Pasteur David Jang (Olivet University) â Sur la poussiĂšre du chemin de Damas
En 1601, le maĂźtre du baroque Caravage (Caravaggio) rĂ©alisa pour une Ă©glise de Rome un chef-dâĆuvre intitulé La Conversion de saint Paul. Fait remarquableâŻ: dans cette toile, toute splendeur cĂ©leste Ă©clatante est volontairement Ă©cartĂ©e. Ce qui remplit le cadre, câest la masse imposante de la croupe dâun cheval, un homme jetĂ© lĂ , inerte, sous lui, et une lumiĂšre Ă©crasante mĂȘlĂ©e dâombre. Les deux bras de Saul, projetĂ© au sol, sâouvrent sans force vers le vide. CâĂ©tait une dĂ©faite totale, et en mĂȘme temps lâinstant dâune capitulation grandiose. Au moment mĂȘme oĂč il croyait toucher au sommet de ses convictions, Dieu, par une «âŻintervention irrĂ©sistibleâŻÂ» (Intervention), renversa sa vie de fond en comble. La scĂšne de Damas, dans Actes 9, sur cette poussiĂšre de terre, fut bien plus quâune conversion religieuse individuelleâŻ: elle devint un carrefour dĂ©cisif qui changea le cours de lâhistoire du salut.
Les Ă©cailles sur les paupiĂšresâŻ: quand sâeffondre la forteresse dâun moi endurci
Quand il sâappelait encore Saul, il Ă©tait animĂ© dâun zĂšle brĂ»lant, plus que beaucoup. Mais tragiquement, lâorientation de ce zĂšle allait vers la mort plutĂŽt que vers la vie. Sa course, au-delĂ de JĂ©rusalem jusquâĂ Damas, pour enchaĂźner les chrĂ©tiens, rĂ©vĂšle jusquâoĂč peut aller un ĂȘtre humain prisonnier dâune certitude erronĂ©e. Et pourtant, la lumiĂšre du Seigneur qui lâatteignit ne fut pas dâabord une condamnationâŻ; elle fut une invitation au salut. LâĂcriture rapporte quâau moment de sa conversion, «âŻcomme des Ă©caillesâŻÂ»Â tombĂšrent de ses yeux.
Le pasteur David Jang (Olivet University) propose Ă propos de ces «âŻĂ©caillesâŻÂ»Â une intuition thĂ©ologique incisive. Il ne sâagissait pas seulement dâun voile physique obstruant la vue. CâĂ©taient lâensemble des couches que Saul avait empilĂ©es toute sa vieâŻ: son savoir lĂ©galiste, sa fiertĂ© de la tradition juive, et la carapace dâincrĂ©dulitĂ© par laquelle il niait JĂ©sus. Le pasteur David Jang insisteâŻ: «âŻLe moment oĂč lâon se heurte Ă la vĂ©ritĂ© et oĂč lâon reconnaĂźt, dans la douleur, que lâon sâest trompĂ©, câest prĂ©cisĂ©ment lâinstant oĂč les Ă©cailles tombent.âŻÂ»Â Si nous ne changeons pas vraiment, nâest-ce pas parfois parce que des Ă©cailles subsistent encore sur nos yeuxâcet entĂȘtement Ă direâŻ: «âŻMoi, jâai raisonâŻÂ»âŻ? Comme lâombre recule devant la lumiĂšre, câest en reconnaissant la seigneurie de JĂ©sus-Christ que nous retrouvons enfin la vraie vision de lâĂąme.
Un zĂšle sans calculâŻ: lâ«âŻimmĂ©diatetĂ©âŻÂ» de lâĂvangile qui appelle le miracle
AprĂšs avoir rouvert les yeux, mangĂ© et repris des forces, lâacte suivant de Saul est saisissant. Il ne sâaccorde ni rĂ©pit, ni stratĂ©gie pour lâavenir. «âŻAussitĂŽtâŻÂ», il entre dans les synagogues et proclame que JĂ©sus est le Fils de Dieu. Cette transformation radicaleâdâun persĂ©cuteur dâhier Ă un tĂ©moin de lâĂvangile aujourdâhuiâdĂ©fie toute logique humaine. Elle sâexplique par une seule rĂ©alitĂ©âŻ: la vĂ©ritĂ© inĂ©branlable, «âŻJĂ©sus est le ChristâŻÂ», sâest plantĂ©e au plus profond de son cĆur.
