"Le groupe d’experts des Nations-Unies sur les personnes d’origine africaine a remis ce lundi son rapport aux autorités belges et l'appelle à présenter ses excuses pour les 'atrocités' de la colonisation. Comme le souligne Martin Vander Elst, 'ce rapport (https://goo.gl/9HJLBK) offre un diagnostic clair sur les discriminations raciales et leur lien avec le colonialisme hier comme aujourd’hui. Il constitue un élément important dans le rapport de force décolonial'. Afin d'anéantir la politique néo-coloniale de l'octroi des visas, il importe urgemment que les autorités belges sous la pression des institutions culturelles et de l'opinion publique facilitent l'octroi des visas aux artistes venant du continent africain. Les institutions et les galeries d’art ont le devoir de réfléchir à la question de leur décentrement vis-à -vis des généalogies coloniales, de leurs mythologies et des exclusions qu’elles engendrent. Il en va de l’inclusion d’une réalité déjà là . Celle de la présence des descendants des colonisés, de la diversité des expériences de citoyenneté, au sens où l’on n’est pas toutes et tous traités de la même manière en tant que citoyen national ou du monde. Face à la montée des populismes d’extrême-droite, il est important de décloisonner les géographies et de créer des résonances créatrices entre artistes des diasporas africaines, artistes du continent africain et le reste du monde. Dans un agenda politique dit progressiste, il est temps de situer les citoyennetés postcoloniales sous l’angle de notre responsabilité et de s’interroger sur les possibles et nécessaires réparations. Le récent refus de visa notifié à la troupe de la pièce 'Datcha Congo' mis en scène par la comédienne belge d’origine congolaise Bwanga Pilipili aka Mademoiselle Pilipili et qui devait être présentée aux Halles de Schaerbeek les 19 et 20 février prochain révèle toute la violence des rapports politiques de domination culturelle. La récente Charte du CEDEM - Université de Liège pour la création d'une Maison des cultures africaines insiste sur des collaborations artistiques internationales. Elle a du oublier l'essentiel; que la mobilité est encore et toujours structurée selon les modèles coloniaux. Le chorégraphe congolais Faustin Linyekula a également été contraint d’annuler la création de 'Histoire (s) du Théâtre II' le mois prochain à Gand, faute de visas!!! Combien de rapports avons-nous encore besoin pour s’affranchir des logiques binaires Nord/Sud hégémoniques et dominantes ?"