1 - Dans la lignée de De Gaulle et Thatcher
Ce texte nâest pas une provocation, mais un diagnostic lucide sur lâĂ©tat dâun monde multipolaire â et plus encore sur lâĂ©tat de lâEurope.
On aimerait, en France comme dans lâUnion europĂ©enne, voir surgir un tel exercice de clartĂ© : une stratĂ©gie ramassĂ©e, articulant vision, ambition et politique en quelques dizaines de pages.
En refermant le document amĂ©ricain, on songe au gĂ©nĂ©ral de Gaulle et Ă Margaret Thatcher, peut-ĂȘtre les derniers dirigeants europĂ©ens Ă disposer dâune vĂ©ritable boussole. Quel horizon proposent aujourdâhui des figures aussi falotes que Macron, Starmer, Merz ou Mme von der Leyen ?
La doctrine américaine repose sur un principe simple : protéger les Américains et la civilisation américaine, ce qui implique de restaurer la puissance intérieure et de revoir des alliances extérieures.
Quatre axes structurent ce recentrage stratégique :
- La migration de masse nâest pas un problĂšme Ă gĂ©rer, mais un enjeu de sĂ©curitĂ© nationale et de survie civilisationnelle.
- La réaffirmation culturelle : Washington considÚre que la fragmentation identitaire, la subversion idéologique ou la déconstruction historique constituent des menaces comparables aux risques militaires.
- La dĂ©fense intransigeante de la libertĂ© dâexpression, conformĂ©ment au Premier Amendement.
- La reconquĂȘte industrielle, destinĂ©e Ă restaurer une puissance Ă©conomique affaiblie par trente ans de dĂ©localisations.
Ă chaque ligne, lâEurope apparaĂźt en creux. Le contraste frappe :
- lâUnion europĂ©enne est submergĂ©e par lâimmigration de masse, renonce Ă dĂ©fendre sa civilisation et sâabandonne Ă une islamisation rampante quâelle nâose ni nommer ni analyser.
- Elle a sacrifié son industrie au dogme du libre-échange,
- rĂ©primant par ailleurs la libertĂ© dâexpression au prix de condamnations judiciaires, dâamendes dissuasives, voire de fermetures de mĂ©dias.
On ne sâĂ©tonnera pas que les dirigeants europĂ©ens accueillent fraĂźchement la stratĂ©gie amĂ©ricaine : elle rĂ©vĂšle leurs renoncements.
La fin de lâOTAN pour cause de « grand remplacement » ?Â
La question de lâOTAN surgit alors naturellement. « Sur le long terme, il est plus que plausible que, dâici quelques dĂ©cennies au plus tard, certains membres de lâOTAN deviennent majoritairement non europĂ©ens. DĂšs lors, il est lĂ©gitime de se demander sâils verront encore leur place dans le monde â ou leur alliance avec les Ătats-Unis â de la mĂȘme maniĂšre que ceux qui ont signĂ© la charte de lâOTAN. »
Washington valide ainsi la rĂ©alitĂ© du grand remplacement qui, rappelons-le, nâest pas une thĂ©orie mais, selon lâauteur de cette formule, Renaud Camus, une description des Ă©volutions dĂ©mographiques.Â
 Autrement dit : la pĂ©rennitĂ© de lâOTAN dĂ©pend aussi de lâidentitĂ© culturelle de ses membres. Une idĂ©e que les Ă©lites europĂ©ennes refusent mĂȘme dâĂ©voquer.