coviDash log #100 - R (ecap) de 100 jours de catharsis đđ·
il est temps de rĂ©capituler lâĂ©tat du savoir sur ce virus, qui a pris le monde entier au dĂ©pourvu et lâa prĂ©cipitĂ© dans une crise sans prĂ©cĂ©dent. Comme dans une situation de crise, on est obligĂ© de rĂ©agir selon ses intuitions et non pas selon des donnĂ©es objectives et scientifiques, il yâa eu Ă©normĂ©ment de confusion et beaucoup dâinfos et de donnĂ©es se sont avĂ©rĂ©es inutiles, fausses ou dĂ©formĂ©es. il faut du temps pour que tout cela se dĂ©cante et quâon puisse sĂ©parer lâessentiel du superflu et lâimportant du futile et une grande partie du travail est encore en cours. Et aujourd'hui, 100Ă©me jour de ma catharsis, ce savoir validĂ© par la science se rĂ©sume essentiellement en 3 points:
Continue Reading
I. Controle R et tu controle le virus
Le 1er danger principal de ce virus vient de sa contagiositĂ©, ce fameux âRâ qui se confirme ĂȘtre aux alentours de 2,5-3 si on ne fait rien pour endiguer la propagation*. Cette valeur de R créé ces courbes exponentielles qui font de cette maladie, somme toute pas trop grave, une maladie grave.
Le 2Ăšme danger, qui est maintenant aussi clairement confirmĂ©, vient de sa propagation âaĂ©rienneâ, par gouttelette et par aĂ©rosol, et ce danger augmente surtout dans les espaces fermĂ©s, ou lâair reste contaminĂ© pendant des heures.
DĂšs le dĂ©but de la pandĂ©mie, ceux qui ont compris ce danger et qui maitrisaient un minimum de mathĂ©matique on eut la bonne rĂ©action : il faut absolument rĂ©duire le R Et comme Ă lâĂ©poque on ne savait pas encore comment faire, la seule action logique Ă©tait : il faut confiner, pour âaplatir la courbeâ et gagner du temps pour que la science nous donne des informations fiables sur ce virus.
Ceux qui ont compris ou qui savaient que le port du masque avait une influence importante sur le R, ont maitrisĂ© la situation plus vite que les autres. Voila pourquoi les pays asiatiques ont rapidement maitrisĂ© la situation alors que les occidentaux ont perdu un temps prĂ©cieux - Bref : il fallait distribuer trĂšs rapidement des masques Ă toute la population pour pouvoir deconfiner en minimisant les risques.Â
Entretemps il est confirmĂ© que les plus grands vecteurs de contagion sont les espaces fermĂ©s et mal aĂ©rĂ©s, ou le virus peut rester suspendu dans lâair pendant des heures. Et si le port de masque nâest pas obligatoire dans un espace fermĂ© et mal aĂ©rĂ©, et bien cela devient un vrai incubateur de maladie. Voila pourquoi des techniques innovantes de dĂ©contamination de lâair sont trĂšs importantes.
II. Pour savoir si tu contrĂŽle le R il faut tester, tester, tester.
Comme le danger principal de ce virus vient de sa propagation, il faut le traquer pour pouvoir suivre cette propagation. En se basant sur les tests, on peut savoir si celui-ci est sous contrĂŽle ou si il risque de submerger notre systĂšme medical et faire beaucoup plus de morts quâil nâen ferait si sa propagation reste sous contrĂŽle. Car comme on ne peut pas lâĂ©radiquer sans vaccin, il faut lâempĂȘcher de se propager selon son R ânaturelâ.