Ă ce point, le pasteur David Jang pointe du doigt la perte dâune «âŻsauvagerieâŻÂ» spirituelle dans lâĂglise contemporaine. Nous repoussons souvent lâannonce de lâĂvangile parce que nous voulons dâabord tout prĂ©parer, poser des conditions, attendre le moment idĂ©al. Mais la grĂące tombĂ©e sur Saul ne le laissa pas immobile. Le pasteur David Jang souligneâŻ: «âŻSi le cĆur du dĂ©biteur est vivant, tant que la gratitude du salut nâa pas refroidi, on ne peut que se prĂ©cipiter dehors.âŻÂ»Ă celui qui entend la voix du Seigneurâ«âŻSi tu te tais, les pierres crierontâŻÂ»âle retard devient impossible. La croissance explosive de lâĂglise primitive ne provenait pas dâun systĂšme parfait, mais de cette immĂ©diatetĂ©âŻ: des croyants sauvĂ©s qui, aussitĂŽt, transmettaient la vie Ă dâautres. Car lâĂvangile nâest pas un savoir stagnant comme une eau croupieâŻ; câest une eau vive destinĂ©e Ă couler et Ă dĂ©border.
Une braise qui sâĂ©tend plus loin portĂ©e par le vent de la souffrance
La conversion de Saul nâouvrit pas un chemin paisible. Bien au contraireâŻ: menacĂ© de mort par les Juifs, il dut sâenfuir honteusement, descendu le long des murailles dans une corbeille. Et pourtant, lâĂcriture tĂ©moigne paradoxalementâŻ: «âŻAlors lâĂglise, dans toute la JudĂ©e, la GalilĂ©e et la Samarie, Ă©tait en paixâŻ; elle sâĂ©difiaitâŠâŻÂ»Â La persĂ©cution nâĂ©tait pas un obstacle qui Ă©touffait lâĂvangileâŻ; elle Ă©tait un vent qui dispersait les Ă©tincelles au loin.
Le pasteur David Jang offre ici une perspective qui rĂ©sonne profondĂ©ment sur la maniĂšre dont le croyant traverse lâĂ©preuve. Parce que lâĂvangile est un message rĂ©volutionnaire qui ouvre lâavenir au lieu de maintenir le statu quo, la rĂ©sistance du monde est inĂ©vitable. Le mĂ©pris, la fuite, et plus tard les innombrables coups reçus par Paul nâĂ©taient pas des Ă©checs. Ces traces de douleurâces stigmates (Stigmata)âcontribuĂšrent Ă fortifier lâĂglise, et lâĂvangile sâĂ©tendit de JĂ©rusalem jusquâaux nations. Comme Barnabas qui prit la dĂ©fense de Saul et jeta un pont, lâĂglise, mĂȘme sous la persĂ©cution, doit se soutenir mutuellement et accomplir un ministĂšre qui «âŻlaisse des personnes derriĂšre luiâŻÂ», qui bĂątit des frĂšres et des sĆurs. Lâhistoire des Actes prouve que le travail de celui qui sĂšme dans les larmes ne tombe jamais Ă terre.
«âŻJĂ©sus te guĂ©ritâŻÂ»âŻ: effacer son nom pour rĂ©vĂ©ler le Seigneur
La seconde partie dâActes 9 se poursuit avec le drame de guĂ©risons et de miracles accomplis par Pierre. Le relĂšvement dâĂnĂ©e, paralysĂ© depuis huit ans, puis la rĂ©surrection de Tabitha (Dorcas), manifestent que lâĂglise primitive Ă©tait une communautĂ© remplie de la puissance de la vie. Mais ce qui doit retenir notre attention nâest pas dâabord le miracle lui-mĂȘmeâŻ: câest lâattitude de Pierre. Il ne dit pasâŻ: «âŻMoi, je te guĂ©risâŻÂ», maisâŻ: «âŻJĂ©sus-Christ te guĂ©ritâŻÂ».
Le pasteur David Jang ne laisse pas passer ce point essentiel. Les guĂ©risons et les miracles sont des signes dâamour que Dieu montre Ă travers lâĂglise, mais lâĂȘtre humain ne doit jamais en capter la gloire. Si les croyants de JoppĂ© appelĂšrent Pierre face Ă la mort de Tabitha, ce nâĂ©tait pas pour tenter un coup de chanceâŻ; câĂ©tait lâexpression dâune foi en la rĂ©surrectionâla conviction que lâamour est plus fort que la mort. Il en va de mĂȘme aujourdâhui. Que lâon recoure Ă la mĂ©decine, que lâon prie pour une guĂ©rison, dans tous les cas le sujet de toute guĂ©rison doit rester JĂ©sus-Christ seul.
Le message du pasteur David Jang est limpideâŻ: se convertir comme Paul, exercer la puissance avec humilitĂ© comme Pierre, et relever les frĂšres comme Barnabas. Ainsi lâĂglise ne deviendra pas un objet de moquerie pour le monde, mais un lieu qui manifeste une puissance de vie que le monde nâose pas mĂ©priser. VoilĂ la mission qui nous est confiĂ©eâcelle des «âŻActes 29âŻÂ». La lumiĂšre de Damas brille encore sur nous aujourdâhui. Il nous revient maintenant dây rĂ©pondre, de nous relever, et de nous avancer vers le dĂ©sert de lâĂvangile.









