Grand Prix dâArchitecture de lâAcadĂ©mie des Beaux Arts 2014 /
Une CitĂ©-Jardins au fil de la BiĂšvre  /Â
Le modĂšle de la CitĂ©-Jardins, pensĂ© par Howard en 1898 comme une alternative en retrait de la mĂ©tropole londonienne, peut aujourdâhui sâenquĂ©rir de la problĂ©matique urbaine contemporaine : celle de construire sur la ville existante, de composer avec le «dĂ©jĂ -là ».
Dans sa partie couverte, la vallĂ©e en aval de la BiĂšvre abrite, au fil des communes traversĂ©es, dâAntony Ă Paris, une population de 500 000 habitants. Cette vallĂ©e est propice Ă lâĂ©tablissement dâune citĂ©-jardins contemporaine, incluant la population existante dans un processus dâunion entre la ville centre et sa banlieue, rapprochant producteur et consommateur, dĂ©finissant des relations et des usages communs le long de cette riviĂšre redĂ©couverte peu Ă peu.
La « citĂ© » Ă©tant dĂ©jĂ lĂ , sa mĂ©tamorphose future repose donc sur la question de la nature en ville, et des lieux de production agricoles urbains. Ces nouveaux lieux agricoles, en proie aux spĂ©culations fonciĂšres, peuvent ĂȘtre rendus pĂ©rennes au moyen de typologies inventives mĂȘlant habitat et nature dans des constructions intĂ©grĂ©es.
Le Coteau de Cachan: Une séquence de la Cité-Jardins de la BiÚvre
Le croisement des eaux de la BiĂšvre et de la Vanne alimentant Paris en eau potable est un lieu de prĂ©dilection pour lâĂ©tablissement dâune des sĂ©quences de la CitĂ©-jardins. La forte capacitĂ© dâapprovisionnement en eau peut permettre la redĂ©couverte de lâagriculture prĂ©sente autrefois.
Sur le coteau de Cachan, la vigne municipale plantée en 2000 fait échos aux 42 000 Ha de vignes plantés aux alentours de Paris à la fin du XVIII Úme siÚcle. Ce coteau est idéalement ensoleillé pour le développement de ce vignoble et la vue offerte au loin sur le Sud de la vallée, parfaite pour des logements agréables.
En me fondant sur lâexpĂ©rience du vignoble de Suresnes, on peux espĂ©rer faire vivre au moins un vigneron Ă temps plein ainsi que quelques saisonniers au moment des vendanges.
Ce projet tellurique propose donc une respiration du sol mettant en valeur, par lâextension du vignoble, le terroir de la vallĂ©e de la BiĂšvre.
Un chai en lien avec les autres vignes de la vallée trouve, dans les profondeurs du coteau, un climat propice à la vinification et à la conservation du vin. Un lieu de vente et de mise en valeur des produits agricoles de la BiÚvre ainsi que des logements hypogées sont situés sous trois terrasses plantées de vigne.
Pour opĂ©rer cette synthĂšse, une typologie de logement particuliĂšre est nĂ©cessaire. Les piĂšces de vie sâarticulent autour dâune sĂ©rie de patios et la vue sur le Sud de la vallĂ©e est rĂ©servĂ©e aux sĂ©jours. Des rĂ©servations de terre traversent ce logements, permettant Ă la fois, aux racines des vignes de sâalimenter en accĂ©dant au sol naturel et un drainage efficace des eaux.
De plus, la mise Ă jour de lâexutoire des eaux de la Vanne, traversant le terrain, rĂ©vĂšle toute cette infrastructure troglodytique autrement cachĂ©e. Un passage public en liaison avec une voie de circulation douce sur lâaqueduc, offrant une autre perspective sur la vallĂ©e.
Les CitĂ©s-Jardins de demain âŠ
La relecture dâHoward Ă lâheure du dĂ©veloppement durable, offre les clĂ©s pour une solution dâavenir face au phĂ©nomĂšne de rurbanisation. La CitĂ©-Jardins telle que lâa pensĂ©e Howard est un moyen de rĂ©tablir un rapport dâĂ©quitĂ© entre Paris et sa pĂ©riphĂ©rie mise au ban, en requestionnant la gĂ©ographie grĂące Ă ce lien naturel quâest la vallĂ©e. La BiĂšvre nâest pas seulement une riviĂšre qui a dĂ©terminĂ© la maniĂšre dont les hommes ont occupĂ© les rives du paysage quâelle avait façonnĂ©es, câest la condition dâun projet.
Le parti de ce projet est donc de concilier architecture et nature, habitat et production agricole dans un mĂȘme lieu. Dans une vision plus large, la citĂ©-jardins de la BiĂšvre est pensĂ©e comme un condensateur social. Car la pensĂ©e de Howard est dans lâair du temps. Et elle lâa toujours Ă©tĂ©. Portant lâaventure des citĂ©s-jardins en Europe au dĂ©but du XXĂšme siĂšcle, sous-jacente durant lâĂ©popĂ©e moderne, cette vision de la ville-campagne rĂ©pond Ă un besoin contemporain de se rapprocher de la nature.
Cette citĂ©-jardins de la BiĂšvre traduit au quotidien la volontĂ© dâune nouvelle sociĂ©tĂ©, plus juste et Ă lâĂ©coute des besoins de lâHomme, pour retrouver les habitudes ancestrales de la vie en communautĂ©, joyeuse et dĂ©bonnaire.
Projet Finaliste pour le Grand Prix dâArchitecture de lâAcadĂ©mie des Beaux Arts
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