Capellebrouck ou lâĂ©glise du marais
Cappellebrouck dont le nom signifie Ă©glise du marais Ă©tait immergĂ©e jusquâau XII° siĂšcle. Le comte de Flandre, Philippe dâAlsace, fit assĂ©cher ces terres et lors de son retour dâun pĂšlerinage Ă Saint Jacques de Compostelle, il fit Ă©riger une Ă©glise en pierre blanche de Saint-Omer, dĂ©diĂ©e Ă Saint Jacques le Majeur renfermant une relique de lâapĂŽtre.
 Parmi mes ancĂȘtres, un seul couple a vĂ©cu Ă Cappellebrouck et encore, pas bien longtemps. Antoine François HOTRICQ et sa deuxiĂšme Ă©pouse Marie Jenne PIERS ont dĂ» sâinstaller Ă Cappellebrouck entre les annĂ©es 1745 et 1750, Ă la faveur de terres Ă louer dans cette paroisse. Ce sont les quadrisaĂŻeux de mon grand-pĂšre maternel, Paul DEHAENE.
 acte de mariage dâAntoine François HOTRICQ et de Marie Jenne PIERS le 4 aoĂ»t 1740 Ă Ruminghem source: AD 59
De Nédonchel à Saint-Pierrebrouck
 Antoine François HOTRICQ, laboureur de son Ă©tat, avait dĂ©jĂ bien roulĂ© sa bosse. Il a vu le jour le 19 janvier 1692 Ă NĂ©donchel, dans le Pas de Calais, Ă environ cinquante kilomĂštres au sud de Cappellebrouck. Puis, il est arrivĂ© Ă Saint-Pierrebrouck, paroisse jouxtant Cappellebrouck, alors quâil Ă©tait encore jeune-homme. Il y a Ă©pousĂ©, le 20 novembre 1721, Elisabeth PAUWELS qui mourra Ă lâĂąge de trente-cinq ans, le 3 aoĂ»t 1734, aprĂšs avoir mis au monde au moins quatre enfants.
 Six ans plus tard, le 4 août 1740, Antoine François HOTRICQ épousera en secondes noces une jeune-fille de Ruminghem, une paroisse voisine située dans le Pas de Calais. Elle avait vingt-sept ans et lui quarante-huit ans. Ils ont eu trois filles nées à Saint-Pierrebrouck. La derniÚre, Isabelle ThérÚse HOTRICQ y est née le 1° décembre 1745
 A Cappellebrouck
 Une quatriÚme fille, Marie Françoise HOTRICQ, a vu le jour à Cappellebrouck le 22 mars 1750. Elle a été baptisée le jour de sa naissance et son demi-frÚre Guillaume HOTRICQ, ùgé de vingt et un ans était son parrain. Cette malheureuse enfant ne vivra pas bien longtemps. A peine, trois mois plus tard, le 15 juin 1750, elle décédait et était inhumée dans le cimetiÚre de la paroisse par le curé Cornil BAILLIART. Son pÚre et son grand frÚre Antoine ont signé son acte de sépulture.
lâĂ©glise de Cappellebrouck entourĂ©e du cimetiĂšre
En 1750, Antoine François HOTRICQ venait dâavoir cinquante-huit ans. Il avait encore au moins sept enfants Ă charge, ĂągĂ©s de vingt-huit ans Ă cinq ans.
Lâacte de naissance de la petite Marie Françoise ne prĂ©cise pas la profession de son pĂšre.
 Que sâest-il passĂ© en 1755 ?
 Le 11 avril 1755, Antoine François HOTRICQ a Ă©tĂ© inhumĂ© dans le cimetiĂšre de Cappellebrouck par MaĂźtre Cornil Etienne BAILLIART, curĂ© de la paroisse. Son frĂšre, Jacques Philippe HOTRICQ, domestique Ă lâabbaye de Saint Bertin Ă Saint-Omer et Antoine HOTRICQ, son fils du premier mariage signeront le registre de sĂ©pulture. On apprendra, sur son acte de dĂ©cĂšs, quâAntoine François HOTRICQ Ă©tait fermier locataire.
 Le 13 juillet de la mĂȘme annĂ©e, soit exactement trois mois plus tard, le curĂ© BAILLIART procĂ©dera Ă lâinhumation de Marie Jenne PIERS dans le cimetiĂšre de la paroisse. Elle nâavait que quarante-deux ans. Son frĂšre aĂźnĂ©, Jean Louis PIERS, laboureur Ă Ruminghem, alors ĂągĂ© de cinquante-six ans, a signĂ© son acte de sĂ©pulture. Il avait un jeune fils de douze ans, Philippe PIERS, qui deviendra plus tard ecclĂ©siastique, confesseur en langues Ă©trangĂšres de la ville de Paris et auteur de « l'Histoire du schisme de la nation française » en 1791 et de « Discours politique et historique sur la mort de Marie Antoinette, reine de France » en 1797.
