étendue.
Aujourd'hui, grâce à une étude beaucoup plus récente, de portée scientifique internationale incontestable, que nous tenons ici à votre disposition, nous sommes en mesure de chiffrer en EUROS la valeur économique de l'herbier de posidonies. On a démontré que celle-ci s'élevait à 172 € m-2 a-1 (172 € par mètre carré et par an)(2). Cela revient à dire que le simple fait d'épargner 1 m2 de posidonies rapporte 172 € par an à l'économie réelle, c'est à dire à toutes les activités dont vivent vraiment les populations, ce qui n'a rien à voir avec l'enrichissement ponctuel de quelques spéculateurs avisés sur le dos du plus grandnombre (ça, mais est-il besoin de le préciser, ce n'est pas du développement économique; ind'è noi si chjama una manghjeria).
Selon nos estimations ce sont, au cours des travaux envisagés, entre 70 et 100 hectares de posidonies, et non 50 comme on nous l'annonce, qui seront impactés.
Un hectare représentant 10000 m2, le calcul est simple: en plus d'un surcoût faramineux et irréaliste sur lequel nous reviendrons en temps voulu, on s'apprête à faire perdre à la Corse et aux Corses, de manière permanente et définitive, quelques 172 millions d'euros par an. Au bout de 10 ans de travaux - c'est ce que durera le chantier au minimum - la Corse aura déjà perdu ainsi un milliard sept cent vingt millions d'euros.
Vous savez aujourd'hui comment faire gagner à l'économie corse 172 millions d'euros par an sans avoir à investir un cent: rejoignez-nous pour que le projet du port de la Carbonite soit définitivement stoppé.
Destructeur de notre environnement naturel, sans aucune retombée pérenne en terme de développement, ce projet est en totale contradiction avec les intentions affichées par ailleurs (parc marin, Aires Maritimes Protégées,...). Ces dernières présentées comme des "mesures de compensation", correspondent, en réalité, à des orientations nécessaires et évidentes dans le cadre d'un vrai développement. De plus, ces mesures ne seront, en aucun cas, susceptibles de rattraper les conséquences catastrophiques d'un tel chantier. Dans ces conditions, dépenser 6,5 millions d'euros pour financer des études qui n'apporteront vraisemblablement rien de déterminant par rapport à ce que l'on sait déjà, paraît inconséquent, surtout à un moment où les difficultés budgétaires de la CTC sont connues de tous. La position défendue par le groupe Corsica Libera à l'Assemblée de Corse est donc la seule cohérente à ce jour, et nous sommes persuadés que sur cette question, comme cela a souvent été le cas concernant d'autres dossiers, nos orientations finiront par s'imposer.
Corsica Libera
Signer la pétition contre le projet du port de la Carbonite
Valeur annuelle moyenne des services fournis par quelques grands types d’écosystèmes terrestres et marins en G$ (milliards de dollars US). D’après Costanza et al. (1997).
The value of the seagrass Posidonia oceanica: A natural capital
assessment.
Paolo Vassallo a, Chiara Paoli a, Alessio Rovere b, Monica Montefalcone a, Carla Morri a, Carlo Nike Bianchi a. (2013).
a DISTAV, Dipartimento di Scienze della Terra, dell’Ambiente e della Vita, Genoa University, Italy.
b Lamont Doherty Earth Observatory, Columbia University, NY, USA.