La philosophie bouddhiste est une philosophie du non-attachement : “nous ne devons pas nous attacher à ce qui est impermanent. Nous pouvons être un jour en bonne santé et en mauvaise santé le lendemain ; riche un jour, pauvre le lendemain ; connu et vénéré un jour, maltraité et vilipendé le lendemain. Rien ni personne ne peut garantir la stabilité des honneurs ni des richesses.
Mais le non-attachement est une philosophie qui ne prône pas l’ascèse et qui n’implique pas un mépris des choses matérielles, mais simplement le refus de s’y attacher.(...)
L’essentiel est de rester vigilant, ne pas céder aux sirènes de l’attachement à tous ces objets qui sont à notre service mais dont la perte ne doit pas nous plonger dans l’affliction, ni toucher notre âme. Nous ne sommes pas leurs esclaves mais nous leur devons quand même le respect. Il n’est pas juste de laisser tomber en ruine sa maison, d’avoir un jardin et de ne pas le défricher. Le mépris pour les choses matérielles, tout à fait regrettable, est d’ailleurs souvent lié à un mépris du corps. (...) Comme je l’ai dit précédemment, aimer et entretenir son corps de manière juste participe de la vie spirituelle et contribue à son épanouissement. Aimer notre environnement, lui donner un peu de son temps pour l’améliorer, l’embellir se situe dans une démarche identique. En gardant, je le répète, la distance nécessaire pour ne pas devenir esclaves de notre corps, de nos passions, ou de notre habitat.”