 Puis, un autre fils du premier mariage dâAntoine François HOTRICQ, devait dĂ©cĂ©der le 21 juillet 1755, soit huit jours aprĂšs sa belle-mĂšre. Guillaume HOTRICQ avait seulement vingt-six ans.
 Jâai voulu savoir pourquoi trois membres dâune mĂȘme famille sont dĂ©cĂ©dĂ©s dans un laps de temps dâun peu plus de trois mois. Il nây avait pourtant pas dâĂ©pidĂ©mie dĂ©clarĂ©e Ă cette Ă©poque. Et les registres de sĂ©pulture ne laissent pas apparaĂźtre un nombre de dĂ©cĂšs considĂ©rable. Sur lâannĂ©e 1755, on recense vingt dĂ©cĂšs Ă Cappellebrouck : sept enfants de moins de deux ans, huit personnes ĂągĂ©es de vingt Ă quarante-et-un ans et six personnes ĂągĂ©s de cinquante-cinq Ă soixante-dix ans.
 Jâai Ă©galement remarquĂ© quâen 1754, deux frĂšres vivant sous le mĂȘme toit, Ă©taient dĂ©cĂ©dĂ©s Ă un jour dâintervalle : Hubert DEBROUCKER, seize ans est dĂ©cĂ©dĂ© le 25 mai et son frĂšre Jean Baptiste, vingt ans, le lendemain.
cadastre de Cappellebrouck source: AD 59
Les foyers infectieux seraient donc toujours localisĂ©s. Comme Ă Cappellebrouck, nous sommes dans une rĂ©gion de marais, il nâest quâĂ voir le nombre de watergangs qui quadrillent le village en long et en large, le vecteur de ces dĂ©cĂšs ne serait-il pas un moustique Ă lâorigine de la fiĂšvre des marais, maladie plus connue sous le nom de malaria ou de paludisme ?
 A propos de mon ancĂȘtre Marie Anne Françoise HOTRICQ
 Mon ancĂȘtre Marie Anne Françoise HOTRICQ nâavait pas encore atteint lâĂąge de quatorze ans lorsque ses deux parents ainsi que lâun de ses demi-frĂšres sont dĂ©cĂ©dĂ©s. Elle a assistĂ©, toute vĂȘtue de noir, aux obsĂšques de ces trois ĂȘtres chers, dans lâĂ©glise Saint Jacques le Majeur. Bien souvent, elle devait lever les yeux vers le ciel pour regarder, tout lĂ -haut, au-dessus des vitraux, les statues des apĂŽtres et en particulier, celle de Saint Pierre. A chacune des cĂ©rĂ©monies de sĂ©pulture, elle devait lâimplorer pour quâil laisse entrer son parent au ciel comme elle lâavait appris au catĂ©chisme.
 les statues des apĂŽtres de lâĂ©glise de Cappellebrouck, source Monumentum: https://monumentum.fr/eglise-saint-jacques-le-majeur-pa00107417.html
 Lâorthographe du nom HOTRICQ
 Dans toutes mes recherches dâactes, jâai vu le nom dâHOTRICQ Ă©crit dâau moins une dizaine de façons : HOTRYCK, HOTRYCQ, OTRYCK, OUTTERYCK, OUTRICK, AUTRIQUE, HAUTERICK, HOTTRICQ.
Ce nom viendrait de Aldericus, nom germanique trouvant sa signification dans ald (vieux) et ric (puissant).
  Les enfants HOTRICQ ont probablement quittĂ© Cappellebrouck aprĂšs le mariage de deux enfants du premier lit, soit en 1756. AprĂšs une pĂ©riode de deuil dâun peu plus de six mois, Marie ThĂ©rĂšse HOTRICQ a Ă©pousĂ© Gilles SCHAPMAN, le 5 fĂ©vrier 1756, et le couple est allĂ© vivre Ă Wulverdinghe. Quant au frĂšre aĂźnĂ©, Antoine HOTRICQ, il a pris pour Ă©pouse, le 26 juin 1756 Ă Brouckerque, Marie Louise VANDERHIELE, une jeune orpheline, nĂ©e Ă Leffrinckoucke mais probablement Ă©levĂ©e par son oncle Jacques Winoc FRANCKE et son Ă©pouse Marie Jeanne MAHIEUW qui demeuraient Ă Brouckerque. AprĂšs son mariage, le couple sâest installĂ© Ă Brouckerque avec les plus jeunes enfants du second lit. Et câest ainsi que mon ancĂȘtre Marie Anne Françoise HOTRICQ a Ă©pousĂ©, quelques annĂ©es plus tard, en 1765, Jean Baptiste FRANCKE, fils de Jacques Winoc et cousin germain de sa belle sĆur Marie Louise.
  sources: Petites histoires du canton dâAudruicq par Henri PIERS: https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5817525x/f32.item.r=piers