Une information importante sur le contrĂŽle dĂ©finitif de ce R manque encore Ă la science : le contrĂŽle Ă travers la fameuse âimmunitĂ© collectiveâ - On ne sait pas encore combien de temps une personne qui a Ă©tĂ© infectĂ©e reste immunisĂ©e contre ce virus. Câest pour le moment un hypothese qui est probable, mais qui nâest pas confirmĂ©e. Et si il yâa bien quelque chose que cette crise nous a enseignĂ©e : il faut une approche scientifique pour savoir maitriser une pandemie! Sinon on se goure et quand on se goure avec une maladie, on met des gens en danger.
Ce virus joue Ă cache-cache avec nous, il prend son temps pour dĂ©clencher des symptĂŽmes, avec une marge dâincubation assez large et il peut mĂȘme passer inaperçu avec des personnes asymptomatique, qui ne prĂ©sentent que peu ou pas de symptĂŽmes tout en Ă©tant contagieuses. Et on ne sait pas encore vraiment si ses multiples mutations ne risquent pas de le rendre encore plus virulent.Â
Pour maitriser cette maladie, il faut donc absolument faire du âtest, trace & isolateâ pour identifier trĂšs rapidement des nouveaux cas, car un seul cas peut rapidement relancer la maladie avec une courbe exponentielle, avec toutes ses consĂ©quences. Et il faut faire cela jusquâa ce quâon ait 1) une validation de lâimmunisation et 2) environ 60% de la population qui soit immunisĂ©e. Cela va prendre du temps et cela tombe Ă lâeau, si lâimmunisation dure moins que 12 mois (ce qui est aussi une hypothĂšse probable).
La bonne stratĂ©gie de testing, qui combine les tests qui dĂ©tectent le virus avec les tests qui dĂ©tectent les anticorps est essentielle pour 1) avoir une dĂ©tection prĂ©coce de nouveaux cas et 2) contrĂŽler lâĂ©volution de lâimmunisation. Entretemps, le prix du testing qui tombe trĂšs rapidement grĂące Ă lâĂ©conomie dâĂ©chelle permet de tester frĂ©quemment et systĂ©matiquement et il devrait mĂȘme devenir obligatoire pour lancer des activitĂ©s sociales ou economiques Ă haut risque de propagation.Â
III. Ce qui nâa que peu dâeffet sur le R
La tempĂ©rature nâa quâun effet minimal, qui ne change pas fondamentalement sa contagiositĂ©
LâimmunitĂ© collective actuelle, qui est selon les Ă©tudes serait 5 et 10% dans certains pays (mais on en est pas sur). Selon les Ă©pidemiologues, il faudrait quâau moins 60% de la population soit immunisĂ©e pour freiner suffisamment la maladie. Voila pourquoi tant de spĂ©cialistes redoutent une 2Ăšme vague, car il yâa encore Ă©normĂ©ment de proies pour ce virus.
LâhygiĂšne a outrance ne rĂ©duit pas vraiment la propagation, car la transmission par contact est minime par rapport Ă la transmission aĂ©rienne. Mais comme un regain dâhygiĂšne ne fait pas de mal, surtout dans un pays comme la Tunisie, c'est beaucoup politique que scientifique de faire de lâhygiĂšne excessive. Et pour les entreprises, il faut Ă©valuer objectivement le rapport qualitĂ©/prix pour faire cela correctement, surtout en pĂ©riode de crise.
Maintenant, il yâa encore beaucoup de choses qui restent Ă clarifier sur cette maladie du Covid-19, comme par exemple le vaccin et le traitement**, que je ne vais pas discuter dans cet article tout simplement car ce sont plus des sujets Ă spĂ©culation quâautre chose.
___
* pour ma part, jâai prĂ©fĂ©rĂ© observer un coefficient empirique : le CPQ5 et calculer Ă partir de celui-ci un Cx2 : c.a.d le nombre de jour quâil faut pour le nombre (de cas, de guĂ©rison ou de dĂ©cĂšs) soit multipliĂ© par 2
** les batailles scientifiques autour de lâhydroxychloroquine et le Remdesevir continuent Ă faire rage, donc âla seule chose quâon sait, câest quâon ne sait pasâ