La maison de la montagne Episode 25
Dire que c’est moi qui, Ă neuf ans, avais dĂ©busquĂ©, bien avant le carnet, une collection entière de « Harlequin » dans la chambre bleue !Â
J’avais mis la maison sens dessus dessous Ă la recherche du jeu de petits-chevaux avec lequel j’avais passĂ© des nuits, les Ă©tĂ©s prĂ©cĂ©dents, Ă jouer avec Katharina et Esther. J’étais tellement possĂ©dĂ© par ma soif de ce jeu que je bravai pour une fois l’interdit qu’il me fallait bien m’infliger Ă moi-mĂŞme (faisais-tu comme moi toi aussi, petit lecteur ? Mon enfance fut jalonnĂ©e, je crois, de ce semainier de sacrilèges, de sorcelleries et d’inquiĂ©tudes auxquels la maison de la montagne offrait une chambre d’écho inĂ©puisable).Â
Sous peine de damnation éternelle, je l’avais solennellement juré au dieu des nuits : je fuirais comme la peste chacune des pièces – laisse-moi te dire qu’elles étaient pléthore – où ma grand-mère avait semé ses maisons de poupée. Car, elles étaient, j’en avais fait maintes fois l’amère expérience, évidemment plus grandes à l’intérieur qu’à l’extérieur. Quand on tombait dedans, les petits êtres qui ressemblaient à des Playmobils ne vous laissaient plus partir.
« Tu n’auras qu’à l’ignorer, m’étais-je chuchoté dans l’ombre du couloir. Si tu fais comme si elles n’étaient pas là , les figurines maléfiques n’oseront pas te susurrer leurs comptines. »
















